Vendredi 23 janvier à 19h30, rencontre avec Bobby Chalard
Les personnages de Bobby Chalard tentent de réparer le monde avec leurs larmes. Pas facile, surtout quand le monde et ses règles changent sans prévenir. C’est une histoire d’amour, au bord de la mer, qui pourrait être idyllique si ses héros n’étaient pas empêchés de se rejoindre parce que le soleil ne se couchait plus et que le train ne roulait plus Lécrivain et Lamoureux forment un duo un peu peu beckettien qui tente d’élargir son espace imaginaire (et le nôtre) en explorant l’horizon coin après coin. C’est un livre qui parle de ce qui reste quand le monde ne tourne plus dans le bon sens, et de ce qu’on invente alors de l’amour, de l’amitié, de l’enfance, des souvenirs… Premier roman singulier, ciblé, percutant, qui a du corps et des sentiments à revendre, réactivant les mondes parallèles dignes d’un Quentin Leclerc, d’un Gabriel Gautier, ou d’un Jacques Sternberg, tout en fondant un mythe et un tragique implacables.
Jeudi 22 janvier à 19 heures rencontre et dédicace avec Ana Pich
Pendant plusieurs mois, Ana Pich a dessiné et retranscrit in situ 15 procès impliquant des policiers sommés d’expliquer leurs actes délictuels et criminels, loin d’être de simples bavures ou des actes isolés. Ces procès démontrent le caractère systémique de la violence de la police et le sentiment d’impunité du bras armé de l’Etat, face à une institution judiciaire qui montre ses limites.
Ana Pich vit à Paris. Après des études de Droit et de criminologie, où elle s’intéresse à la dimension politique des décisions de justice, les inégalités et discriminations que reproduisent les institutions, elle entreprend un travail de documentation des violences judiciaires. Journaliste indépendante, elle écrit et dessine pour plusieurs médias indépendants : Les Jours, Streetpress, La Déferlante, Médiacités. Elle a publié précédemment aux éditions Massot deux bandes dessinées : Chroniques de l’injustice ordinaire et Garde à vue.
Mercredi 21 janvier à 19h30, rencontre avec Charlène Dinhut animée par Jeanne Bacharach.
« Plak » de Charlène Dinhut plonge dans un univers souterrain envoûtant où un peuple de femmes vit dans les égouts, sous la surface du monde. Dans cette obscurité habitée de sons, de rires et de mystères, Lampe, Caille et Stine — trois figures parmi d’autres — évoluent entre chasse aux cerfs égarés, apprentissage de l’écriture et désirs enfouis. Ce récit aux accents d’épopée fragmentée explore les frontières entre haut et bas, entre oppression et liberté, dans une langue phonographique et sensorielle qui fait de chaque mot une décision, chaque geste une révolution.
Charlène Dinhut signe un mythe contemporain où les corps grotesques, mutants et jouissants d’un peuple invisible tissent le texte même du monde.
EXTRAIT Elles s’ennuient et elles lisent beaucoup, elles lisent tout ce qui leur vient. Elles parlent peu, sauf lors des battues des gros animaux égarés dans les souterrains, les cerfs et sangliers. Le son à la gorge leur est venu de la nécessité de se repérer les unes et les autres dans les tunnels emmêlés, les cavernes de béton, dans les puits aux échelles en fer, pour échanger au sujet du lieu vers lequel court l’animal traqué, au sujet de la voie qu’il prend, de là où il croit s’échapper. La bête fait du bruit, halète dans l’humidité, fait claquer ses sabots au sol. Tous ces bruits résonnent hardiment dans les réseaux souterrains, les sons viennent de toutes parts aux oreilles des chasseresses. Plak. Plak. Plak-plak. Ces bruits aux milles répercussions sur les murs n’indiquent rien de la géographie en cours. Alors il a fallu qu’elles, elles sachent crier, mais sans écho. Charlène Dinhut
Vendredi 16 janvier à 19h lancement de l’album 100 dessins pour Gaza en présence de nombreux.ses dessinateurices ayant participé à l’ouvrage.
Présentation de l’ouvrage par l’éditeur :
Tout a commencé en 1948 avec l’expulsion des populations arabes palestiniennes, mais depuis les attaques du 7 octobre 2023 par le Hamas et la réponse d’Israël, tout a basculé : nous assistons à un véritable génocide israélien (officiellement reconnu par l’ONU le 16 septembre 2025). Les images qui nous parviennent de Gaza sont insoutenables. Nous assistons à ce spectacle macabre sidérés, impuissants, inutiles. Dans le même temps, les voix de la paix sont moquées, diffamées, brutalisées, traînées devant les tribunaux. Face à cela, nous, dessinatrices et dessinateurs, ne nous résignons pas. Car, si les mots ont perdu leur sens, peut-être le dessin a-t-il gardé le sien intact. Créer des images pour représenter d’autres images Pour décrire une réalité qui crèvent pourtant les yeux ! C’est tout le paradoxe du dessin de presse, qui permet un pas de côté, et stimule à la fois l’affect et l’intellect. D’où l’idée de ce recueil, qui est à la fois un livre et une opération caritative. 100 Dessins pour Gaza réunit une centaine d’auteurs du monde entier. Dessinateurs de presse surtout, mais aussi illustrateurs et auteurs de bande dessinées. Parmi elles et eux, de grands noms, comme Willem, Alexander Wozniak, Atlan, Ben Jennings, Angel Boligan, Marliena Nardi, Aurel ou encore Ann Telnaes (Prix Pulitzer 2025), Emil Ferris, Art Spiegelman et Joe Sacco ainsi que les dessinateurs palestiniens Mohammad Sahaneeh et Safaa Odah. La finalité de l’ouvrage restant caritative, l’ensemble des bénéfices sera reversé au Syndicat des journalistes palestiniens (PJS) afin de soutenir le travail essentiel que les journalistes palestiniens ont accompli malgré le génocide et l’assassinat de nombreux journalistes et de leurs familles. Ce livre est lancé par Sié, dessinateur de presse ayant collaboré avec Siné Mensuel, Causette et Médiapart.
Rencontre avec Mathieu Léonard jeudi 15 janvier à 19h30.
Dès le début du XXe siècle, des anarchistes multiplient les initiatives contre la « pieuvre alcool », considérée comme un poison systémique, alliée tacite de l’autorité. L’anarchisme se révèle alors non seulement comme une révolte politique, mais comme une quête d’émancipation intégrale, où la régénération du corps devient un défi à l’ordre bourgeois.
Dans ce tour d’horizon des positions libertaires sur l’alcool, on croisera, entre autres, Tolstoï prônant une morale rigoriste, les illégalistes abstèmes de la bande à Bonnot, Emma Goldman dénonçant la « farce » de la prohibition américaine, jusqu’aux femmes zapatistes, partisanes de la « loi sèche », et aux straight edge électrisés par la sobriété radicale.
Mathieu Léonard est historien indépendant et vigneron.
Mercredi 14 janvier à 19 heures lancement et dédicace avec Adrien Demont
Nous vous invitons au lancement d’un nouveau livre mais également d’une toute nouvelle maison d’édition de bandes dessinées : les éditions Morgen ! Qui débutent en fanfare avec un sublime album : l’adaptation d’un monument de la culture littéraire japonaise magnifiquement illustré par Adrien Demont.
Présentation par l’éditeur : Le soir de la Fête de la Voie Lactée, en butte aux moqueries de ses camarades d’école, Giovanni part s’isoler sur une colline et s’assoupit. A son réveil, un train à vapeur en provenance du Cosmos se pose à ses côtés… Curieux, il embarque sans se douter qu’il va visiter les confins de la galaxie, en compagnie de son ami Campannella…
Mardi 13 janvier à 19h30, rencontre avec Salomé Botella animée par Nina Ferrer-Gleize
On plante, on bêche,
on fait des tas, on fend une bûche,
on roule une pâte.
Salomé Botella rassemble ces gestes du quotidien, ces souvenirs de l’enfance, et dresse le portrait de son adolescence rurale dans un premier roman lucide et tendre, à la forme brève, empreint de l’oralité chère à la campagne où elle grandit.
Pas si tant, c’est l’histoire universelle d’une enfance qu’on quitte, avec ses images, ses lieux et ses personnages. C’est surtout la voix d’une génération, qu’on ne lit pas souvent, qui porte les traces d’histoires et de gestes transmis, et qui s’attarde à mettre en récit ces espaces, leurs façons de dire et leurs façons de faire.
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« Ils (les paysans) n’ont d’autres choix que de reprendre à leur compte la définition (dans sa
version la moins défavorable) qui leur est imposée ou de se définir en réaction
contre elle » – Nina Ferrer Gleize, L’Agriculture comme écriture
La représentation de la ruralité est parfois prise dans une simplification constante : de l’archétype du vide et de l’ennui, à celui du « beauf », du rustre, en passant nécessairement par l’agriculture, avec tous les fantasmes qui s’y rapportent. La littérature elle-même peine à s’en défaire. Comme s’il manquait à la campagne des imaginaires alternatifs qui permettraient à ceux qui y vivent ou qui en viennent de se retrouver dans des récits qui sont les leurs.
Le tableau de Rosa Bonheur, Jeune taureau sautant la barrière, que l’on retrouve en couverture du livre, ne dit pas autre chose. Cette image qui reflète la liberté avec laquelle la peintre traite son sujet contraste avec l’imagerie du XIXe siècle, qui, en figurant la paysannerie dans l’effort, semble réduire la ruralité au travail de la terre.
Salomé Botella :
Née en 2001 et originaire de la Creuse, Salomé Botella est diplômée des Beaux-Arts de Paris, elle est lauréate du Prix agnès b. des Amis des Beaux-Arts de Paris 2025. Elle se consacre principalement à la sculpture et à l’écriture, Pas si tant est son premier roman.
Son œuvre fait appel à un imaginaire rural dans lequel l’artisanat, le travail de la terre et la matière occupent une place particulière.
Vendredi 9 janvier rencontre et dédicace de Florence Dupré La Tour
Florence Dupré La Tour fait paraître deux albums à deux jours d’écart en ce début d’année, deux albums très différents : Les Moribonds, aux éditions Casterman et Jeune et Fauchée chez Charivari/Dargaud. Nous laisserons le soin et la joie à ses deux éditrices de vous les présenter et d’échanger avec leur autrice qui dédicacera ensuite ses BD.
A propos des Moribonds : Dans cette tragi-comédie de genre, Florence Dupré la Tour questionne la notion de travail, de domination et d’inter-dépendance en utilisant la figure du vampire, traditionnellement assimilée à celle du noble ou du bourgeois, protant du sang des prolétaires pour survivre. Ici, les relations entre espèces sont bouleversées, les anciens dominants se tiennent à la merci des plus fragiles, toutes les hiérarchies sont inversées, et c’est jubilatoire !
A propos de Jeune et Fauchée : Née dans une famille bourgeoise, Florence n’a jamais connu le froid ni la faim. Enfant, l’argent lui paraissait une idée lointaine, presque exotique : elle se passionnait pour Rémi sans famille, Oliver Twist ou Princesse Sarah, et méprisait Picsou, ce « gros plein de fric » ridicule. Mais à 18 ans, tout bascule : livrée à elle-même, elle découvre la réalité de la débrouille, d’abord étudiante cigale, puis mère célibataire et autrice précaire de bande dessinée. Années de privations, de trésors d’inventivité, de survie avec deux enfants… Elle en tire aujourd’hui un témoignage à la fois âpre et drôle, sur l’argent, la dignité et le déclassement.
Jeudi 8 janvier à 19h, rencontre et lancement de la nouvelle BD de Terreur Graphique
Nous sommes ravi.es de recevoir Terreur Graphique pour vous présenter cette bande dessinée qui traite d’un sujet plus qu’important. L’échange sera suivi d’une séance de dédicaces.
« Je ne suis pas un homme, je suis un chien… Un chien de la case… Un chien qui boit. Un chien qui a bu. Un chien qui boira ? Un alcoolique qui ne veut plus l’être. »
Entre humour, douleur et lucidité, Terreur Graphique raconte son combat contre l’alcool et met à nu l’héritage, les blessures et la quête de soi. Un récit sincère, drôle et bouleversant.
Après avoir aboli les rapports de domination des humains sur les animaux, Didier et sa bande pensaient vivre sereinement, loin des hommes et de leurs fichus abattoirs. C’était sans compter sur Titi, la punaise de lit qui les avait pourtant aidés à remporter leur révolte sans précédent ! Profitant de la confusion générale, Titi et son armée ont installé une tyrannie mondiale, acheté les organes de presse à la gloire du tityran et imposé un rythme de travail insoutenable. Glorifiés dans les écoles, le tityran réécrit l’Histoire et ne souffre aucune critique. Une situation intolérable pour les révoltés qui montent une action de résistance.
Avec La contre-révolte sans précédent, Guillaume Meurice et Sandrine Deloffre continuent d’explorer l’actualité et les travers de notre époque dans un album satirique et plein d’humour, sans jamais omettre leur tendresse pour les animaux. Un album à lire dès douze ans.
Miroir aux amulettes
Les sœurs jumelles Tabatha et Tamara vivent sous la bienveillance de leur grand-mère et de leurs trois autres sœurs au rythme de rituels bien ordonnés. Dans cet antre pittoresque, les croyances tiennent une place essentielle et les soirs de pleine lune sont idéals pour convoquer un fantôme en dégustant des ortolans. Ces générations de femmes se transmettent des savoirs et des expériences qui oscillent entre ésotérisme et fantaisie. Parfois, la cruauté enfantine s’invite à la douceur familiale, tel un cheveu sur la soupe, et donne ainsi à ce foyer des allures intemporelles et étrangement communes. Tabatha et Tamara ont une place à part, fusionnelles et inséparables, elles se reflètent l’une dans l’autre et peuvent se révéler exclusives. Un jour, elles partent seules à la foire du village…la boule de cristal d’une voyante leur révèle une vision ambigüe qui leur promet un étrange destin…