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Chloé Delaume et Ananda Brizzi/Lilith et cie et Méduse-moi/Rencontre

Mercredi 28 octobre à 19h30 – Rencontre

Lilith et cie : Lilith fut la première femme, née de la glaise en même temps qu’Adam : elle refusa alors de se soumettre à lui et choisit l’exil plutôt que l’obéissance. Depuis, son nom traverse les siècles comme celui d’une indocile.
À sa suite, huit figures prennent ici la parole : Circé, Héra, Médée, Artémis, Cassandre, Pandore, les Sirènes et même Buffy Summers, la célèbre tueuse de vampires. Déesses, sorcières, créatures, héroïnes ou figures maudites : toutes ont en commun d’avoir été racontées par d’autres. Leurs légendes ont été écrites, interprétées, déformées au fil du temps. Il est grand temps qu’elles livrent leur propre version des faits.
Dans une série de monologues mêlant mythologie, culture populaire, humour corrosif et révolte jubilatoire, Chloé Delaume redonne voix à celles dont la parole fut confisquée. Face aux dieux, aux héros, aux détenteurs autoproclamés du pouvoir, elles interrogent les récits qui fondent nos représentations du féminin, et dévoilent ainsi les mécanismes de domination qui continuent d’agir sous des formes toujours renouvelées.
Drôles, féroces, lucides et souvent de très mauvaise humeur, elles n’ont plus l’intention de se taire.
À l’image de cartes de tarot, les illustrations de Pénélope Bagieuévoquent par condensation de symboles ou d’attributs celles dont on redécouvre l’histoire revitalisée. Les mythes deviennent ainsi des terrains de lutte et de résistance.

méduse-moi : Dans méduse-moi, Ananda Brizzi déploie une poésie incandescente où l’intime se mêle au mythe pour dire la violence du monde contemporain. À travers une voix fragmentée, nerveuse, traversée d’images fulgurantes, la figure de Méduse devient métaphore d’une subjectivité blessée mais insoumise.

méduse-moi s’inscrit dans la lignée d’une poésie contemporaine radicale, où l’expérience personnelle rejoint une parole collective sur la violence faite aux femmes, la santé mentale et les mécanismes de domination.

Ananda Brizzi est née en 1987. Elle a écrit pour le théâtre dès 2005 puis a développé un univers poétique qui s’ouvre aux formes plastiques, à la vidéo et aux performances. Elle a publié en revues, aux éditions Derrière la salle de Bains, Bruno Doucey, Corlevour. Son dernier recueil, fragmentée, est paru chez Blast en mars 2025

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Dominique Sigaud / Pute vierge / Éditions Inculte / Rencontre

Mardi 20 octobre 19h30, rencontre avec Dominique Sigaud animée par Jeanne Bacharach.

Comment revenir sur des agressions sexuelles subies à l’adolescence – l’une par le père, l’autre par un inconnu – quand tout conspire à les rendre invisibles ? C’est cette tâche difficile à laquelle s’est attelée Dominique Sigaud, avec une force et une clarté qui forcent le respect. Contre les ombres, contre le silence, son texte fracasse les tabous et nous propose une échappée inespérée, solaire.

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Aurélie William Levaux / Sache les voies (Trèfle de plaisanterie) / Éditions Le Monte-en-l’air + Baptiste Brunello / Les Meilleures recettes de Badr Bon Vivant #2 / LeMégot / Lancements

Samedi 17 octobre à 18h

Aurélie William Levaux

Valeurs inversées, comportements insensés, vies écrabouillées, rien ne va dans nos sociétés capitalistes et patriarcales. Or, nombreux sont celles et ceux qui se résignent ou, pire encore, ne voient pas « où est le problème ». Dans son nouveau livre, Sache les voies (trèfle de plaisanterie), Aurélie William Levaux met en scène des personnages qui conversent sur la folie d’un monde qui ne tourne pas rond. Au lit, dans une cabine d’essayage ou devant la télé, parfois aidés par des penseurs tels que Simone Weil, Geneviève Pruvost ou encore Ivan Illich, les voilà qui démontrent patiemment, dans une démarche didactique, qu’il pourrait pourtant en être autrement. Inépuisable artiste en lutte, Aurélie William Levaux, déploie tous ses talents d’écriture, de dessin et de peinture pour continuer à ne pas regarder ailleurs.

Baptiste Brunello

Faisant suite à un livre-K7 (de rap) consacré aux « plats de riz », cet album, fruit d’une collaboration entre les éditions LeMégot et La Belle Brute, se présente sous la forme d’un livre-CD. Dans ce projet 10 ans d’âge, récemment exhumé et réanimé, l’auteur explore l’univers de la salade à l’occasion de trente promenades essentiellement poétiques, au gré de laitues naissent-elles, tapissées par les tirettes de Florian Pellissier, les ficelles de Kenny Ruby et les bouts de bois de Tibo Brandalise.

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Camille Paulhan / La Fin du monde dure 30 minutes / Archivio / Rencontre

Vendredi 16 octobre à 19h30

En janvier 1960, l’artiste suisse Jean Tinguely débarque à New York. Quelques semaines plus tard, il installe dans le jardin du Museum of Modern Art (MoMA) une œuvre- machine, Hommage à New York, censée s’autodétruire en trente minutes. Sous les yeux d’une foule endimanchée, les pieds dans la neige fondue, la performance dérape. Les uns s’en amusent, d’autres s’en inquiètent.
Ce qui s’est joué le 17 mars 1960 est une tragi-comédie truffée de roues de vélos, de landaus et de vieux moteurs. Ses spectateurs ont été à la fois les témoins d’une joyeuse mise à feu et les complices d’une catastrophe.
Le message de Hommage à New York n’a pas pris une ride depuis 1960 : l’insouciance avec laquelle le monde court au désastre est plus que jamais d’actualité.

La longue déambulation de Camille Paulhan au MoMA aboutit au soir du 17 mars 1960 à la « démonstration » de Jean Tinguely, admise dans un monde où la destruction ne peut être que de l’ordre du spectacle à muséifier. Mais Hommage à New York produit quelque chose de plus fort qu’une destruction symbolique : un danger réel.
Quelques-uns le ressentent — comme les employés du MoMA qui ont vécu le drame de l’incendie du bâtiment deux ans auparavant — mais beaucoup n’en ont pas conscience.
L’attraction n’est plus alors la défaillance de Hommage à New York, mais le comportement de la foule rassemblée dans le jardin du MoMA, petit échantillon étatsunien dans le déni de la face sombre de l’American Dream incarnée par les machines lucifériennes de Tinguely.
Fondé sur les recherches de l’auteure dans les archives du MoMA et du musée Tinguely (Bâle), La fin du monde dure 30 minutes rejoint, par des routes fort différentes, le n°3 de « La vie privée des œuvres » (Situation explosive ! de François Coadou) sur le terrain de la création engagée dans les troubles de son époque.

Camille Paulhan est historienne de l’art et critique d’art. Sa thèse de doctorat a été consacrée au périssable dans l’art des années 1960-1970. Elle enseigne à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon.

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Sandeep Bakshi / Frontières queer / éditions Ròt-Bò-Krik / Rencontre

Jeudi 15 octobre à 19h30, rencontre avec Sandeep Bakshi, animée par Zaid du collectif sud-asiatique/Brown antiraciste

Le queer est-il seulement occidental ? Conçu au cœur même des Empires, son lexique est-il utile loin des métropoles et logiques coloniales ? Dans cet ouvrage, Sandeep Bakshi remet en question les généalogies admises du queer pour échapper aux instrumentalisations et aux normalisations dont il est l’objet.
Partant de pratiques et d’analyses des Suds, ce livre montre que, si les études et le militantisme queer ont produit des formes de pensée radicales, elles ne sont pas immunisées contre les a priori culturels, sociaux et raciaux. Le queer, lui aussi, a sa colonialité. Dès lors, c’est en adoptant une perspective décoloniale que le queer retrouvera toute la vigueur de son insurrection initiale, pour semer à nouveau le trouble.

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Mathieu Potte-Bonneville & Morvandiau / Foucault, vies parallèles / Delcourt / Rencontre

Mercredi 14 octobre à 19h30

Rencontre avec les auteurs animée par Arnaud Gonzague, rédacteur en chef du hors-série du Nouvel Observateur consacré à Foucault.

Michel Foucault a fait entrer l’histoire de la folie dans l’histoire de la philosophie, a contribué à changer le regard sur le pouvoir et la sexualité : des portes de prisons au Collège de France, des énigmes du savoir au mouvement LGBT, partez à la découverte des mille vies du philosophe le plus cité au monde.

Étudiant tourmenté, icône de la philosophie contemporaine, militant avec les détenus, professeur au Collège de France : combien d’existences traversent celle de Michel Foucault, dont l’œuvre savante et engagée résonne aujourd’hui de l’activisme queer aux mutations des sciences humaines ? Tressant ensemble sa vie et son œuvre, cette biographie intellectuelle permet de comprendre, voyager avec ses idées et ébranler nos certitudes.

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Benoît Jacques / Little did I know / Le Tripode / Rencontre

Samedi 10 octobre à 19h30

Aux côtés du capitaine Ça et du Commodore Jean-Jacques Trousseau (ou Surmoi), embarquez dans un voyage délirant pour retrouver leur Moi. Vous croiserez Lucy l’australopithèque, Victor Hugo ou même un éléphant qui parle… De personnages improbables en changements de décor intempestifs, d’épisodes à l’absurdité stratosphérique en passages d’une surprenante profondeur, nous voilà projetés dans la fabuleuse aventure de l’œuvre en train de se faire.

Écrit et dessiné sur près de dix ans, Little Did I Know est le journal de bord dans lequel le créateur, parti à la recherche de lui-même, a consigné ses doutes, ses désirs, ses fantasmes et ses instants d’épiphanie comme autant de virages et d’escales sur la route de la création.

Benoît Jacques est né à Bruxelles en 1958 et a vécu en Angleterre une dizaine d’années. Enfant, il réalise son propre journal, Le Début, rédigé et illustré sous le pseudonyme « Jojo La Plume ». Il fonde en 1989 sa propre maison d’édition indépendante Benoît Jacques Books, à travers laquelle il publie une cinquantaine d’ouvrages. Benoît Jacques a collaboré avec plusieurs éditeurs autour d’une douzaine d’ouvrages, dont L’École des loisirs et L’Association. Récompensé du Baobab de l’album en 2008 pour La Nuit du visiteur et du Grand Prix triennal de littérature de jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2012, il a reçu, en décembre 2025, le prix de la Grande Ourse, décerné au SLPJ (Montreuil) pour son œuvre. Son art est fait de liberté et de jeu, et se déploie dans un dialogue jubilatoire entre mots et dessins. 

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Gaëlle Guillou / Alcool Résistance / édition du commun / Rencontre

Jeudi 08 octobre à 19h30

Gaëlle Guillou sera l’invitée de la librairie le jeudi 8 octobre à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Alcool Résistance – Pour une critique socio-politique de la culture de l’alcool » aux éditions du commun.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

Si l’addiction à l’alcool est un problème identifié, on parle peu des problèmes sociaux, politiques, communautaires qui s’ajoutent aux problématiques de santé. L’alcool mérite la même critique sociale, sociologique, éthique que les autres pratiques collectives. L’autrice analyse la consommation d’alcool au regard des oppressions coloniales, capitalistes et de genre, pour comprendre le rôle que l’alcool joue dans le processus de minorisation de certaines tranches de la population. Elle s’attache a cartographier l’impact que l’alcool a dans nos vies les plus intimes pour dessiner en toile de fond une réappropriation de la sobriété comme une possibilité joyeuse face aux ambivalences de l’alcool.

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Enzo Traverso / Survivances de la révolte / éditions La Découverte / Rencontre

Mercredi 7 octobre à 19h30

Enzo Traverso sera l’invité de la librairie le mercredi 7 octobre à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Survivances de la révolte » aux éditions La Découverte.

La rencontre sera animée par Pierre Tenne.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

Un ouvrage qui traite d’un phénomène fondamental dans l’espace public, politique et médiatique, mais dont l’importance et les conséquences sont sous-estimées : celui des conflits de mémoire, de leurs modalités et de leur influence sur les mouvements sociaux et les antagonismes idéologiques et politiques.
Comme il y a une dialectique de la raison, il y a une dialectique de la mémoire qui métamorphose le souvenir de la révolte en culte de l’ordre, les anniversaires des révolutions en défilés militaires, l’héritage de l’Holocauste en légitimation d’un État génocidaire ; ainsi s’affrontent les romans nationaux et la tradition des vaincus, le culte des héros et les traces laissées par les sans-nom, les monuments et les remémorations dissidentes. Face aux mémoires figées, passives et réactionnaires, qui semblent aujourd’hui dominer, les révoltes du passé sont des legs vivants à réactiver pour façonner notre présent.

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Benedikte Zitouni / Résister dans les milieux ravagés / éditions Météores / Rencontre

Vendredi 2 octobre à 19h30, rencontre avec Benedikte Zitouni

Ce recueil de Benedikte Zitouni, sociologue, regroupe des textes à la fois militants et universitaires. Il propose des manières de pratiquer l’enquête « avec » des terrains, de façon située, visant à hériter des luttes des personnes concernées et à sortir du commentaire surplombant prétendument « neutre ». Ces enquêtes s’intéressent aux archives des Young Lords, aux luttes écoféministes, ou encore au religieux dans l’activisme politique. Contre la destruction de nos modes d’habiter, en discussion avec Stengers, Latour, Starhawk, Federici ou Fanon, ces textes produisent une intelligence critique qui importe les luttes au présent, sans réduire les enjeux à de vagues concepts tout-terrains.