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Olivier Marboeuf/Mille sortes de bleu/Éditions Atlantiques déchaînés/Rencontre

Vendredi 04 décembre à 19h30

« Mille sortes de bleu » rassemble deux longs poèmes traversés par la mémoire traumatique d’une famille dispersée. Des histoires de femmes folles qui savent tout et n’oublient rien. Des histoires de femmes perdues à la surface de rêves liquides. La mère, la tante, la sœur, l’ancêtre et la mauvaise fille hantent cette Caraïbe submergée. Le monde est bleu, la tête en bas. Les morts font carnaval dans les bourgs et les gangsters flottent dans l’eau grise d’une mangrove sous l’œil brillant des grands gosiers. Non sans humour, Olivier Marboeuf fait de nouveau son cinéma dans notre tête avec cet art de la pawòl maké dont il a le secret. Sa langue poétique, aiguisée comme une machette, fabrique un refuge, un monument vivant à toutes celles qui refusent de disparaître. De ce livre de parole, l’auteur fait aussi l’espace d’une nouvelle fresque dessinée, écho des cartographies bleu outremer qui l’ont rendu célèbre. Partition pour un monde englouti, archive entrelacée des vivants et des morts, « Mille sortes de bleu » invente un langage hybride pour témoigner des résistances à l’oubli d’un peuple né au milieu de l’océan.

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Virginie Poitrasson / Le livre des débords / Éditions de L’Attente / Rencontre

Mercredi 2 décembre à 19h30 animée par Jeanne Bacharach.

Ce livre puissant inscrit la rencontre amoureuse dans le lit des rivières, au creux des prairies, dans le flux des marées et l’étendue du ciel. Il approche au plus près ce quelque chose d’autre qui vient à nous, déplie à l’infini ce mouvement venu d’ailleurs qui nous meut intrinsèquement. Dans un paysage de trop-pleins et d’affolements, une langue atmosphérique s’invente et révèle le vertige mouvant et imprévisible des affects. Des pages lumineuses et féministes, où le désir des corps se dit sans honte, dans une forme d’allégresse.
Par son écriture singulière où le dehors et les corps dialoguent sans relâche, l’autrice s’inscrit contre l’époque, en faisant un éloge du vivant qui ne peut que toucher le lectorat d’aujourd’hui. La voix féminine et poétique du « nature writing ».
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Bertrand Belin et Maryline Heck / Chicanes et lignes droites / Editions La Baconnière / Rencontre

Samedi 28 novembre 19h30, rencontre avec Bertrand Belin et Maryline Heck

Bertrand Belin est un artiste aux talents multiples, chanteur, auteur-compositeur, écrivain, parfois aussi comédien pour le théâtre et le cinéma, et dessinateur à ses heures perdues. Depuis son premier album paru en 2005 et son premier roman, Requin, en 2015, son oeuvre s’est constamment renouvelée. Il s’est aujourd’hui imposé comme l’une des grandes voix de la scène musicale française, et comme un écrivain singulier.

Ce livre, le premier consacré à son œuvre, fait la part belle à la voix de l’artiste: dans un entretien au long cours, Bertrand Belin retrace son parcours et la manière dont il s’est noué avec sa vie; il évoque la fabrique de ses chansons et celle de ses récits, ses admirations littéraires et sa manière d’habiter le monde. Ce volume dévoile aussi des textes et des dessins inédits de l’auteur. Enfin, il recueille des textes d’artistes, d’écrivains et de chercheurs, qui proposent autant de voies d’approche originales de son œuvre. C’est un HyperBelin qu’on compose ici, à l’image de son univers foisonnant.

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Sonia Chiambretto / À nos enfants glorieux / Éditions de l’Arche / Discussion et lectures

Mardi 24 novembre 19h30

À l’écoute de la jeunesse des campagnes, À nos enfants glorieux entremêle récits et témoignages, et les voix d’une adolescence tout à la fois libre et enfermée dans les représentations qu’on lui assigne. Mais de cette jeunesse rurale, que sait-on réellement ? s’interroge Sonia Chiambretto. Ancrée dans un travail de terrain, sa démarche documentaire déploie des espaces de fictions, organise des battles poétiques, fait s’élever le chant des oiseaux, déplie des solitudes sur TikTok ou Snapchat, comme des langues laboratoires d’imaginaires sociaux puissants. Avec vitalité et humour, son regard vient habiter leur monde, pour espérer d’autres futurs possibles.

Sonia Chiambretto est l’autrice d’une œuvre poétique qui décloisonne les genres littéraires. Façonnant une langue brute et musicale, elle dit écrire des « langues françaises étrangères ». Chargés d’une puissante oralité, ses textes sont montés par des chorégraphes et metteurs en scène, et également performés par l’autrice dans des centres d’art, théâtres et lieux alternatifs.

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Cindy Coutant / Pénétration terminale / Audimat édition / Rencontre

Vendredi 20 novembre à 19h30, rencontre avec Cindy Countant

Qu’est-ce qui fait bander la technologie? La question n’est pas métaphorique. Des bombes atomiques aux discours des fascistes de la tech, une grammaire hardcore se répand, ordonnée par une même ambition : la pénétration terminale. En balistique, l’expression désigne la puissance de destruction d’un projectile au moment de l’impact. Pour Cindy Coutant, c’est aussi le principe sexuel qui traverse l’impérialisme technologique et son « fantasme de redémarrage civilisationnel obsédé par la régénération du corps blanc masculin, hyperfonctionnel, capable de cracher des enfants de souche comme des missiles furtifs, comme des lois régressives, comme des algorithmes prédateurs, comme des éclats de rire gras ». Dans un style tranchant, l’artiste et théoricienne expose le script sexuel de la domination high tech. Au cœur de cette dramaturgie, la civilisation avancée force la pénétration technologique jusqu’à sa destinée finale et nomme progrès l’annihilation de tout ce qui lui résiste.

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Denia Chebli / Une révolution trahie ? La fabrique des mouvements armés au Mali / éditions du CNRS / Rencontre

Le jeudi 19 novembre à 19h30

Denia Chebli sera l’invitée de la librairie le jeudi 19 novembre à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage : Une révolution trahie ? La fabrique des mouvements armés au Mali, dans la collection Logiques du désordre aux éditions du CNRS.

Les directeurs de la collection seront également présent pour participer à la discussion.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

En 2012, le Mali bascule dans la guerre. Bientôt, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) proclame l’indépendance du nord du pays, avant de perdre du terrain et de se fragmenter. Depuis lors, les groupes armés impliquant les pays voisins se multiplient, les alliances se nouent et se dénouent sans cesse, et le conflit malien est souvent décrit comme un enchevêtrement impossible à comprendre.
Pourquoi prendre les armes ? Comment expliquer que des combattants qui ont risqué leur vie pour une cause rejoignent parfois quelques mois plus tard leurs anciens adversaires ?
Avant même le début des hostilités, et pendant quinze ans, Denia Chebli a suivi les femmes et les hommes engagés au cœur du conflit. Leurs récits donnent à voir la guerre de l’intérieur : les amitiés et les ruptures, les liens familiaux, les loyautés, les contraintes et les aspirations, mais aussi les interventions internationales qui contribuent à diviser ceux qu’elles prétendent réconcilier.
Loin de l’image d’un Sahel livré à des haines ancestrales ou à des alliances dictées par les intérêts égoïstes, cette enquête inédite dans l’intimité des protagonistes restitue la logique des choix individuels et collectifs. Elle donne à voir ce que la guerre fait aux engagements, aux liens et aux vies de ceux qui la traversent.

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L. Bigorra et Mickaël Tempête : Ecriture pédées

Soirée pédée le 18 novembre à 19h30

L Bigorra, 19 minutes, éditions Terrasse

L. Bigòrra poursuit son exploration du temps contemporain pédé avec 19 minutes, deuxième opus d’une trilogie initiée avec le premier roman 28 jours, prix du roman gay 2021. Dans le même souffle poétique et radical qui continue sa recherche d’un langage des hommes qui aiment les hommes, L. Bigòrra met en mots la sexualité-désir et ses limites en puisant dans l’autofiction les forces des vérités confrontées à la praxis. Depuis les réalités des marges pédées et ses traversées en amours-désirs chemsex se profilent les pistes d’une culture à (re)construire pour dire le monde Homo autrement que par la violence héritière du patriarcat capitaliste.

Mickael Tempête, Les grandes puissances de mon cœur, éditions Trou noir

Pas marrante, la vie de la classe moyenne supérieure homosexuelle. À moins qu’on ne s’appelle Mathieu Gerfaut, qu’on dirige un grand magazine gay et qu’on soit épié par une bande de twinks terroristes ! Sous la surface de sa vie quotidienne, la violence circule : économique, intime, politique. Les voix s’entrechoquent, le temps se dérègle, la paranoïa s’installe. Quand la mécanique cède, il ne reste plus qu’un homme ordinaire face à ce qu’il a contribué à produire. Entre satire sociale, dérives fantasmatiques et tension grandissante, ce roman entend mener la normalisation gay au bord de la rupture.

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Elodie Shanta / Soja et Pinot pensent trop / BD Coeur / Lancement

Samedi 14 novembre à 17h30 dédicace d’Elodie Shanta

Déjà que la vie Soja la montreuse d’oies n’est pas facile tous les jours, si en plus elle est amoureuse d’un clown, quel cirque ! Sous le grand chapiteau de l’amour, les duettistes Soja et Pinot entrent en piste pour un périlleux numéro d’équilibristes sur la corde raide des sentiments. Il faut dire que les passions naissantes sont souvent difficiles à dompter d’autant plus quand vos amis s’en mêlent. Seulement voilà, l’amour est un numéro de haute voltige et les plus impressionnants sont ceux qu’on réalise sans filet. Approchez Mesdames et Messieurs !

L’épatante Élodie Shanta, très à l’aise dans son costume de Monsieur Loyal à brandebourgs pastels, vous présente un merveilleux numéro de fun en bulles qui ravira les petits et les grands romantiques.

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Baptiste Lignel / Mythos / The Eriskay Connection / Lancement & rencontre

Vendredi 13 novembre à 19h30

Baptiste Lignel, photographe et Marie Robert, commissaire photo du Musée d’Orsay seront en dialogue vendredi 13 novembre pour la présentation du livre Mythos. Un livre qui parle de violence sexuelle, mais en portant son attention sur leurs représentations dans les musées de Beaux-Arts. Le travail photographique est complété par de contributions d’experts qui racontent le contexte de naissance des oeuvres, l’évolution de leur signification et les enjeux que représentent aujourd’hui leur exposition au public. Quand l’histoire de l’art rencontre l’activisme.

Pour cette rencontre sera proposée à la dégustation la cuvée « Les oiseaux » de Ben et Laure Yvernay, installés dans le Sud Beaujolais.

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Anne-Sarah Huet / Ecrire sans tuer / éditions Zoème / Rencontre

Mercredi 11 novembre à 19h30, rencontre avec Anne-Sarah Huet animée par Lydia Amarouche.

Écrire sans tuer est un recueil de douze textes mêlant plusieurs registres, du poème à la fiction de genre, dont l’ambition est de ramener à la vie poétique des personnages qui ont été éliminés pour préserver l’ordre racial.
Le livre se construit notamment autour de la figure de Jeem Bon (Jim Bond), personnage biracial martyrisé dans Absalon, Absalon! de Faulkner. L’hypothèse qu’Anne-Sarah Huet met au travail est la suivante : parce que les personnages biraciaux appartiennent à des groupes sociaux antagonistes et représentent une ambiguïté qui trouble les représentations, leurs auteurs les font souffrir ou les tuent. Écrire sans tuer serait ainsi un titre programmatique, puisqu’il s’agit ici de formuler des représentations métisses qui échapperaient à la cruauté. Ce livre s’inscrit dans la lignée des réécritures contemporaines du canon, tout en déplaçant les imaginaires de la littérature gothique du sud des États-Unis vers un contexte socio-historique et littéraire franco-algérien.
Bien que située à la croisée d’héritages algériens militants et coloniaux français, l’autrice ne construit pas son texte autour de son vécu. Elle préfère plutôt mettre en relation des histoires sociales et littéraires issues de différents contextes marqués par des formes de stratification raciale. En s’appuyant à la fois sur l’oeuvre romanesque de Kateb Yacine, sur des écrits issus de la communauté des free people of color – de Jean Toomer à Alice Dunbar Nelson -, tout en dialoguant avec des ouvrages récents comme Toutes les époques sont dégueulasses de Laure Murat, Écrire sans tuer parvient à transformer un large corpus théorique en matière fictionnelle. Le livre montre ainsi que la littérature peut produire de la pensée sans renoncer à la complexité. Plus encore, l’invention littéraire, en faisant varier les formes, les points de vue, les personnages et les énonciations, permet d’approcher au plus près ce qui fait la spécificité des histoires biraciales.