Mardi 17 mars à 19h30, rencontre animée par Florian Caschera
« J’étais le dernier homme debout, au comptoir du Mar Cantabrico, le dernier gogol à tenir encore sur ses jambes quand tout avait chaviré. Le patron avait baissé le rideau, j’étais encore en train de gueuler, de m’engueuler moi-même, peut-être, c’est possible, mais enfin, le noir était tombé, et j’étais dedans. Le patron avait débloqué un battant, au bout du comptoir, il m’avait poussé dans l’escalier, j’avais attrapé ce manteau au passage. Le temps que je cherche à enfiler mes manches, que je me prenne les pieds dedans, que je réalise qu’il n’était pas à mes mesures, le panneau s’était refermé, je ne pouvais plus remonter. »
Christophe Granger sera l’invité de la librairie le mercredi 11 mars à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Ceci est un canular – Les Poldèves, l’extrême droite et la politique du faux » aux éditions La Découverte.
Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :
Ce livre part d’un canular et choisit de le prendre au sérieux. En mars 1929, une lettre parvient à la Chambre des députés. Elle décrit le sort d’un peuple lointain, les Poldèves, victimes d’esclavage, de supplices et de famine, et appelle les élus français à intervenir. Plusieurs députés de gauche, au nom de la justice et de l’humanité, relayent l’alerte. Un mois plus tard, la supercherie est révélée : les Poldèves n’existent pas. Ils ont été inventés par l’Action française pour tourner en dérision les engagements humanitaires de leurs adversaires politiques. En revenant sur cet épisode oublié, le livre interroge moins la naïveté de ceux qui se sont laissé prendre que les ressorts politiques d’un scandale fabriqué par l’extrême droite – et ce qu’il dit, hier comme aujourd’hui, du faux et de ses usages en politique.
Mardi 10 mars à 19h30, rencontre animée par Feya Dervitsiotis
Anne Serre est arrivée à Paris à dix-sept ans en 1977 pour y faire ses études. C’est à ce moment-là qu’elle a commencé à écrire et à tenir ses carnets.
Il ne s’agit pas d’un journal. Depuis le début, elle note le même genre de choses : des bribes de rêves, le bref récit de détails lus, vus ou entendus, qui, pour des raisons obscures, l’ont particulièrement frappée, des observations à propos de films, des questions, des réflexions, des perceptions… qui concernent souvent l’art et la littérature, mais bien autant l’existence, et en particulier le rapport à autrui.
Rien n’est fait dans un but précis qui serait celui de la « préparation d’un roman ». Ces carnets constituent pourtant son « atelier », dans le sens où ce qu’elle remarque et ce sur quoi elle s’interroge obstinément, se retrouve souvent, ici et là, sous forme de fiction, dans le livre qui sera écrit quelques années après la rédaction des notes.
2002, date à laquelle débutent ces carnets, a constitué une année charnière pour Anne Serre : elle sort alors d’un certain retrait pour s’exposer davantage en publiant chez des éditeurs plus importants, comme le Mercure de France. Ces notes n’ont pas été retouchées (ou seulement pour préciser une référence), mais beaucoup ont été supprimées. Une sorte d’obstination les caractérise : celle d’une écrivaine à saisir l’énigme de la création, l’énigme de l’existence dans toute son étrangeté.
Bérénice Hamidi et Gaëlle Marti seront les invitées de la librairie le vendredi 6 mars à 19h30 à l’occasion de la sortie du nouvel ouvrage qu’elles ont dirigé « Faire face aux violences sexistes et sexuelles » aux éditions des Presses Universitaires de Vincennes. Ce sera également l’occasion de présenter l’ouvrage « Le viol, notre culture » de Bérénice Hamidi, paru l’année dernière aux éditions du Croquant.
Présentation des ouvrages par la maison d’édition :
Faire face aux violences sexistes et sexuelles :
Un livre essentiel, à la fois témoignage et guide, qui dévoile le continuum des violences sexistes et sexuelles. En croisant les voix de chercheur·es, expert·es, artistes et personnes concernées, il ouvre des pistes concrètes pour comprendre, prévenir et agir collectivement. Les violences sexistes et sexuelles ne sont pas l’exception. Elles sont la règle cachée. De la « blague » humiliante aux féminicides, elles forment un continuum soutenu par nos institutions, nos imaginaires et nos silences. Elles touchent toutes les sphères de nos existences – famille, école, travail, culture, etc. Et détruisent des millions de vies. Tant que nous continuerons à les considérer comme des faits divers isolés et non comme une réalité structurelle et protéiforme, les choses ne changeront pas. Chercheur·es, militant·es, professionnel·les de la justice et du soin, artistes et personnes concernées croisent ici leurs regards et leurs voix, pour comprendre les mécanismes de ces violences et ouvrir des pistes pour changer les représentations et repenser les prises en charge : trouver les mots, construire de nouveaux récits, changer les lois, repenser les dispositifs judiciaires et thérapeutiques, imaginer d’autres formes de justice, de prévention et de réparation. Car apprendre à voir et à dire ces violences, briser la culture de l’aveuglement et de l’excuse, interroger le rôle clé des témoins et les enjeux de l’impunité massive des agresseurs, ne peut être qu’un effort collectif.
Le viol notre culture :
Depuis #Metoo, une expression a émergé dans le débat public : culture du viol. Souvent mal comprise, elle ne signifie pas que nous vivons dans une société pro-viol. Elle désigne l’ensemble des représentations stéréotypées qui, tout en dénonçant le viol, invisibilisent, normalisent et érotisent des formes de violences dans les rapports sexuels et les relations hommes/femmes. Or, les productions culturelles jouent un rôle non négligeable dans la diffusion de ces représentations. Cet essai interroge donc le rôle des œuvres – toutes les œuvres, les grands classiques comme la pop culture – et explore les diverses stratégies esthétiques, explicites et implicites, qui façonnent nos imaginaires, nos regards et nos désirs. Pour sortir du déni, avec la conviction que de nouveaux modèles de relations sexuelles et affectives sont possibles.
Ninon vit avec ses parents dans un pavillon en région parisienne. Avec Eva, son amie de toujours, elles sont à l’âge où on fait le mur pour aller en soirée et où la réputation des filles se joue à action ou vérité. Sa grande soeur, Judith, a déjà quitté le nid familial. Le jour, elle supporte tant bien que mal son travail de vendeuse dans un magasin bio. Le soir, elle tente d’échapper à sa voisine dépressive et à ses angoisses en se défonçant avec son petit ami Charlie, rappeur de pacotille. Cora, la mère des deux soeurs, essaie, quant à elle, de rallumer la flamme avec Arthur, leur père, tandis que lui s’accroche aux souvenirs de sa jeunesse rock’n’roll.
Dans ce récit choral, l’autrice de Roxane vend ses culottes saisit à un tournant de leur vie une galerie de personnages en quête d’amour et de reconnaissance. Toujours au bord du précipice, qu’ils soient possédés par un ver solitaire ou hantés par un nude, trahis par des huîtres douteuses ou par un barbecue vengeur, leurs péripéties s’entremêlent et s’enchaînent avec frénésie.
Avec son noir et blanc tranché et son humour trash, Maybelline Skvortzoff nous tient en haleine et nous fait passer de l’hilarité au malaise, de la compassion à la sidération. D’actions grotesques en rebondissements tragiques, elle porte un regard à la fois cru et tendre sur ces personnages, aux prises avec leurs addictions et leurs désirs inavouables.
Mercredi 04 mars à 19h30, rencontre avec Maxime Cervulle et Gianfranco Rebucini
Dans le monde de l’après-11 Septembre, l’idéologie du « choc des civilisations » se combine à celle d’un « choc des sexualités ». Nous aurions d’un côté le monde occidental, tolérant et libéral, de l’autre le monde musulman, sexiste et homophobe.
Une part non négligeable du mouvement gay états-unien, en quête d’intégration et de respectabilité, s’est ainsi engagée sur la voie d’une normalisation « homonationaliste » et soutient les guerres « contre le terrorisme ». Parallèlement, la réception américaine des images de torture d’Abu Ghraib met en évidence les difficultés du féminisme et de la pensée queer à penser les questions de race et d’impérialisme.
C’est à l’analyse de cette intrication complexe entre politique des sexualités et projets impérialistes occidentaux, qui fait pendant à la question de l’instrumentalisation du discours féministe par des politiques racistes et impérialistes, qu’est consacré Homonationalisme.
Jasbir K. Puar est professeure au département de Women’s & Gender Studies de l’université de Rutgers. Ses recherches visent à articuler les questions relatives au genre et aux sexualités avec une perspective postcoloniale.
Préface de Gianfranco Rebucini. Traduction de Maxime Cervulle.
Une performance inédite faite de lectures, d’extraits sonores et de causeries, quelque part entre la conférence de presse théâtralisée, la séance d’écoute, l’auto-interwiew et la liturgie portative ! Oui !
Mais qu’est-ce que c’est que ça : Modestine ?
Hein ?
Alors (voix docte) :
« Modestine est un patelin mental hanté par :
-Victor Rassov (poète hérmético-burlesque , auteur de L’oiseux et de Morosités, des livres)
– Sing Sing (bien connu des services du Monte-en-l’air pour y avoir fomenté moult soirées de parlure et par ailleurs membre du duo Arlt).
De ce patelin mental où matières terreuses (voire boueuses voire collantes) abondent au milieu des abstractions et autres concepts volatiles, il est question tout au long de l’album Grand dommage (une cassette remplie de chansons poignantes, de micro-tubes étranges et sexy, de collages sonores ultra-bruts et de fanfares colorées).
Au programme : la Nième surprise de l’amour, le mystère des légumes, les probabilités du diable, les lueurs, le gligli.
De ce patelin mental il est question tout autant dans Peur bien, roman choral un peu zutique, un peu paysan, écrit à deux et constitué de proses interrompues, feuilletons versifiées, ruminations théologiques zinzins, rumeurs SF, métaphysique carnavalesque, lyrisme comique, trous.
Les textes sont rythmés par les céramiques convulsives de Mariette Cousty : ce sont des arrosoirs en pierre qui penche, des calvaires aux couleurs d’amygdales, des épis de faitage de cartoon. Tout un art vernaculaire dont on pourrait dire qu’il a franchement mal tourné.
Les lecteurs de Peur bien l’ont comparé qui à Guiraudie ou au Dumont de Ptit Quinquin, qui à la genèse et à Twin Peaks, à l’Apocalypse et au Cadavre Grand m’a raconté d’Ivar Ch’vavar ».
Hé ben !
Venez y voir pour mieux vous rendre compte en vrai !
Ce sera mystérieux, déroutant, excitant, y’aura des gros mots et des miracles !
Dans la famille des amours impossibles je demande le berger et le loup… Bonne pioche ! Pour le cinquième volume de la collection Bédé cœur, Eric Schwarz joue la carte de la fable pastorale : Un jeune pâtre tombe sous le charme d’un loup terriblement séduisant et s’attire les foudres de sa famille, un patriarche et ses deux fils fermement opposés à cette union contre-nature. Mais l’amour peut déplacer des montagnes et pour vivre libre il faut parfois quitter le troupeau ou du moins ce qu’il en reste, son amant a les dents longues et un fort bel appétit.
Bien plus qu’une histoire d’amour, Wolf Moon est une ode à la liberté, un hurlement qui vient du fond du cœur.
Lorsque Eric Schwarz marche dans les pas de Shakespeare ça laisse des traces, particulièrement dans la neige. Cette étoile montante de la bande dessinée allemande nous entraîne sur les pentes escarpées des Alpes Bavaroises et nous offre une histoire d’amour fragile comme une Edelweiss. S’il travaille régulièrement avec le New York Times, enseigne à la prestigieuse HBKsaar, expose à Berlin, Paris, New York ou Minorque, son talent pour la bande dessinée est aussi éclatant qu’un clair de lune.
Le vendredi 27 février à 19h30 – Rencontre autour des livres Un pieu à soi (Ivan Berquiez), La nuit je suis Buffy Summers (Chloé Delaume) et La révolte à coup de pieu (Marion Olité)
En cette période où nous avons bien besoin de lutte contre les forces du mal, rendez-vous le 27 février à 19h30 pour une soirée autour de Buffy contre les vampires en compagnie d’Ivan Berquiez, Chloé Delaume et Marion Olité. Parce que Buffy contre les vampires a toujours plein de choses à raconter, nous vous invitons à venir les entendre parler de leurs livres Un pieu à soi, La nuit je suis Buffy summers et Buffy ou la révolte à coups de pieu. Trois textes qui revisitent et tirent les fils de cet univers.
Un pieu à soi, Ivan Berquiez, Éditions de la variation En faisant se rencontrer Virginia Woolf et l’univers de Buffy contre les vampires, Ivan Berquiez vise à participer à une relecture féministe et queer de la biographie de l’écrivaine britannique, en repensant l’impact que sa bisexualité, sa maladie mentale ou encore son vécu de violences incestueuses ont eu sur sa vie et son œuvre.
La nuit je suis Buffy Summers, Chloé Delaume, Éditions Jou: Roman interactif s’inspirant des traditionnels livres dont vous êtes le héros, La nuit je suis Buffy Summers mêle fan-fiction et détournements littéraires. Édité par les éditions ère en 2008.
L’hôpital psychiatrique dans lequel vous séjournez est en proie à l’agitation. Vos voisins de cellule sont fébriles, le personnel soignant tendu ; les rumeurs se répandent, les incidents se multiplient. Vous ne voyez pas le rapport entre le trafic d’organes orchestré par l’infirmière en chef et la dénommée Buffy Summers aka la Tueuse, héroïne de série télévisée. Pourtant vous allez devoir enquêter, survivre, et peut-être même sauver le monde. Enfin si vous êtes prêt à jouer.
Buffy ou la révolte à coup de pieu, éditions Playlist society ou éditions Leduc pop culture : Buffy Summers est devenue un symbole de réappropriation du pouvoir par les femmes. Au-delà de cette figure féminine puissante, la série revalorise les bienfaits du collectif dans notre société individualiste en crise. Buffy ou la révolte à coups de pieu explore les différentes facettes d’une série unique, qui offre des pistes de réflexion pour mieux vivre ensemble, et peut-être même sauver le monde.