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Jeanne Guien / Le désir de nouveautés / éditions La Découverte / Rencontre

Mardi 11 mars à 19h30

Jeanne Guien sera l’invitée de la librairie le mardi 11 mars à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Le désir de nouveautés – L’obsolescence au coeur du capitalisme (XVe-XXIe siècle) » aux éditions La Découverte.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

La nouveauté est l’un des arguments les plus mobilisés par les publicitaires pour vendre les produits mis sur le marché. Mais pour quelle raison ? Rejetant le préjugé selon lequel les êtres humains seraient « naturellement » attirés par tout ce qui est nouveau, Jeanne Guien démontre que la nouveauté n’est rien d’autre qu’une promesse commerciale qui permet au capitalisme de se perpétuer.

« C’est nouveau, ça vient de sortir, c’est la mode… » Pourquoi ces discours font-ils vendre ? Comment expliquer qu’un produit mis récemment sur le marché paraisse plus beau et plus fiable que les
autres, aussitôt déclassés comme vieux, dépassés, obsolètes ? Au gré de la diffusion du capitalisme, la nouveauté est devenue un étalon de valeur. Dans la publicité et la communication des entreprises, elle est appliquée à tout et n’importe quoi, n’importe comment : des voitures restent nouvelles un an, des styles vestimentaires le redeviennent tous les vingt ans, des objets jetables le sont pendant quelques minutes, voire quelques secondes…

Pourtant, en dépit de leur obsession pour le sujet, économistes et marketeurs peinent à définir la nouveauté et à justifier l’aura qu’ils lui prêtent. Ils sont incapables de mesurer le nombre de « nouveaux produits » commercialisés chaque année et constatent que la grande majorité de ces « lancements » échouent, cette offre ne répondant à aucune demande. Les acteurs du marché n’en continuent pas moins à encourager et à encenser l’« innovation ».

Cet ouvrage décrit ainsi comment, par leurs discours et leurs pratiques commerciales, marketeurs, publicitaires et responsables politiques ont construit la nouveauté et sa valeur, sous des formes variées, et parfois absurdes. Du commerce au loin vantant les produits « exotiques » aux promesses de « progrès » et de « modernité » par la mécanique, l’électrique ou le numérique, en passant par la « mode », le « style » ou les produits jetables… il s’agit toujours de prêter aux consommateurs et surtout aux consommatrices un désir incontrôlable de nouveautés, afin de légitimer un modèle économique dévastateur : acheter, jeter, racheter.

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Neige Sinno / La Realidad / Editions POL / Rencontre

Lundi 10 mars à 19h30, rencontre avec Neige Sinno à l’occasion de la publication de La Realidad publié aux éditions POL. Rencontre animée par Jeanne Jeanne Bacharach.

« Il n’y a rien de tel que la réalité. » On pourrait dire que ce livre est un récit de voyages dans la réalité ou vers la réalité. Avec un premier voyage, il y a plus de vingt ans, où deux jeunes femmes en sac à dos, Netcha, la narratrice, et Maga, une amie espagnole, essaient de rejoindre un village du Chiapas, au Mexique, appelé précisément La Realidad. « Des sources fiables, dit cette amie, lui assuraient que le Sub, alias le souscommandant Marcos, était à La Realidad […] Marcos est dans la réalité. » Quête autant politique (la rencontre avec les mouvements révolutionnaires zapatistes) qu’initiatique et intime. Si les deux amies renoncent en chemin, elles ne renoncent jamais vraiment. Elles insistent, et par d’autres voies, par d’autres routes, par toute sorte d’approches, on les voit avancer à tâtons vers ce qu’elles imaginent comme un monde inconnu, un monde nouveau, un monde autre. Pour Netcha, l’autre, ce sont avant tout les Indiens qu’elle aimerait rencontrer tout en ayant très peur de cette rencontre. Elle a peur de porter sur les épaules le poids de l’histoire, d’être une représentante du peuple de colonisateurs dont elle est issue, d’avoir lu trop de livres, de passer à côté de ce qui importe vraiment, c’est-à-dire l’altérité. Et c’est bien sûr quand elle décide d’arrêter de voyager, que le vrai voyage commence vraiment.

« Combien de fantômes murmurent encore dans ce livre ? » se demande, à la fin, la narratrice. Celui du mystérieux leader zapatiste, le sous-commandant Marcos, ceux des Indiens en lutte du Chiapas, celui d’Antonin Artaud qui en 1936 fit un voyage énigmatique au Mexique, mais aussi les fantômes d’une existence en quête d’un lieu autre, et le fantôme de la réalité, celui de nos blessures et de nos illusions. Ce nouveau livre de Neige Sinno, autobiographique lui aussi, confirme avec profondeur son immense talent d’écrivain, et offre un récit magique sur l’aspiration autant intime que collective d’un autre monde possible : « Il y a bien une question de stratégie, de choix, de recherche des armes qui nous permettraient de faire advenir un autre monde, mais les forces prennent des chemins qui ne sont pas ceux qu’on croit, plus longs, plus souterrains et moins clairs que ce que l’on souhaiterait. »

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Rim Battal-Dounia Hadni / Je me regarderai dans les yeux – La Hchouma/ Bayard – Albin Michel/Rencontre

Vendredi 7 mars 19h30

Une belle discussion s’annonce entre les deux autrices autour de leurs premiers romans. Toutes deux, elles mettent en scène la quête de liberté de deux femmes marocaines qui doivent faire face aux diktats et aux règles de bonne conduite imposées à leurs corps et leurs esprits par leurs familles et les sociétés au sein desquelles elles évoluent. Deux textes rythmés et incisifs qui disent les violences exercées sur les femmes en France et au Maroc.

Je me regarderai dans les yeux : À dix-sept ans, à l’âge des romans à l’eau de rose, des serments d’amitié et des poèmes de Rimbaud, une jeune fille fume une cigarette à la fenêtre de sa chambre. Cette transgression déclenche la violente fureur de sa mère – puis, comme un envol effaré, la fugue de la narratrice. Un ultimatum lui est alors posé : elle devra produire un certificat de virginité. L’examen gynécologique forcé sera sa « première fois ». Comment sortir de l’enfance quand tous les adultes nous trahissent ? Comment aimer quand ceux qui nous aiment nous détruisent ? Porté par une écriture puissante qui n’oublie ni l’ardeur ni la drôlerie, le récit de Rim Battal dit les premières fois, le désir, la générosité et la force qui président à la naissance d’une femme et d’une écrivaine.

La Hchouma: « Sois polie sois jolie, ne ris pas trop fort juste un peu, tiens-toi bien, ne bois pas trop mais un peu quand même, cache-toi pour manger c’est ramadan. Démaquille-toi pour avoir l’air pâle, attends montre ? Mais tu ressembles à rien, maquille-toi. Fais voir tes belles jambes baisse les stores, fais comme si tu étais pieuse comme si tu aimais faire l’amour. Comme si tu n’étais pas toi. »

Écartelée entre des dictats contradictoires visant à faire d’elle « une bonne Marocaine » et « une vraie Parisienne », une jeune femme se débat et lutte pour sa liberté.

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Jean Matthieu Tanguy & Frankyravi / Au cœur de l’hiver / Le Monte-en-l’air / Lancement

Samedi 8 mars à 17h

Au cœur de l’hiver nous replonge dans la scène la plus flippante de Shining, lorsque Wendy réalise que l’épais manuscrit sur lequel Jack travaille est composé d’une seule et unique phrase répétée sur des centaines de pages. Non seulement Jack a complètement perdu les pédales, mais la folie s’est emparée de lui depuis bien longtemps.
Ici, les pages noircies d’une quantité infinie de « All work and no play makes Jack a dull boy » sont devenues un banal projet d’écriture. Au fil des pages (de droite), les mêmes scènes se répètent : Wendy demande à Jack comment ça avance, Jack reçoit un coup de fil de son éditeur, Pivot invite Jack pour la promo du livre.
Quant aux pages de gauche, on y voit la machine qui tape la fameuse phrase qui s’anime grâce au procédé du flip-book.
Tout en désacralisant cette phrase mythique, Frankyravi et Jean Matthieu Tanguy nous entraînent dans ce temps de folie qui s’étire et nous tord dans tous les sens !

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Malika Rahal / Mille histoires diraient la mienne / éditions EHESS / Rencontre

Jeudi 06 mars à 19h30

Malika Rahal sera l’invitée de la librairie le jeudi 06 mars à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Mille histoires diraient la mienne » aux éditions EHESS.

La rencontre sera animée par Natalya Vince.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

« Je m’appelle Malika Rahal et je suis une historienne du temps présent, de ce temps dont les témoins et acteurs sont encore en vie. » Quels chemins la petite fille d’une atypique famille d’immigrés a-t-elle empruntés pour en arriver là ? Connue pour ses recherches sur l’Algérie contemporaine, Malika Rahal nous livre un texte très personnel, dans lequel les vivants et les morts de son histoire se mêlent à ceux de ses enquêtes.

Au fil de ces pages où pointent la colère et l’urgence face à la colonisation et à la guerre, les enjeux de transmission de la culture et de la mémoire rythment un récit vibrant, attentif aux détails des lieux et des objets de la vie courante. Lorsqu’elle ouvre le placard à épices de sa cuisine, écoute les disques vinyle de ses parents ou regarde les photos de famille, c’est toujours en historienne : elle fait le lien avec sa pratique d’enseignante et de chercheuse, interroge son rapport aux témoins et à leurs récits, et explore ses engagements.

Son livre est une réflexion puissante sur l’écriture de l’histoire du temps présent, « fût-ce au milieu de la guerre ».

Malika Rahal est historienne, directrice de recherche au CNRS et, depuis 2021, dirige l’Institut d’histoire du temps présent.

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Anne-Laure Porée / La Langue de l’Angkar / éditions La Découverte / Rencontre

Mardi 04 mars à 19h30

Anne-Laure Porée sera l’invitée de la librairie le mardi 04 mars à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « La Langue de l’Angkar – Leçons khmères rouges d’anéantissement » aux éditions La Découverte.

La rencontre sera animée par Pierre Tenne.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

Comment bien torturer pour réussir un interrogatoire en bon révolutionnaire ? Comment présenter un dossier d’aveux qui satisfasse les dirigeants ? Voilà ce qu’enseigne Duch, le chef khmer rouge du centre de mise à mort S-21, aux interrogateurs qu’il forme de 1975 à 1978 à Phnom Penh. Ses leçons, qui dictent comment penser et agir au service du Parti communiste du Kampuchéa, ont été consignées avec soin dans un cahier noir à petits carreaux d’une cinquantaine de pages.
Anne-Laure Porée décrypte ce document capital, plongeant le lecteur dans le quotidien des génocidaires cambodgiens. Elle identifie trois mots d’ordre au service de l’anéantissement :
cultiver – la volonté révolutionnaire, l’esprit guerrier et la chasse aux  » ennemis  » -, trier – les  » ennemis  » à travers diverses méthodes, de la rédaction d’une biographie sommaire à la torture physique, en passant par la réécriture de l’histoire – et purifier – les révolutionnaires comme le corps social.
Ces notions reflètent la politique meurtrière orchestrée par le régime de Pol Pot, au pouvoir à partir du 17 avril 1975, qui, en moins de quatre ans, a conduit un quart de la population cambodgienne à la mort. En prenant les Khmers rouges au(x) mot(s), La Langue de l’Angkar rend plus sensibles la logique organisatrice et les singularités d’un régime longtemps resté en marge des études sur les génocides.

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François Pragnère et Abdellah Taïa / Maroc ; Aimer nos fantômes / Lancement

Jeudi 27 février à 19h30

Maroc / Aimer nos fantômes est un livre composé d’une série photographique en couleur et d’un poème qui traduisent l’errance de François Pragnère à travers le pays. Une nouvelle inédite d’Abdellah Taïa complète ce livre façonné à la main en 160 exemplaires numérotés.

La mise en pages est assurée par Marius Astruc.

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Jonas Sénat / Exercices du vertige / Blast / Rencontre

Mercredi 26 février à 19h30, rencontre avec Jonas Sénat à l’occasion de la publication d' »Exercice du vertige » publié aux éditions Blast. Rencontre animée par Aurélie Olivier.

Il y a quelque chose qui bouge, se débat et veut parler. Il y a une bouche qui parle et qui est cousue. Il y a un corps fermé à double tour. Il y a des gens dans les mots, des gens qui savent, c’est difficile de s’entendre. Il y a un grand désir de vivre. Il y a la vérité qui embrasse le silence et le défait.
Dans Exercices du vertige, le chemin de libération de l’inceste passe par le silence du poème : un silence qui dépouille, fait taire les paroles vides de la bourgeoisie, ouvre à l’amour et à la vérité.

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Meriem Laribi / Ci-gît l’humanité : Gaza, la guerre et les médias / éditions Critiques / Rencontre

Vendredi 21 février à 19h30

Meriem Laribi sera l’invitée de la librairie le vendredi 21 février à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Ci-gît l’humanité : Gaza, la guerre et les médias » aux éditions Critiques.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

Meriem Laribi est journaliste indépendante. Tel un journal de bord, cet ouvrage retrace sa veille médiatique d’une année de génocide commis par Israël à Gaza du 7 octobre 2023 au 7 octobre 2024. Suivant les événements au fil des semaines, elle démasque les fausses informations et la propagande qui se déversent dans les médias afin de nous livrer une histoire immédiate du premier crime contre l’humanité diffusé sur les réseaux sociaux. Refusant toute fausse neutralité face à la barbarie, l’auteure fait part de l’horreur et parfois du désespoir qui peuvent l’envahir face à cette tragédie mais sans jamais la faire renoncer à mener la bataille de la vérité.

Ouvrage préfacé par Alain Gresh.

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Samuel Bouron / Politiser la haine : la bataille culturelle de l’extrême droite identitaire / éditions la Dispute / Rencontre

Jeudi 20 février à 19h30

Samuel Bouron sera l’invité de la librairie le jeudi 20 février à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Politiser la haine : la bataille culturelle de l’extrême droite identitaire » aux éditions La Dispute.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

L’extrême droite mène une bataille culturelle pour rendre ses idées politiques consensuelles. Dans ce combat, la mise en scène des émotions est devenue son arme principale. Elle a appris à saisir les opportunités médiatiques pour politiser les affects, déstabiliser les repères politiques et semer la confusion : les Identitaires passent de bourreaux à victimes, de gardiens de l’ordre établi à «anti-système». Ce livre offre une immersion chez les Identitaires. On comprend comment les militants sont formés à ressentir les émotions et à les propager à différents endroits de l’espace médiatique, des chaînes Youtube masculinistes aux médias grand public en passant par la presse d’extrême droite.