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Charlène Dinhut / Plak / Editions Quartett / Rencontre

Mercredi 21 janvier à 19h30, rencontre avec Charlène Dinhut animée par Jeanne Bacharach.

« Plak » de Charlène Dinhut plonge dans un univers souterrain envoûtant où un peuple de femmes vit dans les égouts, sous la surface du monde. Dans cette obscurité habitée de sons, de rires et de mystères, Lampe, Caille et Stine — trois figures parmi d’autres — évoluent entre chasse aux cerfs égarés, apprentissage de l’écriture et désirs enfouis. Ce récit aux accents d’épopée fragmentée explore les frontières entre haut et bas, entre oppression et liberté, dans une langue phonographique et sensorielle qui fait de chaque mot une décision, chaque geste une révolution.

Charlène Dinhut signe un mythe contemporain où les corps grotesques, mutants et jouissants d’un peuple invisible tissent le texte même du monde.

EXTRAIT

Elles s’ennuient et elles lisent beaucoup, elles lisent tout ce qui leur vient. Elles parlent peu, sauf lors des battues des gros animaux égarés dans les souterrains, les cerfs et sangliers. Le son à la gorge leur est venu de la nécessité de se repérer les unes et les autres dans les tunnels emmêlés, les cavernes de béton, dans les puits aux échelles en fer, pour échanger au sujet du lieu vers lequel court l’animal traqué, au sujet de la voie qu’il  prend, de là où il croit s’échapper. La bête fait du bruit, halète dans l’humidité, fait claquer ses sabots au sol. Tous ces bruits résonnent hardiment dans les réseaux souterrains, les sons viennent de toutes parts aux oreilles des chasseresses. Plak. Plak. Plak-plak. Ces bruits aux milles répercussions sur les murs n’indiquent rien de la géographie en cours. Alors il a fallu qu’elles, elles sachent crier, mais sans écho.
Charlène Dinhut

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