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Dandykes / Expo . Catalogue . Film

Jeudi 29 octobre à 19h30, soirée DANNDYKES avec Marine Kisiel, Hortense Belhôte, Sarra Ryma et Laure Orset-Prelet (collective États de Corps)

Amazones en haut-de-forme, cyclistes en culotte et cravate, New Women en costume tailleur : les féminités dissidentes du XIXe siècle ont pris le pouvoir au Palais Galliera, musée de la mode de Paris ! Pour explorer le vestiaire de ces pionnières du genderfluid, premières féministes luttant pour les droits des femmes ou dykes aux allures de dandy, le Monte en l’air rassemble la commissaire de l’exposition et les créatrices du film Dandykes : Marine Kisiel, Hortense Belhôte, Sarra Ryma et Laure Orset-Prelet (collective États de Corps).

Lors d’une discussion animée par Mélody Thomas, elles reviendront sur les enjeux de l’exposition et du film, et sur l’invention d’une mode dyke passée et présente.

Lancement du catalogue de l’exposition Un Vestiaire à soi. Féminités dissidentes au XIXe siècle (éd. Paris-Musées)

& projection et discussion autour du film Dandykes

>> exposition en cours au Palais Galliera, musée de la Mode, jusqu’au 14 février 2027

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Chloé Delaume et Ananda Brizzi/Lilith et cie et Méduse-moi/Rencontre

Mercredi 28 octobre à 19h30 – Rencontre

Lilith et cie : Lilith fut la première femme, née de la glaise en même temps qu’Adam : elle refusa alors de se soumettre à lui et choisit l’exil plutôt que l’obéissance. Depuis, son nom traverse les siècles comme celui d’une indocile.
À sa suite, huit figures prennent ici la parole : Circé, Héra, Médée, Artémis, Cassandre, Pandore, les Sirènes et même Buffy Summers, la célèbre tueuse de vampires. Déesses, sorcières, créatures, héroïnes ou figures maudites : toutes ont en commun d’avoir été racontées par d’autres. Leurs légendes ont été écrites, interprétées, déformées au fil du temps. Il est grand temps qu’elles livrent leur propre version des faits.
Dans une série de monologues mêlant mythologie, culture populaire, humour corrosif et révolte jubilatoire, Chloé Delaume redonne voix à celles dont la parole fut confisquée. Face aux dieux, aux héros, aux détenteurs autoproclamés du pouvoir, elles interrogent les récits qui fondent nos représentations du féminin, et dévoilent ainsi les mécanismes de domination qui continuent d’agir sous des formes toujours renouvelées.
Drôles, féroces, lucides et souvent de très mauvaise humeur, elles n’ont plus l’intention de se taire.
À l’image de cartes de tarot, les illustrations de Pénélope Bagieuévoquent par condensation de symboles ou d’attributs celles dont on redécouvre l’histoire revitalisée. Les mythes deviennent ainsi des terrains de lutte et de résistance.

méduse-moi : Dans méduse-moi, Ananda Brizzi déploie une poésie incandescente où l’intime se mêle au mythe pour dire la violence du monde contemporain. À travers une voix fragmentée, nerveuse, traversée d’images fulgurantes, la figure de Méduse devient métaphore d’une subjectivité blessée mais insoumise.

méduse-moi s’inscrit dans la lignée d’une poésie contemporaine radicale, où l’expérience personnelle rejoint une parole collective sur la violence faite aux femmes, la santé mentale et les mécanismes de domination.

Ananda Brizzi est née en 1987. Elle a écrit pour le théâtre dès 2005 puis a développé un univers poétique qui s’ouvre aux formes plastiques, à la vidéo et aux performances. Elle a publié en revues, aux éditions Derrière la salle de Bains, Bruno Doucey, Corlevour. Son dernier recueil, fragmentée, est paru chez Blast en mars 2025

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Jochen Gerner / Fromages / Lancement

Samedi 24 octobre à 18 heures : lancement et dédicace de Jochen Gerner

Fromages est une cave d’affinage qui rassemble 200 dessins réalisés par Jochen Gerner, dans la continuité de ses
inventaires Oiseaux (2021) et Chiens (2023).
Ce travail au feutre à encre de Chine pigmentée sur des cahiers d’écoliers constitue une nouvelle expérimentation
graphique. Du roquefort au munster fermier, en passant par la tomme de Savoie, l’époisses, le brie noir, le comté,
la brousse du Rove, le chevrotin des Aravis, le cantal vieux ou même le Babybel… La grande diversité des fromages
représentés envisage autant de possibilités d’explorations des reliefs, des textures et des formes permises par la trame,
la superposition des traits et l’association des couleurs.

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Anna Haillot, Lucie Bérard/Une bête à ton tour, Décolorer sa fille/Éditions Les Avrils et Les Intranquilles/Rencontre croisée

Mercredi 21 octobre à 19h30

Une bête à ton tour : Sacha vit dans l’hinterland avec son frère, sa mère et une meute de chiens. En amont de la maison, une forêt traversée d’incendies, de chasseurs, de bêtes. En aval, la zone industrielle et l’usine de la maroquinerie dans laquelle elle vient d’être embauchée. De 7 à 17 heures, Sacha coupe, colle, teint, contrôle, étiquette, et note, dans un carnet, les données essentielles à la production. Mais bientôt, elle y inscrit d’autres choses. L’écriture réorganise sa compréhension du monde. Du chaos naît un ordre nouveau.

Décolorer sa fille : Paula, une jeune esthéticienne, quitte la banlieue parisienne pour s’installer en bord de mer avec Tom, son compagnon jardinier. Dans cet appartement, elle espère un nouveau départ loin des odeurs et des bruits de la tour HLM où elle a grandi. Mais son quotidien est hanté par le souvenir des femmes de sa famille. Enfermée chez elle avec sa chienne Scarlett, Paula sombre dans une angoissante obsession domestique. À travers son regard myope ou la fenêtre inexplicablement sale de son salon, elle contemple l’immeuble voisin brûler et un secret ressurgir. 

Par une langue obsessionnelle et hirsute, Décolorer sa fille scande une vie réglée comme une liste de course qui glisse vers une inquiétante étrangeté. Dans une tension diffuse et une ambiance irrespirable, ce roman explore la filiation féminine, la charge domestique intériorisée et dissèque ce que la précarité fait aux femmes.

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Dominique Sigaud / Pute vierge / Éditions Inculte / Rencontre

Mardi 20 octobre 19h30, rencontre avec Dominique Sigaud animée par Jeanne Bacharach.

Comment revenir sur des agressions sexuelles subies à l’adolescence – l’une par le père, l’autre par un inconnu – quand tout conspire à les rendre invisibles ? C’est cette tâche difficile à laquelle s’est attelée Dominique Sigaud, avec une force et une clarté qui forcent le respect. Contre les ombres, contre le silence, son texte fracasse les tabous et nous propose une échappée inespérée, solaire.

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Aurélie William Levaux / Sache les voies (Trèfle de plaisanterie) / Éditions Le Monte-en-l’air + Baptiste Brunello / Les Meilleures recettes de Badr Bon Vivant #2 / LeMégot / Lancements

Samedi 17 octobre à 18h

Aurélie William Levaux

Valeurs inversées, comportements insensés, vies écrabouillées, rien ne va dans nos sociétés capitalistes et patriarcales. Or, nombreux sont celles et ceux qui se résignent ou, pire encore, ne voient pas « où est le problème ». Dans son nouveau livre, Sache les voies (trèfle de plaisanterie), Aurélie William Levaux met en scène des personnages qui conversent sur la folie d’un monde qui ne tourne pas rond. Au lit, dans une cabine d’essayage ou devant la télé, parfois aidés par des penseurs tels que Simone Weil, Geneviève Pruvost ou encore Ivan Illich, les voilà qui démontrent patiemment, dans une démarche didactique, qu’il pourrait pourtant en être autrement. Inépuisable artiste en lutte, Aurélie William Levaux, déploie tous ses talents d’écriture, de dessin et de peinture pour continuer à ne pas regarder ailleurs.

Baptiste Brunello

Faisant suite à un livre-K7 (de rap) consacré aux « plats de riz », cet album, fruit d’une collaboration entre les éditions LeMégot et La Belle Brute, se présente sous la forme d’un livre-CD. Dans ce projet 10 ans d’âge, récemment exhumé et réanimé, l’auteur explore l’univers de la salade à l’occasion de trente promenades essentiellement poétiques, au gré de laitues naissent-elles, tapissées par les tirettes de Florian Pellissier, les ficelles de Kenny Ruby et les bouts de bois de Tibo Brandalise.

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Camille Paulhan / La Fin du monde dure 30 minutes / Archivio / Rencontre

Vendredi 16 octobre à 19h30

En janvier 1960, l’artiste suisse Jean Tinguely débarque à New York. Quelques semaines plus tard, il installe dans le jardin du Museum of Modern Art (MoMA) une œuvre- machine, Hommage à New York, censée s’autodétruire en trente minutes. Sous les yeux d’une foule endimanchée, les pieds dans la neige fondue, la performance dérape. Les uns s’en amusent, d’autres s’en inquiètent.
Ce qui s’est joué le 17 mars 1960 est une tragi-comédie truffée de roues de vélos, de landaus et de vieux moteurs. Ses spectateurs ont été à la fois les témoins d’une joyeuse mise à feu et les complices d’une catastrophe.
Le message de Hommage à New York n’a pas pris une ride depuis 1960 : l’insouciance avec laquelle le monde court au désastre est plus que jamais d’actualité.

La longue déambulation de Camille Paulhan au MoMA aboutit au soir du 17 mars 1960 à la « démonstration » de Jean Tinguely, admise dans un monde où la destruction ne peut être que de l’ordre du spectacle à muséifier. Mais Hommage à New York produit quelque chose de plus fort qu’une destruction symbolique : un danger réel.
Quelques-uns le ressentent — comme les employés du MoMA qui ont vécu le drame de l’incendie du bâtiment deux ans auparavant — mais beaucoup n’en ont pas conscience.
L’attraction n’est plus alors la défaillance de Hommage à New York, mais le comportement de la foule rassemblée dans le jardin du MoMA, petit échantillon étatsunien dans le déni de la face sombre de l’American Dream incarnée par les machines lucifériennes de Tinguely.
Fondé sur les recherches de l’auteure dans les archives du MoMA et du musée Tinguely (Bâle), La fin du monde dure 30 minutes rejoint, par des routes fort différentes, le n°3 de « La vie privée des œuvres » (Situation explosive ! de François Coadou) sur le terrain de la création engagée dans les troubles de son époque.

Camille Paulhan est historienne de l’art et critique d’art. Sa thèse de doctorat a été consacrée au périssable dans l’art des années 1960-1970. Elle enseigne à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon.

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Sandeep Bakshi / Frontières queer / éditions Ròt-Bò-Krik / Rencontre

Jeudi 15 octobre à 19h30, rencontre avec Sandeep Bakshi, animée par Zaid du collectif sud-asiatique/Brown antiraciste

Le queer est-il seulement occidental ? Conçu au cœur même des Empires, son lexique est-il utile loin des métropoles et logiques coloniales ? Dans cet ouvrage, Sandeep Bakshi remet en question les généalogies admises du queer pour échapper aux instrumentalisations et aux normalisations dont il est l’objet.
Partant de pratiques et d’analyses des Suds, ce livre montre que, si les études et le militantisme queer ont produit des formes de pensée radicales, elles ne sont pas immunisées contre les a priori culturels, sociaux et raciaux. Le queer, lui aussi, a sa colonialité. Dès lors, c’est en adoptant une perspective décoloniale que le queer retrouvera toute la vigueur de son insurrection initiale, pour semer à nouveau le trouble.

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Mathieu Potte-Bonneville & Morvandiau / Foucault, vies parallèles / Delcourt / Rencontre

Mercredi 14 octobre à 19h30

Rencontre avec les auteurs animée par Arnaud Gonzague, rédacteur en chef du hors-série du Nouvel Observateur consacré à Foucault.

Michel Foucault a fait entrer l’histoire de la folie dans l’histoire de la philosophie, a contribué à changer le regard sur le pouvoir et la sexualité : des portes de prisons au Collège de France, des énigmes du savoir au mouvement LGBT, partez à la découverte des mille vies du philosophe le plus cité au monde.

Étudiant tourmenté, icône de la philosophie contemporaine, militant avec les détenus, professeur au Collège de France : combien d’existences traversent celle de Michel Foucault, dont l’œuvre savante et engagée résonne aujourd’hui de l’activisme queer aux mutations des sciences humaines ? Tressant ensemble sa vie et son œuvre, cette biographie intellectuelle permet de comprendre, voyager avec ses idées et ébranler nos certitudes.

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Voix autochtones / Natasha Kanapé Fontaine et Trudruá Dorrico Makuxi / Manifeste Assi et Le temps de la reconquête / Éditions Dépaysage et Anacaona/ Rencontre croisée

Mardi 13 octobre à 19h30 – Rencontre

Manifeste Assi :

assi
vit

le poème est ici
un manifeste
il marquera le temps

un cercle se définit
une aura la lune
un halo le soleil

je reviendrai peuple d’eau
je recracherai quatorze torrents
j’avalerai trois lunes
pour mieux boire le lait de ma mère

Assi, la Terre, nous appelle. La poète l’entend : elle bat le rythme, rassemble et ouvre le cercle. Une voix sort du territoire, porte les mères, les sœurs, les disparues, et souffle sur les papiers-lois jusqu’au feu qui délivre. On avance tambour au cœur, avec les loups, les bisons rêvés, les rivières qui murmurent nos noms. La poète les entend : elle lutte en riant, elle guérit en marchant, elle aime en résistant. Et nous offre le plus beau des manifestes : se relever, vivre, refaire peuple.

Le temps de la reconquête :

« Le temps

marche en rond

et le jour viendra

où nous serons libres à nouveau. »

Entre tradition et contemporanéité, la contre-histoire de Trudruá Dorrico Makuxi dénonce le processus colonial – le mythe de la terre vierge, l’imposition d’une autre langue, l’effacement des noms, le racisme, la marginalisation. Mais elle célèbre aussi la vie, et la résistance de l’identité, de la culture et des modes de vie des peuples originels dont elle fait partie.

Faisant appel à la mémoire des ancêtres, s’appuyant sur l’amour comme forme de guérison, la reconquête de Trudruá Makuxi est politique, culturelle, esthétique et affective, et traverse chaque page du livre avec poésie, délicatesse – et détermination.

Trudruá Dorrico Makuxi est autrice, artiste et chercheuse en littérature autochtone. Elle appartient au peuple Makuxi, qui vit en Amazonie à la triple frontière entre le Brésil, le Venezuela et le Guyana. Sa parole-mémoire, entre poésie, prose et manifeste politique, s’inscrit dans un ample mouvement littéraire et artistique de résurgence des peuples autochtones : l’artivisme autochtone.

Avec une préface de Rita Olivieri-Godet, spécialiste en France de la littérature autochtone brésilienne, professeure émérite de l’Université Rennes 2 et membre honoraire de l’IUF – Institut Universitaire de France.