Jeudi 10 septembre à 19h30, rencontre avec Caroline Knecht et Sandra Lucbert.
» Prendre de front – c’est-à-dire de travers » : Catabase, un nouveau label de littérature au sein des Éditions La Découverte, dirigé par Sandra Lucbert.
Le livre de Caroline Knecht propose le démontage d’une institution : la Cour nationale du droit d’asile – et des politiques qu’elle fait exister. Le texte procède par courts chapitres où se mêlent narration et collage.
«Nous ne sommes pas les animaux d’un zoo. Nous avons le choix. Nous ne sommes pas condamnés à la lâcheté. Notre énergie, notre cerveau, notre volonté, tout cela nous appartient. C’est le seul petit empire qui soit vraiment à nous, quand on y pense. Et il se trouve que ce petit empire est précisément ce dont les fascistes ont besoin pour chauffer leur enfer.»
Alors que des personnalités autoritaires se hissent partout au pouvoir et que les discours de haine se multiplient, nous assistons impuissants à la montée de l’anxiété et nous nous y habituons. Nous vaquons à nos occupations. Car nous n’y pouvons rien, n’est-ce pas? Pourquoi sommes-nous si désemparés? Qu’est-ce que résister veut dire quand l’actualité nous dépasse, quand le pouvoir nous emporte dans son emballement?
Pour répondre à ces questions, Catherine Dorion propose une chronique intimiste de l’année 2025, année de la rupture. Pour tenter d’y voir clair, elle l’entrelace de récits du passé qui témoignent de la vie quotidienne en d’autres temps où, comme aujourd’hui, la démocratie s’est fait prendre à la gorge par l’autoritarisme. Le courage et la joie cherche ainsi dans la vie réelle les amorces de la résistance, les failles par où passe encore et toujours la conscience humaine – et, donc, la lumière.
Mardi 8 septembre à 19h30. Rencontre animée par Alice Zeniter.
Après son prix Inter reçu en 2024 pour Aliène, Phoebe Hadjimarkos Clarke revient avec le grand roman de nos incertitudes contemporaines. Débridé, génial, revigorant, Le Livre des souterrains confirme qu’elle se tient à l’avant-poste de la littérature. Marie Marzouk, artiste entre deux âges, disparaît inexplicablement lors d’une performance. Son journal intime retrace, tel un compte à rebours, ses derniers mois. Mais entre les pages du journal ont été glissés de mystérieux feuillets narrant, dans une langue étrange, la fable d’une cité assiégée dont l’ennemi ne se montre pas. Errant dans les rues de la ville, il y a Hyacinthe, qui a décidé de rester sur les lieux et prendre soin d’une volée d’oies.
Le journal et le roman trouvé vont imperceptiblement se mêler, les limites entre la fiction et la réalité s’estomper, et, à travers le monologue d’une artiste perdue entre deux mondes, les temps et les genres s’amalgament pour dessiner une traversée des frontières permanente.
Après Aliène, Phoebe Hadjimarkos Clarke revient avec le grand roman de nos incertitudes contemporaines. Débridé, génial, revigorant, Le Livre des souterrains confirme qu’elle se tient à l’avant-poste de la littérature.
Dimanche 6 septembre à 17h. Rencontre animée par Gabrielle Napoli.
Seule la littérature est à même de faire face à l’immensité des désespoirs côtoyés au travers des liens noués avec des exilés et de comprendre que, face à l’immensité de cette mer qui les submerge, la défaite est permanente mais la victoire aussi. Ce texte est aussi la relation de Jane Sautière à la question de « l’étranger » – elle est née en Iran -, la dette de l’accueil et en quoi celle-ci permet d’établir notre humanité ; le lien plus particulier noué avec une femme exilée et son enfant face aux persécutions qui lui ont été infligées. Et ce que cet écrit entretient avec ceux de Primo Levi, la nécessité vécue par lui de transmettre à son compagnon de lager quelques vers de Dante – l’un d’eux est le titre du texte – qui contiennent tout de l’espoir lorsque la barbarie s’annonce.
Samedi 5 juillet à 17h. Rencontre animée par Lisa Randin.
Mandy et Insaf ont grandi ensemble dans une ville ouvrière du nord de la France, Les Mourons. Elles sont unies par leurs statuts de parias et leur attirance pour l’ésotérisme mais leur amitié est mise à mal par le départ d’Insaf à Lille pour poursuivre des études de médecine. En son absence, Mandy, qui vit de jobs pénibles, développe une fascination pour un fait divers datant de quelques années auparavant: la disparition inexpliquée d’une femme aux alentours de l’usine désaffectée de la ville. Alors qu’elle commence par enquêter seule, Insaf décide de lui prêter main forte et découvre de sinistres pratiques au sein de la faculté de médecine qu’elle fréquente. Des actes de violences et des morts inexpliquées dirigent le regard des deux jeunes femmes vers l’usine de la ville.
Vendredi 04 septembre – Atelier d’écriture à 16h et rencontre à 19h30
Avant la rencontre Pour fêter la parution de son nouveau roman, Diaty Diallo proposera, un atelier d’écriture « Lettres 2 haine », à celleux dont les épaules sont lourdes ces derniers temps, de venir – à l’instar de Darya & Dounya qui écrivent les choses pour ne plus avoir à les penser – se délester du seum qui les consume et ainsi d’affronter, l’espace-temps d’une page, leur boss de fin.
Dounya semble tout faire à l’envers depuis qu’elle est entrée dans la trentaine. Elle se sépare de son amoureux, le Mec-qui-vivait-déjà-là, doit quitter l’appartement qu’il et elle partageaient, et se fait virer de son boulot dans l’associatif. L’heure est au bilan.
En faisant ses cartons, Dounya ordonne ses archives et renoue ainsi le lien avec Darya, la jeune fille rêveuse, farfelue et nonchalante qu’elle a été. Celle qu’elle croit avoir sacrifié en devenant adulte. À travers une mémoire fragmentée, elle lui raconte — et se raconte — les moments clés, les ratés, et les détours qui l’ont construite.
Et c’est par l’écriture qu’elle décide de revenir à ceux qui l’ont abîmée : une série de lettres, dures et drôles, adressées aux hommes croisés sur son chemin, dresse un inventaire sans concession du masculinisme ordinaire.
Il était temps de leur river le clou et de remettre l’héroïne au centre de sa propre histoire. Ce roman le fait magistralement. Avec férocité, dérision et tendresse.
Lorsqu’elle se décide à réactiver la chaîne YouTube de son père, deux ans après sa mort, Iman ne se doute pas qu’elle va faire émerger un monde englouti. Sous ses yeux défilent des dizaines de vidéos, tournées pendant les années 1990 à Djibouti, le pays de son enfance. Des concerts et des clips dans lesquels elle découvre, incrédule, l’existence de Dinkara, un groupe mythique de pop djiboutienne dont la superstar se nomme Abdallah. La musique est électronique, l’ambition est immense… Et si celui qu’elle croyait avoir connu, ce père rapatrié en France après un accident cérébral, cet homme silencieux et ingénieux dans son appartement de Poitiers, avait quelque chose à voir avec cette folle épopée ?
Mercredi 2 septembre à 19h30. Animation Gabrielle Napoli.
Comment une enfant, née à Cannes, vivant dans une villa cossue au sein d’une famille bourgeoise, en vient-elle à se rebeller ? Dans une série de courts chapitres, la narratrice raconte son enfance et son adolescence sous le sceau de la religion, mêlant expérience intime et contexte socioculturel des années 1980 à aujourd’hui. Adulte, elle fait état de son égarement dans les promesses du développement personnel. Laetitia Faure explore l’emprise des croyances, le poids des convenances, le contrôle et ses excès. Elle énonce, sans fard, ce que le pouvoir fait au corps social comme au corps des femmes. Récit d’une violence longtemps étouffée en elle, Possédés est aussi une échappée et une libération. Laetitia Faure est née en 1981. Après des études de langues et littératures étrangères à Milan, elle travaille dans le secteur de la communication aux États-Unis puis en France. Possédés est son premier roman, l’émergence d’une voix profondément singulière.
La métamorphose amoureuse et personnelle d’un jeune artiste libanais exilé en France.
Nour et ses ami.e.s vivent en exil à Paris depuis quelques années. Un soir, lors d’une house party, Nour rencontre Laurent. Leurs échanges sont profonds et réveillent chez Nour des questionnements sur Sol, son partenaire, et sur ses désirs. Cette rencontre ouvre une petite porte vers un monde mis en suspens : celui où l’on peut croire aux légendes, se métamorphoser ou simplement être soi. Autour de Nour gravitent aussi Kenza, Rebecca et Sol qui cherchent, iels aussi, à habiter autrement leurs désirs et leurs corps dans un monde qui bascule face à la violence et l’injustice.
Beau comme tu changes est une exploration de l’entre-deux, de ce déséquilibre où l’on habite l’inconfort sans forcément chercher de réponses. Un roman graphique sur la beauté du trouble et la force de ne pas savoir où l’on va.
Les non-dits, la marginalisation et la sexualité sont des thèmes de prédilection du travail de Joseph Kai. Il est surtout connu pour sa ligne délicate et son ton introspectif empruntés tantôt à la BD traditionnelle, tantôt aux nouvelles tendances beyrouthines. En 2010, il rejoint le collectif de BD Samandal et y édite plusieurs ouvrages collectifs et individuels dont 3000 en 2020. Joseph a participé à de nombreux festivals et expositions à Paris, Berlin, Beyrouth, Bruxelles et ailleurs. Il publie chez Casterman ses romans graphiques personnels et au long cours, L’Intranquille (2021) et Beau comme tu changes (2026).
« L’école n’est pas obligatoire, c’est l’instruction qui l’est »
Originaire d’Alsace, Faustine a découvert tardivement les salles de classe… Pendant dix ans, sa classe, c’était la cuisine, la salle de jeux, un coin de table, un musée, un jardin, un combi Volkswagen ou la plage d’Oléron. Sa professeure ? Sa mère : une institutrice passionnée, inventive, parfois épuisante mais toujours déterminée à offrir à ses enfants une enfance riche, libre et ouverte sur le monde. Dans cette histoire vraie, on découvre les coulisses de l’instruction en famille, bien loin des clichés avec des cahiers de vie rédigés au quotidien, des expériences scientifiques bricolées et des sorties improvisées. La mère de Faustine redouble d’imagination face à ses quatre enfants, qui vont tous faire l’expérience de cette pratique rare en France. Au milieu de ce joyeux chaos on ne rate pas la visite de l’inspecteur, les débats sur la pédagogie, les critiques, les doutes mais aussi la créativité, la curiosité, l’humour et la tendresse qui tissent le quotidien de cette fratrie. À travers les yeux d’une enfant, cet album plein d’humour soulève des questions de fond : peut-on apprendre sans école ? Comment grandit-on hors du cadre ? Comment se socialise-t-on ? Qu’est-ce que cela change dans une famille et dans la vie ?
Entre récit intime, chronique familiale et plongée documentaire, cette drôle de BD raconte l’école à la maison comme on ne l’a jamais vue : imparfaite, passionnée… et profondément humaine. Avec un dessin faussement naïf et des couleurs qui flashent, Tarmasz entre au catalogue Glénat avec un album irrésistible qui aborde la question de « l’école à la maison ». Un témoignage unique et sensible accompagné d’archives qui nous plongent dans ces années de rires et d’apprentissage. Une expérience sur 10 ans d’un « chaos éducatif maîtrisé », qui pourrait bien changer votre regard sur la question…