Mardi 13 janvier à 19h30, rencontre avec Salomé Botella animée par Nina Ferrer-Gleize

On plante, on bêche,
on fait des tas, on fend une bûche,
on roule une pâte.
Salomé Botella rassemble ces gestes du quotidien, ces souvenirs de l’enfance, et dresse le portrait de son adolescence rurale dans un premier roman lucide et tendre, à la forme brève, empreint de l’oralité chère à la campagne où elle grandit.
Pas si tant, c’est l’histoire universelle d’une enfance qu’on quitte, avec ses images, ses lieux et ses personnages. C’est surtout la voix d’une génération, qu’on ne lit pas souvent, qui porte les traces d’histoires et de gestes transmis, et qui s’attarde à mettre en récit ces espaces, leurs façons de dire et leurs façons de faire.
///
« Ils (les paysans) n’ont d’autres choix que de reprendre à leur compte la définition (dans sa
version la moins défavorable) qui leur est imposée ou de se définir en réaction
contre elle » – Nina Ferrer Gleize, L’Agriculture comme écriture
La représentation de la ruralité est parfois prise dans une simplification constante : de l’archétype du vide et de l’ennui, à celui du « beauf », du rustre, en passant nécessairement par l’agriculture, avec tous les fantasmes qui s’y rapportent. La littérature elle-même peine à s’en défaire. Comme s’il manquait à la campagne des imaginaires alternatifs qui permettraient à ceux qui y vivent ou qui en viennent de se retrouver dans des récits qui sont les leurs.
Le tableau de Rosa Bonheur, Jeune taureau sautant la barrière, que l’on retrouve en couverture du livre, ne dit pas autre chose. Cette image qui reflète la liberté avec laquelle la peintre traite son sujet contraste avec l’imagerie du XIXe siècle, qui, en figurant la paysannerie dans l’effort, semble réduire la ruralité au travail de la terre.
Salomé Botella :
Née en 2001 et originaire de la Creuse, Salomé Botella est diplômée des Beaux-Arts de Paris, elle est lauréate du Prix agnès b. des Amis des Beaux-Arts de Paris 2025. Elle se consacre principalement à la sculpture et à l’écriture, Pas si tant est son premier roman.
Son œuvre fait appel à un imaginaire rural dans lequel l’artisanat, le travail de la terre et la matière occupent une place particulière.