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Paul Rocher / Gazer, mutiler, soumettre / Rencontre

Jeudi 26 mars à 19h

Nuages lacrymogènes, grenades de désencerclement, LBD 40… Des ZADs aux campus, des quartiers populaires aux cortèges syndicaux, manifester en France expose aujourd’hui à la violence des armes non létales. Les forces de l’ordre dégainent à la moindre occasion et la liste des blessés et mutilés s’allonge de mois en mois. Que signale cette escalade ?

Face à ce qu’il perçoit comme une crise du maintien de l’ordre, l’État attise la brutalité de sa police en la dotant d’un arsenal militaire toujours plus puissant et fourni – au grand bonheur des marchands d’armes. Démontant la rhétorique humanitaire de ses défenseurs, Paul Rocher montre que le recours massif aux armes non létales est la marque d’un étatisme autoritaire de plus en plus intolérant à toute contestation dans une période de recul social majeur. Conçues comme des armes « défensives », elles forment dans la pratique l’artillerie de l’offensive néolibérale en cours, rappelant, à quiconque entreprend d’y résister, la nécessité de l’autodéfense populaire.

Paul Rocher est économiste et diplômé en science politique de Sciences-Po Paris.

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Pierre Terzian / Ça fait longtemps qu’on s’est jamais connu / Rencontre

Mercredi 25 mars à 19h30

Ça fait longtemps qu’on s’est jamais connu est un récit hybride, qui mêle galerie de portraits, impressions, pensées, phrases d’enfants attrapées au vol, dérèglements, petites beautés des jours, qui dépeignent ensemble un milieu, traditionnellement ignoré de la littérature, celui des garderies, à Montréal, tout en offrant un aperçu assez inédit de la société québécoise. Une compilation, poétique et mordante, de deux cents journées de travail en une.C’est aussi un carnet de voyage, cousin lointain des Voyages au Canada de Samuel de Champlain, qui décrit en filigrane le Québec des années Couillard, un Québec frappé de plein fouet par l’austérité, qui « ferme sa yeule et s’organise ». Mais aussi un Québec carrefour pacifique de toutes les cultures, où les langues se mêlent dans un joyeux désordre identitaire. Et c’est à travers cette inventivité, ce plaisir du langage que Pierre Terzian témoigne de la complexité de la modernité québécoise, et qu’il joue avec les stéréotypes culturels, de part et d’autre, en inventant, ou restituant, à son tour, une langue, où coexistent l’oral et l’écrit, les mots de l’enfant et les pensées de l’adulte, et où se croisent en toute complicité, comme sur le sol montréalais, le français, le québécois et l’anglais. C’est aussi le témoignage hilarant d’un infiltré parmi des êtres fragiles, bouillonnants. Une déclaration d’amour aux petites gens, résistants magnifiques, excentriques et exaltants.