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Anne-Sarah Huet / Ecrire sans tuer / éditions Zoème / Rencontre

Mercredi 11 novembre à 19h30, rencontre avec Anne-Sarah Huet animée par Lydia Amarouche.

Écrire sans tuer est un recueil de douze textes mêlant plusieurs registres, du poème à la fiction de genre, dont l’ambition est de ramener à la vie poétique des personnages qui ont été éliminés pour préserver l’ordre racial.
Le livre se construit notamment autour de la figure de Jeem Bon (Jim Bond), personnage biracial martyrisé dans Absalon, Absalon! de Faulkner. L’hypothèse qu’Anne-Sarah Huet met au travail est la suivante : parce que les personnages biraciaux appartiennent à des groupes sociaux antagonistes et représentent une ambiguïté qui trouble les représentations, leurs auteurs les font souffrir ou les tuent. Écrire sans tuer serait ainsi un titre programmatique, puisqu’il s’agit ici de formuler des représentations métisses qui échapperaient à la cruauté. Ce livre s’inscrit dans la lignée des réécritures contemporaines du canon, tout en déplaçant les imaginaires de la littérature gothique du sud des États-Unis vers un contexte socio-historique et littéraire franco-algérien.
Bien que située à la croisée d’héritages algériens militants et coloniaux français, l’autrice ne construit pas son texte autour de son vécu. Elle préfère plutôt mettre en relation des histoires sociales et littéraires issues de différents contextes marqués par des formes de stratification raciale. En s’appuyant à la fois sur l’oeuvre romanesque de Kateb Yacine, sur des écrits issus de la communauté des free people of color – de Jean Toomer à Alice Dunbar Nelson -, tout en dialoguant avec des ouvrages récents comme Toutes les époques sont dégueulasses de Laure Murat, Écrire sans tuer parvient à transformer un large corpus théorique en matière fictionnelle. Le livre montre ainsi que la littérature peut produire de la pensée sans renoncer à la complexité. Plus encore, l’invention littéraire, en faisant varier les formes, les points de vue, les personnages et les énonciations, permet d’approcher au plus près ce qui fait la spécificité des histoires biraciales.

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Nicole Miquel / Chez Nicole / Hystériques & Associé.es / Rencontre

Mardi 10 novembre à 19h30, rencontre avec Nicole Miquel

Alors les filles !, El Scandalo, Les Scandaleuses, le Boobsbourg : autant de noms qui résonnent dans l’histoire contemporaine des nuits lesbiennes à Paris. Dans chacun de ces bars, Nicole Miquel est derrière le comptoir. Armée de ses souvenirs et de son appareil photo, elle revient sur les années qu’elle a consacrées à ces lieux. À travers les portraits de figures marquantes qui les ont fréquentés, elle questionne à la fois le passé et le présent de ces vies lesbiennes. La photographe et ex-tenancière donne à voir la force des liens communautaires qui se tissent sous les lumières de la nuit et esquisse une histoire collective au sein de laquelle chacun·e occupe une place singulière.

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Baptiste Lignel / Mythos / The Eriskay Connection / Lancement & rencontre

Vendredi 13 novembre à 19h30

Baptiste Lignel, photographe et Marie Robert, commissaire photo du Musée d’Orsay seront en dialogue vendredi 13 novembre pour la présentation du livre Mythos. Un livre qui parle de violence sexuelle, mais en portant son attention sur leurs représentations dans les musées de Beaux-Arts. Le travail photographique est complété par de contributions d’experts qui racontent le contexte de naissance des oeuvres, l’évolution de leur signification et les enjeux que représentent aujourd’hui leur exposition au public. Quand l’histoire de l’art rencontre l’activisme.

Pour cette rencontre sera proposée à la dégustation la cuvée « Les oiseaux » de Ben et Laure Yvernay, installés dans le Sud Beaujolais.

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Rasheed Araeen / Notes préliminaires pour un manifeste noir : Arts et postcolonialisme / Les Presses du Réel / Rencontre

Jeudi 5 novembre, rencontre avec Wilson Tarbox et Charlotte Gould

Première traduction d’un des textes fondateurs pour une décolonisation de l’art.

Les Notes sont l’une des premières analyses à mettre en lumière le rôle central de l’art et de la culture dans la perpétuation des rapports de domination entre les pays du Nord et ceux du Sud. Publié avant L’Orientalisme d’Edward W. Saïd, le texte dénonce l’idéologie coloniale qui a contribué à la richesse des empires européens tout en reléguant les artistes du Sud aux marges de l’histoire. Il constitue également un appel à la collaboration artistique et démocratique afin de construire de nouvelles plateformes de réflexion, de recherche et de contestation de l’ordre établi, au service d’un monde (de l’art) plus juste et égalitaire. Pour la première fois traduit vers le français, ce document majeur continue d’offrir des outils critiques à celles et ceux qui souhaitent faire de leur pratique une force de transformation sociale.
À son arrivée à Londres en 1964, l’artiste pakistanais Rasheed Araeen découvre une scène artistique foisonnante de radicalité créatrice et d’ouverture internationale, toutefois marquée par le conservatisme des institutions et un climat politique hostile aux personnes migrantes. Confronté à ces blocages, il s’engage au sein du British Black Panther Movement et d’Artists for Democracy, avant de rédiger en 1975 les Notes préliminaires d’un manifeste noir.

Rasheed Araeen (né en 1935 à Karachi, Pakistan) est un artiste, activiste, écrivain, éditeur et curateur. En 1964, il s’installe au Royaume-Uni, où il suit d’abord une formation d’ingénieur civil. Araeen est reconnu comme le père de la sculptureminimaliste britannique des années 1960, mais sa pratique englobe également la performance, la photographie et la peinture. Tout au long des années 1970 à 1990, l’artiste défie l’eurocentrisme de l’establishment artistique britannique et défend le rôle des artistes issus des minorités, en particulier ceux originaires d’Asie, d’Afrique et des Caraïbes. Rasheed Araeen devient également un activiste politique au sein d’organisations comme les Black Panthers et Artists for Democracy, et fonde les revues critiques Black Phoenix, Third Text et Third Text Asia. En 1989, il organise l’exposition phare « The Other Story: Afro-Asian Artists in Post-War Britain » au Southbank Centre à Londres.

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John Vasquez Mejias / Lolita Lebron / éditions ici bas / Rencontre et dédicace

Vendredi 23 octobre à 19h30

Le graveur et bédéiste John Vasquez Mejias sera l’invité de la librairie le vendredi 23 octobre à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Lolita Lebron – Portrait d’une révolutionnaire » aux éditions Ici bas.

La rencontre consistera en une discussion animée et interprétée par des membres de la maison d’édition et sera suivie d’une séance de dédicace. John Vasquez Mejias étant graveur, il dédicacera au tampon !

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

1er mars 1954. Un drapeau de Porto Rico brandi à bout de bras, Lolita Lebrón pénètre dans le Capitole à Washington D.C. et tire en l’air. Par cette intrusion spectaculaire, elle signe l’une des grandes actions du mouvement de libération de Porto Rico contre l’occupation étatsunienne. Elle le paiera d’une mise en détention jusqu’en 1979. Après Et l’île s’embrasa (sélection du Festival d’Angoulême 2024), John Vasquez Mejias retrace la vie de cette figure des luttes anticoloniales des Amériques dans une bande dessinée entièrement réalisée en gravures sur bois. Il signe ainsi le deuxième volet de son projet d’écrire une histoire populaire et anticoloniale de Porto Rico.

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Antoine Marchalot / I.E.U.F. / Atrabile / Lancement

Vendredi 6 novembre à 18 heures, lancement et signature.

Antoine Marchalot est un auteur français né en France à la fin du XXe siècle. Antoine Marchalot est le créateur d’une
flopée de fanzines et d’une poignée d’ouvrages parmi les plus drôles de tous les temps, comme Leumonde.fr (Arbitraire),
Histoires croûtes et Une vie de famille agréable (tous deux chez les Requins Marteaux). Antoine Marchalot est un riftia
pachyptila aux couleurs bigarrées, que l’on peut trouver jusqu’à 10 000 mètres de profondeur. Antoine Marchalot est un
magicien capable de tout transformer en barres de rire. Antoine Marchalot est un des plus grands savants que la Terre a
portés depuis Jean Pic de la Mirandole. Antoine Marchalot est un érudit qui sait absolument tout sur tout. D’ailleurs, dans son nouveau livre, I.E.U.F., Antoine Marchalot partage sa grande érudition avec générosité, et ceci pour le bonheur des petits comme des grands : Comment est né Christophe Dechavanne ? Est-il possible de mettre tous ses doigts dans son nez ? Comment faire pour ajouter de la sucrosité dans vos recettes ? Qui est ce jeune con qui skie encore sur le toit ? Tant de questions dont la réponse est à retrouver dans I.E.U.F.. Ou pas. Et donc : Antoine Marchalot sort son nouveau livre chez Atrabile et fait le lancement au Monte-en-l’air et grâce à ça, 2026 sera nettement moins moche.
Merci, Antoine Marchalot.

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Revelli / Le maillon fort / Éditions Nous / Rencontre

RENCONTRE mardi 3 novembre 19h30, autour de cette somme traduite pour la première fois, témoignages précieux de la vie des femmes paysannes en Italie, une expérience de lecture puissante pour quiconque s’intéresse au monde paysan et à l’histoire des femmes. Rencontre animée par Stan Neumann.

Revelli, Le maillon faible, éditions Nous

Enquête sans équivalent par son ampleur et par son originalité, Le maillon fort rassemble une exceptionnelle somme de témoignages sur la vie des femmes paysannes. 107 récits à la première personne nous transmettent la mémoire précieuse des conditions de vie de ces femmes — d’une âpreté que l’on peine à situer dans un passé si proche de nous —, à travers une multiplicité de sujets : la pauvreté, le travail, le corps, la nourriture, le mariage, la sexualité, le deuil, l’exploitation des enfants, mais aussi la Résistance, les migrations et l’exode des campagnes. Ainsi, la pluralité de ces voix retrouvées relie l’histoire intime à l’histoire européenne du vingtième siècle, ses guerres et ses transformations économiques, sociales et culturelles. Jalon incontournable de l’histoire orale, Le maillon fort offre une expérience de lecture puissante pour quiconque s’intéresse au monde paysan et à l’histoire des femmes.

Nuto Revelli (Coni, 1919–2004) est une figure majeure, encore peu connue en France, de la culture italienne du vingtième siècle. Son œuvre d’écrivain puise sa matière dans son expérience de la Seconde Guerre mondiale et de la Résistance contre le fascisme. À partir des années 1970, il réalise de très nombreux entretiens avec des paysannes en Italie. 

Traduit en français pour la première fois, Le maillon fort connut à sa parution en 1985 un énorme succès public et critique.

Traduit de l’italien par Patrizia Atzei, Palmina d’Ascoli et Armelle Girinon

Préface de Patrizia Atzei et Armelle Girinon

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Dandykes / Expo . Catalogue . Film

Jeudi 29 octobre à 19h30, soirée DANNDYKES avec Marine Kisiel, Hortense Belhôte, Sarra Ryma et Laure Orset-Prelet (collective États de Corps)

Amazones en haut-de-forme, cyclistes en culotte et cravate, New Women en costume tailleur : les féminités dissidentes du XIXe siècle ont pris le pouvoir au Palais Galliera, musée de la mode de Paris ! Pour explorer le vestiaire de ces pionnières du genderfluid, premières féministes luttant pour les droits des femmes ou dykes aux allures de dandy, le Monte en l’air rassemble la commissaire de l’exposition et les créatrices du film Dandykes : Marine Kisiel, Hortense Belhôte, Sarra Ryma et Laure Orset-Prelet (collective États de Corps).

Lors d’une discussion animée par Mélody Thomas, elles reviendront sur les enjeux de l’exposition et du film, et sur l’invention d’une mode dyke passée et présente.

Lancement du catalogue de l’exposition Un Vestiaire à soi. Féminités dissidentes au XIXe siècle (éd. Paris-Musées)

& projection et discussion autour du film Dandykes

>> exposition en cours au Palais Galliera, musée de la Mode, jusqu’au 14 février 2027

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Chloé Delaume et Ananda Brizzi/Lilith et cie et Méduse-moi/Rencontre

Mercredi 28 octobre à 19h30 – Rencontre

Lilith et cie : Lilith fut la première femme, née de la glaise en même temps qu’Adam : elle refusa alors de se soumettre à lui et choisit l’exil plutôt que l’obéissance. Depuis, son nom traverse les siècles comme celui d’une indocile.
À sa suite, huit figures prennent ici la parole : Circé, Héra, Médée, Artémis, Cassandre, Pandore, les Sirènes et même Buffy Summers, la célèbre tueuse de vampires. Déesses, sorcières, créatures, héroïnes ou figures maudites : toutes ont en commun d’avoir été racontées par d’autres. Leurs légendes ont été écrites, interprétées, déformées au fil du temps. Il est grand temps qu’elles livrent leur propre version des faits.
Dans une série de monologues mêlant mythologie, culture populaire, humour corrosif et révolte jubilatoire, Chloé Delaume redonne voix à celles dont la parole fut confisquée. Face aux dieux, aux héros, aux détenteurs autoproclamés du pouvoir, elles interrogent les récits qui fondent nos représentations du féminin, et dévoilent ainsi les mécanismes de domination qui continuent d’agir sous des formes toujours renouvelées.
Drôles, féroces, lucides et souvent de très mauvaise humeur, elles n’ont plus l’intention de se taire.
À l’image de cartes de tarot, les illustrations de Pénélope Bagieuévoquent par condensation de symboles ou d’attributs celles dont on redécouvre l’histoire revitalisée. Les mythes deviennent ainsi des terrains de lutte et de résistance.

méduse-moi : Dans méduse-moi, Ananda Brizzi déploie une poésie incandescente où l’intime se mêle au mythe pour dire la violence du monde contemporain. À travers une voix fragmentée, nerveuse, traversée d’images fulgurantes, la figure de Méduse devient métaphore d’une subjectivité blessée mais insoumise.

méduse-moi s’inscrit dans la lignée d’une poésie contemporaine radicale, où l’expérience personnelle rejoint une parole collective sur la violence faite aux femmes, la santé mentale et les mécanismes de domination.

Ananda Brizzi est née en 1987. Elle a écrit pour le théâtre dès 2005 puis a développé un univers poétique qui s’ouvre aux formes plastiques, à la vidéo et aux performances. Elle a publié en revues, aux éditions Derrière la salle de Bains, Bruno Doucey, Corlevour. Son dernier recueil, fragmentée, est paru chez Blast en mars 2025

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Jochen Gerner / Fromages / Lancement

Samedi 24 octobre à 18 heures : lancement et dédicace de Jochen Gerner

Fromages est une cave d’affinage qui rassemble 200 dessins réalisés par Jochen Gerner, dans la continuité de ses
inventaires Oiseaux (2021) et Chiens (2023).
Ce travail au feutre à encre de Chine pigmentée sur des cahiers d’écoliers constitue une nouvelle expérimentation
graphique. Du roquefort au munster fermier, en passant par la tomme de Savoie, l’époisses, le brie noir, le comté,
la brousse du Rove, le chevrotin des Aravis, le cantal vieux ou même le Babybel… La grande diversité des fromages
représentés envisage autant de possibilités d’explorations des reliefs, des textures et des formes permises par la trame,
la superposition des traits et l’association des couleurs.