Jeudi 11 septembre à 19h30, rencontre avec Laurent Mauvignier animée par Cécile Dazord
En 1976, mon père a rouvert la maison qu’il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans. À l’intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d’honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux. Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d’elles. Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J’ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.
Mardi 9 septembre à 19h30, rencontre avec Chloé Delaume animée par Marilyne Heck
Parce qu’elle a laissé ses amies organiser leur escapade durant ce week-end de trois jours, Clotilde se retrouve dans une ville qu’elle avait rayée de la carte. Ici, il y a vingt ans, elle a vécu avec Monsieur, un homme qui fit d’elle sa Madame sous prétexte de lui faire du bien. C’est ainsi que Clotilde se dépouilla d’elle-même, jusqu’à devenir un simple objet, mais un objet d’amour.
De son assujettissement d’alors, Clotilde a encore honte, et elle a beaucoup de mal à se découdre la bouche pour reconnaître les faits. La preuve : ni Adélaïde, ni Judith, ni Bérangère, ni Hermeline ne connaissent cette histoire, et aucune ne se doute qu’à deux rues de leur location, dans son immense maison, habite toujours Monsieur.
Clotilde se demande si libérer sa parole pourrait aider la honte à enfin changer de camp.
Samedi 6 septembre à 18h30, signature d’Aurélie William Levaux suivi d’un concert avec Baptiste Brunello
Aurélie William Levaux / Mes pieds dans le plat
Dans la lignée de La Poutre de mon œil, Le jour de travail et Les Nouveaux Ordres, Aurélie William Levaux continue de pousser ses coups de gueule. Fustigeant les réseaux sociaux, l’IA, les GAFAM, les méga-serveurs, et toute forme d’industrie néfaste à l’âme humaine, elle s’arme de ses outils préférés : l’encre et le papier. Il ne manquerait plus que la machine lui vole ses textes ! Et quand on sait à quel point écrire lui est vital, on comprend qu’Aurélie s’y oppose vaillamment.
Habitée par le désir de brûler tour à tour les puissants et les suiveurs, les artistes et les poseurs, les flics et les patrons, Aurélie scrute ses semblables, auxquels elle croit de moins en moins. Pourtant, son écriture rageuse ne cache-t-elle pas son désir de sauver le monde ? En résistance, elle n’hésite pas à mettre ses pieds dans le plat !
Corentin Garrido / Le Bonheur
Quand Jan, simple mortel tombe amoureux de Guerre, l’un des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, on pourrait s’attendre au pire. Et pourtant… Dans un monde de désolation où toute trace de vie à disparu, prend forme la plus douce et paisible des histoires d’amour. Au coeur d’un univers aux limites inconnues, deux amants partent à la découverte de leur intimité naissante, comme une graine qu’on plante et qui s’épanouit loin du tumulte. De la destruction à la renaissance, l’amour vécu pleinement réhabilite tout et apaise pour l’éternité. Corentin Garrido nous a déjà montré sa virtuosité dans Astroboy (La 5e Couche) et Tout va bien (Fidèle). Avec Le Bonheur, il nous fait découvrir des talents dignes d’un sculpteur de la renaissance… On pourrait presque toucher les corps de ses personnages tant la chair est incarnée ! Mais les références de ce récit fantastique sont bien contemporaines et se situent plus autour de la série Twilight ou de Colourful days de Gengoroh Tagame. À travers cette romance aussi belle qu’improbable, Corentin s’interroge sur la finalité d’une histoire d’amour, fut-elle douce et légère. Que désirent Jan, l’humain, et Guerre, l’immortel ? Et nous, que cherchons-nous ? La réponse est peut-être dans le titre…
Vendredi 05 septembre à 19h30 rencontre avec Nadège Erika autrice de Mon petit
« Je reprends mes rêves éveillés dans lesquels j’ouvre les grilles, les portes et les fenêtres. Et sans discrimination, ni casting, je laisse sortir chacun des fous et je mets le feu à un hôpital psychiatrique. »
Kora, quadra et mère célibataire, lutte pour protéger son fils Sol. Jeune adulte aux prises avec des troubles psychiques, il est suivi par un système de santé à bout de souffle.
Dans sa ville, Kora trimbale son inquiétude, sa solitude et une valise rose fluo, d’appartements prêtés par les amis en chambres d’hôtel miteuses louées à des marchands de sommeil.
Alors qu’elle assume sa condition de proche aidante, Kora interroge son devoir de mère : combien de temps peut-on soutenir quelqu’un sans sombrer soi-même ?
Jeudi 4 septembre à 19h30, rencontre avec Fatima Daas animée par Maboula Samahoro.
« – Attends, Kayden. Tu aimes écrire ? Tu veux écrire ? On peut parler ?
Kayden s’en va, les mots plein la gorge. »
Kayden est bien entourée. À la maison il y a Aïsha, sa mère, qui trouve toujours du temps pour elle malgré la fatigue du travail et Shadi, sa grande sœur, complice de toujours. Au lycée, il y a ses amis, Nelly la grande sportive, Samy le rêveur et Djenna qui n’est jamais dupe de rien. Kayden observe les uns et les autres occuper les cases d’un système trop rigide. Elle écrit ce qu’elle voit, et ce qu’elle ne voit pas.
Un jour Madame Fontaine, la professeure de littérature redoutée, lit ce que Kayden écrit. Une faille s’ouvre, elle le sent, Kayden sera la prochaine à réussir le concours d’entrée à Sciences-Po.
Dans une langue brute et vibrante, Fatima Daas signe un roman puissant sur l’ambition, la quête d’identité et la nécessité de se réinventer. Kayden doit-elle jouer le jeu… ou le changer ?
« J’allais tomber moi aussi, et il était hors de question de me faire avaler par une autre détresse que la mienne. Il m’a été facile de tourner le dos aux cris qui m’ébranlaient puisque, c’est une règle à redire, ce n’est pas parce qu’on entend les morts qu’il faut les écouter. »
Un homme erre dans Toulon. Pour fuir les voix des morts qui l’assaillent, il se réfugie sur une île. L’y attend la plainte la plus déchirante de toutes, une âme troublée qui, avant de s’évanouir, lui raconte sa vie : celle d’un enfant mort au bagne de l’île du Levant, dont ne subsistent que des ruines. Simon Johannin tisse le portrait d’une poignée de garçons broyés par le système pénitentiaire, un cri du cœur contre la violence du monde.
Dimanche 31 août de 17h à 20h, apéro dédicace avec Camille Bordenet pour fêter la publication de « Sous leurs pas les années »
Constance doit rentrer dans son bourg natal en Isère ; sa grand-mère s’en est allée. Aujourd’hui installée à Paris dans une vie qu’elle croit s’être choisie, elle appréhende de retourner d’où elle vient – et de croiser Jess. Cette presque sœur de l’adolescence. Celle qu’elle a quittée, aussi, sans un mot, à dix-huit ans. Jess, elle, n’est jamais partie du Valfroid. Elle aime ses lieux-dits brouillardeux, ses paysages rudes et puissants. À bord de son car scolaire ou de sa voiture auto-école, elle est chez elle. Les deux jeunes femmes pourront-elles se retrouver et encore se comprendre ? Ou se sont-elles engagées sur des pentes trop contraires ?
Samedi 30 août à 17h, rencontre avec Nassera Tamer animée par Johan Faerber
« Longtemps l’arabe s’allie pour moi à l’amer. Je l’ai rejeté de tout mon corps et il me revient par vagues. Je ne l’ai jamais vraiment perdu et j’ai du mal à penser qu’on puisse perdre une langue. Je vis dans la langue de mes parents comme elle vit en moi. »
Cette « langue-chimère » avec laquelle la narratrice essaie de renouer, c’est le darija, l’arabe marocain. Séparée de ses parents, par une mer et un empêchement existentiel, elle trouve des subterfuges : elle traîne dans les taxiphones parisiens pour l’entendre, y prête attention dans la rue ou les transports en commun, prend des cours à l’Institut du monde arabe, et surtout, forme un tandem linguistique, par écrans interposés, avec Mer, qui vit au Maroc.
De Paris au Havre, de Casablanca à Toronto, des fils affectifs et culturels se tissent, se défont puis se refont. Les taxiphones bruissent de ces histoires qu’on se raconte à distance.
Vendredi 29 août à 19h30, rencontre avec Aurélie Olivier animée par Aurel Tincelin.
« Tous les ans, au pays des pépères il y a trois cents bébés répertoriés trois cents minuscules pas perçus qui enrôlés dans un cache-cache stoppent net le jeu qui n’en est pas un »
Olivier est née en 1986 à Trégrom (Côtes d’Armor). En 2021, elle initie et préface le livre Lettres aux jeunes poétesses, publié aux éditions de l’Arche. Mon corps de ferme, son premier recueil publié aux éditions du commun, a été un vrai succès. Depuis l’association Littérature, etc créée en 2013, elle est à l’initiative de plusieurs festivals littéraires et du podcast Les Parleuses qui revisite l’histoire de la littérature de manière non-sexiste.
Soirée hommage à Pascal, animée par Pacôme Thiellement et Alexandre Devaux. Et c’est encore Pacôme qui en parle le mieux :
Il y aura une soirée consacrée à un ami artiste disparu. Un grand artiste et ami qui est parti de l’autre côté il y a un peu plus de deux ans, et qui était d’ailleurs le fils de Gébé. C’était notre cher et grand Pascal Blondeaux. C’était l’immense Pascal.
La soirée en hommage à Pascal aura lieu à la librairie Le Monte-en-l’air, 2 rue de la Mare 75020 Paris, le mardi 1er juillet à 19h.
Pascal a publié deux livres magnifiques aux Cahiers Dessinés : Des fois je vois les choses comme ça et Territoire des mousses et des lichens. Il a fait une revue de dessins, Rien ne se perd, où publièrent Olivia Clavel, Kiki Picasso, Pyon, Jean-Christophe Menu… Il réfléchissait sur les origines communes du dessin et de l’écriture et faisait des recherches sur la préhistoire. Il nous en avait bien parlé, au Monte-en-l’air, en 2013, lors de l’année Satan Trismégiste. Et tout avait été filmé. Ce qui fait qu’on peut revoir Pascal nous parler magnifiquement de la préhistoire et des origines du dessin et de l’écriture : https://vimeo.com/80610311