Rencontre avec Kev Lambert, mardi 7 avril à 19h30, rencontre animée par Cécile Dazord
Dans Cumul I, Kev Lambert imagine une fiction autour de l’œuvre du même titre de Louise Bourgeois (1911-2010), sculpture hybride de marbre et de bois, dont les formes évoquent aussi bien des phallus que des seins. Et voici donc Alice, qui enseigne l’histoire de l’Art à l’Université, pleine de succès mais tiraillée entre ce qu’elle est et ce qu’elle voudrait être. Ce matin, elle est tracassée par une mauvaise note qu’elle a donnée à un étudiant dont elle a accepté de diriger un travail sur Louise Bourgeois. Cette note la harcèle toute la journée. Elle la met en danger. Elle pense qu’elle manifeste une duplicité en elle. En quoi Alice serait-elle double ? L’angoisse la cerne. Dans le monde violemment opposé aux minorités sexuelles qui vient de se réveiller en rugissant, trouvera-t-elle encore des hormones pour poursuivre son traitement ?
Un bref roman dense, tragique, qui est un éloge de la vulnérabilité.
Venez découvrir les deux nouveaux ouvrages des éditions ESQUIF.
* Là où le ciel tombe* « C’était sûr que j’allais me jeter là où le ciel tombe et que jamais j’en sortirais vivant. Que j’al- lais être enseveli par la nuit. Mon cadavre serait dévoré par les hyènes et les scorpions, comme les autres, juste un peu plus loin. Mais ce que j’ai vu, c’était les étoiles grandes et merveilleuses partout. Elles semblaient toutes proches. » « Très beau et très puissant. Une écriture qui allège le fracas et un fracas plein de poésie.» Wajdi Mouawad « Nécessaire et inoubliable. » Mathieu Belezi
* Le Moineau de la Bastille * Le récit s’ouvre le 14 juillet 1789, prise de la Bastille, et nous embarque une année du- rant dans les pas de Gaspard, un gamin livré à lui-même dans le bouillonnement révolution- naire qui anime les rues de Paris. De rencontres en péripéties, Gaspard se confronte à la dureté des temps et, bien vite, depuis le Carreau des Halles jusqu’au bouil- lonnant Palais-Royal, les « chan-sornettes » du môme futé le font connaitre sous le nom de Pigasse Moineau. La petite histoire s’agglomère à la grande dans ce récit riche, palpitant et documenté. « Il y a des romanciers. Et il y a les écrivains. Jean-Marc Royon est de ceux-là. Il cherche la langue, la musique, le style. C’est plutôt rare. Profitez-en.» Olivier Bordaçarre
*************** Les auteurices
* Ava Weissmann est le pseudonyme d’une écrivaine française. Ancienne chercheuse en linguistique, elle signe aux éditions du Tripode son premier roman, La Fiancée de personne, en 2024. Là où le ciel tombe est son deuxième livre sous cette identité. * Jean-Marc Royon est né en 1972 à Corbeil-Essonnes. Il est aujourd’hui concierge à Montmartre. Le reste du temps, il écrit. On lui doit la saga Joblard, Kult, ou Toussaint Noël (sorti en 2026 aux éditions Denoël). Le Moineau de la Bastille est son huitième livre.
Vendredi 3 avril à 19h30 lancement dédicace du nouvel album d’Elsa Klee !
Elsa Klée est une autrice de BD installée à Marseille. Diplômée en 2018 de la section illustration de la HEAR, elle vit ensuite plusieurs années à Berlin, où elle travaille comme libraire et publie Bibi et Peggy chez Colorama. Elle effectue deux résidences à la Maison des Auteurs d’Angoulême en 2020 et 2021. Passionnée par le fanzinat, elle participe régulièrement à des projets de revues collectives et co-édite l’anthologie Fanatic Female Frustration qui remporte le Prix de la BD alternative au festival d’Angoulême en 2025.
Jean-Baptiste Thoret et Julien Magnani discuteront de cinéma et de leurs livres respectifs : Road Movie USA et Manhattan Driver.
A propos de Road Movie USA :
Les États-Unis ont d’emblée eu besoin du cinéma : pour saisir comme dans un miroir grands espaces, ciels bleus et pistes à perte de vue, autant de promesses de trajets initiatiques. Pour s’affirmer, jusqu’à exalter « l’Amérique », comme pays de la liberté. Pour tirer le portrait de tout un peuple d’émigrés venus bâtir une nation. Les États-Unis ont eu besoin du road movie, comme avant lui du western : du Magicien d’Oz à Sailor & Lula, des Raisins de la colère à Bonnie and Clyde, de la fin des Temps modernes à Easy Rider, de New York-Miami à Route One/USA, ce drôle de genre, à la fois natif et tardif, s’est confronté à l’immensité du continent, lieu de tous les fantasmes, de toutes les démesures, de tous les paradoxes. Paradoxe d’une nouvelle « conquête » de l’Ouest qui en passe aussi par les autres points cardinaux (au nombre de sept pour les Indiens cherokees qui ajoutaient le Bas, le Haut et l’Intérieur de soi-même). Paradoxe de voyages qui, en chemin, n’en finissent pas d’exhumer les traces de l’histoire et de sa violence. Paradoxe d’aventures qui se révèlent toutes, pour le meilleur et pour le pire, une expérience intérieure, un aller sans retour, voire une hallucination. Paradoxe de films qui voudraient prendre la mesure d’un pays gigantesque comme une carte rêve de correspondre à son territoire. D’abord paru en 2011 aux éditions Hoëbeke, Road Movie, USA de Bernard Benoliel et Jean-Baptiste Thoret est réédité aux éditions Magnani 15 ans après, dans une nouvelle édition revue et augmentée, avec une toute nouvelle maquette mettant en majesté le texte de ce livre de référence sur le cinéma américain. Un classique de nouveau disponible.
A propos de Manhattan Driver :
Ancien prodige de la course automobile Johnnie a perdu sa famille adoptive dans un terrible accident. Johnnie refait surface à New York pendant la grande dépression. Il galère en solitaire. Un beau jour, une femme qui tient un resto lui donne sa chance en cuisine, pour cuire des burgers. Un job pour voir venir. Johnnie fait aussi la connaissance d’un grand type charismatique appelé O’Hara ; qui lui offre un nouvel emploi comme taxi driver dans sa petite entreprise. Ainsi Johnnie retrouve le volant, aux côtés du mécano Stumpie, du frimeur Colorado, de la mystérieuse Joey et du vieux sage Doc’. Notre ancien pilote de course n’est pas venu à New York que pour conduire : Johnnie recherche son père biologique, qui lui a été caché depuis sa naissance. Ce père secret, c’est Master Ford, le plus grand industriel d’Amérique. Un jour, alors que Johnnie gare son taxi en bas du gratte-ciel paternel, une femme blonde monte à bord. Johnnie a le sentiment de déjà la connaître… Au même moment un enfant s’échappe de l’orphelinat fondé par ce même Master Ford. Master Ford, qui veut consacrer les années qui lui restent à retrouver le fils qu’il a perdu il y a longtemps… Manhattan driver est la nouvelle bande dessinée de Julien Magnani (après « Cinéma Paradis », Sélection Pépites 2024). Passionné par les films américains, Julien Magnani nous invite a retrouvé dans ses livres une Amérique perdue et rêvée ; mêlant ici les genres du mélodrame familial de Francis Ford Coppola (« Le Parrain »), du « mystery movie » d’Hitchcock (« Vertigo »), du Neo-noir automobile de « Drive » de Nicolas Winding Refn ou « Taxi driver » de Martin Scorsese. Julien Magnani est également éditeur indépendant depuis 2011 et anime un ciné-club intitulé « La Nouvelle séance » au cinéma Le Brady (Paris) depuis 2023.
Mercredi 1er avril à 18h30 rencontre et dédicace BD
Le temps d’une garde de 24 heures, les autrices plongent au coeur d’un service pédiatrique. Elles témoignent de la réalité du système de santé et du quotidien des soignants, solidaires malgré la pression constante. À travers leurs histoires, se dessine un portrait saisissant de l’hôpital public, entre le manque de moyens, la responsabilité de sauver des vies et un engagement sans faille.
Samedi 28 mars à 18 heures dédicace de José Parrondo !
112 dessins de José Parrondo. Préface de Vincent Sardon.
Depuis les années 1990, il y a au sein de la bande dessinée indépendante des voix aussi discrètes qu’essentielles car elles ne ressemblent à aucune autre. C’est le cas du liégeois José Parrondo, dont la production oscille depuis trente ans entre bande dessinée et « jeunesse » sans que l’on puisse vraiment distinguer quelle partie s’adresse à l’enfance ou à la gent adulte. C’est que José s’adresse à tou-te-s pour de vrai, avec son regard émerveillé et bienveillant. Son style minimaliste va de plus en plus vers l’épure, tant sur le fond que sur la forme. Ainsi de Caracoles (nom espagnol des Escargots), son ouvrage probablement le plus conceptuel, auquel L’Apocalypse a mitonné un écrin de choix. Dans la tradition des recueils de dessins thématiques des Searle ou autres Ungerer, chaque page de ce livre décline le thème graphique et métaphysique de l’Escargot, parfois en quelques images, la plupart du temps en une pleine page aux couleurs raffinées. L’escargot devient parabole de nombreux traits humains, l’occasion de fables philosophiques, parfois surréalistes, parfois morales. Un livre d’Art quasiment Zen.
Jeudi 26 mars à 19h30, rencontre avec Paul B. Preciado autour de Mémoires des années de jeune fille d’un homme, Mon nom est Body.
Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :
« Ce livre est un livre de la vérité » : ainsi débute le puissant et bouleversant témoignage de N.O. Body, publié anonymement en 1907 en Allemagne, traduit pour la première fois en français. « Né garçon » mais « élevé en fille », un jeune homme raconte comment il a été enfermé dans une assignation sexuelle qui ne lui correspond pas. Il confie ses doutes, sa solitude, le rejet comme la fascination qu’il provoque, sa découverte de la sexualité, sa crise existentielle profonde et la tentation du suicide lorsqu’il tombe amoureux d’une femme. En décembre 1905, N.O. Body rencontre Magnus Hirschfeld, futur fondateur de l’institut de sexologie de Berlin, qui l’épaule dans sa démarche de changement de « sexe » officiel, obtenu en 1906, et l’encourage à écrire ses Mémoires.
Plus d’un siècle après, Paul B. Preciado reçoit ces Mémoires comme une bouteille à la mer, et écrit un hommage à Karl M. Baer et aux survivant.e.s dissident.e.s de l’assignation binaire normative. Mon nom est Body, inédit publié en diptyque avec les Mémoires, est une nouvelle histoire de la sexualité avec et contre Foucault, une généalogie politique du nom propre et un cri pour une abolition des systèmes binaires d’assignation sexuelle et du genre à la naissance.
Karl M. Baer, né en 1885 dans une famille juive berlinoise, a été déclaré femme à sa naissance. Il mettra des années à obtenir une réassignation sexuelle. Il publie Aus eines Mannes Mädchenjahren en 1907, sous le pseudonyme de N.O. Body. Menacé par les nazis, il émigre en Palestine en 1938. Il meurt en 1956.
Paul B. Preciado est philosophe, écrivain et réalisateur. Ses œuvres, dont Un appartement sur Uranus (2019) ou Dysphoria Mundi (2022), traduites dans une dizaine de langues, sont une contribution majeure à la philosophie du corps et aux théories queer et trans.
Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :
Les ravages du libéralisme ont transformé le sport le plus populaire du monde en vulgaire marchandise. Afin de redonner au peuple des tribunes le droit de ne plus désespérer, journalistes, universitaires, éducateurs et écrivains se sont attelé·es à quinze propositions concrètes pour démanteler l’industrie du ballon rond. Il est temps que le foot se détache de son idéologie productiviste, fondée sur des logiques sécessionnistes de profitabilité financière. Mais aussi qu’il abandonne la multipropriété, le ré-arbitrage technologique ou un calendrier effréné qui ont mené le ballon rond vers l’overdose et l’exploitation de ses travailleur·euses. La fin de partie doit être sifflée pour la répression policière des supporters et la disneylandisation des stades afin de, définitivement, renouer avec un football vecteur d’émotions et d’émancipation.
Sans oublier qu’en plus c’est bien la fin du monde, Chloé Delaume : Contre le patriarcat, Chloé Delaume fait acte de résistance. Nourris de ses propres expériences, ses textes poétiques dissèquent le vieux mondemisogyne pour mieux en révéler lesviolences. De sa langue ciselée et mordante, elle traque les différentes incarnations du mal dans les discours ambiants, les attitudes et les fantasmes contemporains. Loin de succomber à la passivité, son projet de déconstruction massive prend progressivement la forme d’un chant de révolte universel, lucide et décapant. Ses poèmes sonnent alors comme une véritable ode à la rébellion contre une époque crépusculaire et à la sororité.
Les grottes, Joanna Dunis: Loin de succomber à la passivité, son projet de déconstruction massive prend progressivement la forme d’un chant de révolte universel, lucide et décapant. Ses poèmes sonnent alors comme une véritable ode à la rébellion contre une époque crépusculaire et à la sororité. Sous le hasard d’un délire schizophrène apparu un jour sur son chemin, l’autrice se fait violemment attaquer. Cet événement inaugure sa rencontre avec la folie. De ce fait traumatique naît une profonde réflexion qui vise à conjurer les terreurs de la violence vécue. Au fil des cinq livres qui le composent, le recueil interroge les frontières entre réalités, et nos capacités à nous élever pour faire face et tenir. D’une transgression intime – celle de n’être pas morte sous le coup d’un fou –, cette écriture qui mêle prose et poèmes explore les résistances à la folie du monde et de ses tempêtes.