Mercredi 04 mars à 19h30, rencontre avec Maxime Cervulle et Gianfranco Rebucini
Dans le monde de l’après-11 Septembre, l’idéologie du « choc des civilisations » se combine à celle d’un « choc des sexualités ». Nous aurions d’un côté le monde occidental, tolérant et libéral, de l’autre le monde musulman, sexiste et homophobe.
Une part non négligeable du mouvement gay états-unien, en quête d’intégration et de respectabilité, s’est ainsi engagée sur la voie d’une normalisation « homonationaliste » et soutient les guerres « contre le terrorisme ». Parallèlement, la réception américaine des images de torture d’Abu Ghraib met en évidence les difficultés du féminisme et de la pensée queer à penser les questions de race et d’impérialisme.
C’est à l’analyse de cette intrication complexe entre politique des sexualités et projets impérialistes occidentaux, qui fait pendant à la question de l’instrumentalisation du discours féministe par des politiques racistes et impérialistes, qu’est consacré Homonationalisme.
Jasbir K. Puar est professeure au département de Women’s & Gender Studies de l’université de Rutgers. Ses recherches visent à articuler les questions relatives au genre et aux sexualités avec une perspective postcoloniale.
Préface de Gianfranco Rebucini. Traduction de Maxime Cervulle.
Jeudi 19 février à 19h30, rencontre avec Louisa Yousfi
Une famille de l’immigration algérienne part enterrer le père au pays. Au cours de ce voyage, perturbé par des apparitions, quelque chose se décante : le secret des peuples que l’exil échoue à faire oublier.
La grande méthode explore la couture délicate entre le monde visible et les mondes invisibles qui persévèrent dans l’ombre et habitent encore les esprits « occidentés ».
Louisa Yousfi est journaliste et écrivaine. Elle a été pensionnaire de la Villa Médicis (2024-2025). Elle est l’autrice de Rester barbare (La fabrique, 2022).
Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre seront les invités de la librairie le mercredi 18 février à 19h30 à l’occasion de la sortie du nouvel ouvrage qu’ils ont dirigé : Mondes postcapitalistes aux éditions la Découverte.
Seront présent.es plusieurs contributeur.ices de l’ouvrage.
La rencontre sera animée par Pierre Tenne de la revue A bas bruit.
Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :
Coordonné par Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre, cet ouvrage réunit près de 80 auteurs et autrices pour élaborer les voies d’une civilisation postcapitaliste. Abécédaire critique et pratique, manifeste polyphonique, il met entre toutes les mains une boîte à outils pour ouvrir des possibles, nourrir les luttes et inventer d’autres manières d’habiter la Terre.
Moi, Franky, drogué, prostitué, directeur du festival de la bédé, Felder et Kahttou
Franky Baloney, éternel loser du 9e art, est en fin de carrière lorsqu’on lui offre l’occasion de diriger l’un des plus grands festivals de BD du monde. Ce qui s’annonçait comme un nirvana va se transformer rapidement en enfer. Toutes ses brillantes et astucieuses idées se retrouvent (littéralement) aux toilettes, les budgets sont ridiculement riquiqui, toute la profession déteste l’événement, une pandémie mondiale pointe le bout de son nez… et, surtout, son patron monsieur Bondox lui coupe les ailes et le sifflet à longueur de journée. Tout cela finira mal ? Bien sûr que non… Ce sera pire que ça ! Fort de sa brève mais authentique expérience de directeur artistique d’un festival jamais cité, mais que l’on reconnaîtra sans peine, Frédéric Felder, alias Franky Baloney, épaulé par Bernard Khattou, nous livre une réjouissante pantalonnade, teintée à l’humour noir, qui va en rhabiller plus d’un pour l’hiver. Cette visite guidée des coulisses, où la consternation le dispute au burlesque, nous permet aussi de mieux comprendre pourquoi ce festival incontournable vient d’exploser, bêtement, en plein vol. Après les collections «BDcul» et «Bédé cœur», voici «BD Vengeance» ! Et on ne pouvait pas rêver mieux pour l’inaugurer que cette satire au vitriol. Amateurs de fiel et de rire sauvage, jetez-vous sur ce futur collector dont l’engouement dépassera rapidement le cercle du 9e art.
Une exploration de la richesse de l’art narratif de la bande dessinée à travers la polysémie de la case noire, procédé récurrent ici réagencé par l’artiste en un vaste récit collectif, transtemporel et transgéographique.
Ilan Manouach poursuit avec Tarwar le projet initié avec son Abrégé de bande dessinée franco-belge, mais élargit sa portée pour explorer la bande dessinée mondiale. En exploitant les technologies de vision par ordinateur pour étudier des milliers de bandes dessinées de diverses cultures, Tarwar se concentre sur un élément visuel récurrent : la case noire. Ces éléments emblématiques, découverts dans des bandes dessinées à travers les genres, les régions et les contextes culturels du monde entier, incitent à la réflexion et signifient des pauses narratives, suggérant souvent des moments d’introspection et de suspense. Embrassant l’universalité de ce motif, Tarwar, entièrement composé de cases noires, révèle la manière dont la bande dessinée sert de langage partagé qui transcende les frontières géographiques, culturelles et stylistiques, créant une expérience narrative collective dans un monde globalisé.
Jurassik Reich, Félix Kerjean
Conçu comme un simple journal de campagne, « Jurassik Reich » nous plonge au cœur de la bataille du Jurassique. Guerre longtemps oubliée, vue trop souvent comme un massacre de dinosaures par des soldats nazis, l’auteur nous propose un regard plein d’humanité envers ces hommes et ces femmes qui ont combattu des monstres antédiluviens. Ce récit en couleurs nous dépeint également les travers d’une guerre, qui comme tous les conflits nous amène son lot de cruauté et de crimes sexuels ; mais aussi des petits moments qui font le quotidien d’un soldat, où le temps est suspendu et les distractions salvatrices.
Félix Kerjean, aux traits évoquant un Willem haut en couleurs, met en scène par des scénettes un combat des plus grands « méchants » que la Terre ait porté, sans se priver d’y mêler barbarie et instants grotesques, références artistiques et sadisme, humanité et inhumanité.
Vendredi 13 février à 19 heures lancement apéro dédicaces avec Camille Victorine et Anna Wanda Gogusey !
Polly peut tout : un livre à offrir à toustes les ados de votre entourage !
Présentation de l’éditeur : Polly est une préado parfaite. Polly est souriante, Polly est polie, Polly est gaie et tourbillonnante, mais Polly perd sa joie quand un vieux monsieur l’agresse dans le bus. Heureusement, sa grande sœur partage avec elle un secret bien gardé et lui ouvre les portes d’un autre monde. Un monde dans lequel tout est possible, un monde où Polly n’a pas besoin d’être polie et où elle peut se défouler autant que se réparer. Une BD délirante et jubilatoire, qui engage le dialogue sur le sujet des agressions et offre des réponses peu académiques, mais toujours joyeuses, pour faire face et se sentir mieux.
Camille Victorine est productrice, performeuse, agente d’artistes et autrice. Anna Wanda Gogusey est illustratrice et tatoueuse. Elle travaille pour l’édition, la presse, des institutions culturelles et des festivals.
Rencontre avec Christelle Taraud et Emmanuelle Walter jeudi 12 février à 19h30.
Les Filles-au-Diable : Retrouver les « sorcières » de Steilneset (1620-2022) :
En 1621, Anne Lauritsdatter est exécutée en tant que » sorcière » aux côtés de douze autres femmes, à Steilneset. En 2011, la Norvège érige un Mémorial dédié à toutes celles qui ont été brûlées vives, durant le XVIIe siècle, dans cette région du Finnmark. Celui-ci vise à éclairer le fait que ces femmes n’étaient pas des » sorcières » mais des victimes d’une persécution misogyne et d’un crime de masse aujourd’hui nommés féminicide. En 2022, Christelle Taraud se rend dans ce lieu si symbolique des violences systémiques contre les femmes et fait l’expérience sensible du souvenir de ces exécutions. Pensé comme un laboratoire scientifique, politique et littéraire, Les Filles-au-Diable suit les traces des » sorcières » de Steilneset en racontant l’histoire singulière d’un lieu au travers des expériences croisées de deux femmes : l’une, Norvégienne, venue du passé, l’autre, Française, vivant aujourd’hui. Dans la longue trame du temps qui se dessine entre 1620 et 2022, d’autres territoires (Irak, Mexique, Canada, Ghana, Rwanda, Cambodge…) ayant connu des épisodes féminicidaires paroxystiques sont convoqués. Entre récit historique, analyse politique et déambulation poétique, les parcours s’entrelacent, les voix s’entrechoquent, les récits s’enchevêtrent. Émerge alors une autre histoire des chasses aux » sorcières « , qui fait écho à des situations très contemporaines de haine contre les femmes un peu partout dans le monde
Sœurs volées : Enquête sur un féminicide au Canada :
Depuis 1980, près de 1 200 Amérindiennes canadiennes ont été assassinées ou ont disparu dans une indifférence quasi totale. Proportionnellement, ce chiffre officiel et scandaleux équivaut à 55 000 femmes françaises ou 7 000 Québécoises. Dans ce récit bouleversant écrit au terme d’une longue enquête, Emmanuelle Walter donne chair aux statistiques et raconte l’histoire de deux adolescentes, Maisy Odjick et Shannon Alexander. Originaires de l’ouest du Québec, elles sont portées disparues depuis septembre 2008.
D’abord paru en 2014, l’ouvrage a eu une grande résonance au Québec à sa sortie, au point de participer à lancer une enquête parlementaire sur la question de la disparition de filles autochtones. Cette nouvelle édition est augmentée d’un texte revenant sur les dix dernières années, et encadrée par une préface de Christelle Taraud.
Meriem Laribi sera l’invitée de la librairie, le mercredi 11 février à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Palestine, le droit à l’existence » aux éditions Critiques.
Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :
Dans cet essai percutant, Meriem Laribi démonte la fiction de la « solution à deux États », pilier du discours occidental sur la Palestine. Présentée comme voie de paix, elle masque un ordre colonial imposé sur le terrain. L’auteure retrace l’histoire de la dépossession palestinienne, de la création d’Israël à l’offensive actuelle d’annexion et d’effacement. Elle démonte la rhétorique qui justifie les crimes d’Israël et interroge l’adhésion européenne au projet sioniste, entre culpabilité historique et racisme envers les peuples arabes. Cet essai appelle à écouter ceux qu’on n’entend jamais : les Palestiniens, dans toute leur pluralité – musulmans, chrétiens, juifs et autres.
Secrètement installée dans une base spatiale oubliée, une équipe s’attelle à un ultime projet avant l’effondrement qui s’annonce. Elles sont quatre : Claudia, ex-astronaute ; Kae, high-technicienne anarchiste ; Ruth-Lee, paléobotaniste ; et Denisova, journaliste en exil. Avec l’aide de Memory Palace, intelligence artificielle aux intentions insondables, elles s’apprêtent à encapsuler la mémoire de la Terre et propulser ces archives vers les étoiles, dans l’espoir qu’un jour quelqu’un les découvre et les lise. Mais le compte à rebours est lancé et la fin est imminente. L’arrivée de Nowy, jeune rebelle et hackeuse prodige, risque de bouleverser leur mission. Parviendront-elles à la mener à son terme ? Quelle trace de l’humanité laisseront-elles ?
Avec ce premier roman à l’écriture magnétique et aux accents cyberpunk, Léa Cuenin signe une méditation poignante sur notre avenir.
Gwenola Ricordeau sera l’invitée de la librairie le vendredi 6 février à 19h30 pour présenter son nouvel ouvrage : « Tant qu’il y aura des prisons » aux éditions Le Passager Clandestin.
La rencontre sera animée par Pierre Tenne.
Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :
Avec ce nouveau livre, Gwenola Ricordeau s’adresse à celles et ceux qui pressentent que «la prison n’est pas la solution», mais manquent de repères pour formuler une critique construite. Son texte propose une critique radicale, mais accessible de l’institution carcérale, en déconstruisant ses fonctions présumées (punir, dissuader, réhabiliter, neutraliser), tout en montrant qu’elle produit plus de souffrance et d’injustices qu’elle n’en répare. À travers une analyse claire et rigoureuse, ainsi que des exemples concrets, l’autrice y expose les effets destructeurs de la prison sur les personnes incarcérées, leurs proches et la société dans son ensemble, et montre comment cette institution sert les intérêts d’un ordre capitaliste, raciste et patriarcal.
Léa Nicolas-Teboul sera l’invitée de la librairie le jeudi 5 février à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Résistances surréalistes – Claude Cahun et la Main à plume » aux éditions Terres de Feu.
Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :
Années 1930-1940 : les surréalistes rejoignent la lutte antifasciste. Ni « femme de », ni muse, ni amante, Claude Cahun discute d’égale à égale avec les figures du mouvement. Sa présence, flamboyante et déroutante, sème le trouble. Pendant l’Occupation, l’île de Jersey sera le théâtre d’opérations d’un mystérieux « Soldat sans nom », derrière lequel on trouvera le couple lesbien Cahun-Moore et leurs activités de contre-propagande poétique. Autour d’un parcours iconographique, l’ouvrage retrace une autre résistance à l’occupant nazi, celle de La Main à Plume, revue et collectif atypiques, qui partage aussi ces formes d’action et de création collective, sans cloisonner ce qui est vécu, performé et défendu.