Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :
« L’argent, tout le monde tourne autour sans l’aborder frontalement. Comme la sexualité. » Rodolphe.
« Si les gens savaient tout ce qui se joue dans les fortunes très élevées, tous les montages fiscaux qui se font, tout l’argent qui circule, certains patrimoines… » Olivier.
« Le problème, quand on est pauvre, c’est la bienveillance des gens. » Charlotte.
En dix témoignages, ce livre propose une expérience : celui d’une parole longue sur un sujet tabou. Un joueur de poker en ligne, une auxiliaire de vie, un multimillionnaire, une consultante… racontent comment faire avec l’argent-contrainte, objet de lutte, instrument de pouvoir, de domination, de définition.
Mercredi 13 novembre à 19h30. Rencontre animée par Cécile Dazord.
Deux femmes homonymes : Jeanne Weil (1849-1905) et Jeanne Weill (1859-1925). L’histoire les a d’autant plus effacées qu’aucune n’a vécu sous son nom de naissance. Jeanne Weil est connue comme Mme Proust, la mère de Marcel, le grand écrivain d’À la recherche du temps perdu. Jeanne Weill est devenue, sous le pseudonyme de Dick May, une intellectuelle pionnière des sciences sociales et une militante progressiste. Ces deux contemporaines se sont croisées dans le Paris républicain de la Belle Époque, au rythme des rendez-vous mondains et des avancées scientifiques. Mais que reste-t-il de leurs oeuvres et de leurs combats ? Ce livre est une réflexion sur les modes de légitimation qui s’offrent aux femmes et sur l’invisibilité qui les frappe. L’enquête biographique prend la forme d’une équation à plusieurs inconnues, où le parcours des deux Jeanne Weil(l) rencontre celui de Proust, Durkheim et Bergson. Elle fait ressortir, en même temps que les processus d’élaboration du canon littéraire, les stratégies des femmes pour briser le plafond de verre. D’hier à aujourd’hui.
Mardi 12 novembre à 19h30, Dominique Connan présentera son nouvel ouvrage « Faire partie du club – Élites et pouvoir au Kenya « , qui paraîtra aux éditions du CNRS dans la collection « Logiques du désordre ».
La rencontre sera animée par Martin Lamotte et Gilles Dorronsoro.
Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition : « Apparus dans l’Angleterre du XVIIIe siècle, les gentlemen’s clubs ont essaimé au sein de l’empire colonial britannique comme des lieux permettant d’entretenir, autour de pratiques partagées, un entre-soi fondé sur la distinction raciale. Au Kenya, où ils étaient au centre de la vie sociale des colons, ils ont survécu à l’indépendance ; mieux encore, ils sont demeurés au cœur de la sociabilité des élites. Grands patrons, managers, avocats, hommes politiques africains, médecins et hommes d’affaires issus de la communauté indienne, descendants de colons et expatriés européens se retrouvent désormais au sein des clubs houses et sur les parcours de golf, a fortiori depuis que le président Mwai Kibaki a entrepris d’en faire un sport national. La trajectoire et les pratiques distinctives de ces lieux fermés, les concurrences qui les opposent et donnent à chacun une identité et une place singulières, permettent d’observer de près les transformations des classes dirigeantes kényanes au fil des XXe et XXIe siècles. Cette enquête, menée durant trois ans dans les clubs de Nairobi et des villes de province, offre enfin une plongée dans le monde des élites des pays émergents, qui aujourd’hui entendent se distinguer du reste de la société pour mieux revendiquer leur appartenance à une bourgeoisie mondialisée. »
Jeudi 7 novembre à 19h30, rencontre avec Pauline Briand animée par Anne de Malleray.
Ce livre est à la fois une histoire vraie et un conte moderne. Un louveteau surgit, à l’automne 2019, dans le village de Valberg, au cœur du parc du Mercantour. L’animal mobilise bientôt les habitants, les médias, les forces de l’ordre, deux ministres, des chasseurs, des éleveurs, des militants, des naturalistes, des scientifiques, et près de 45 000 pétitionnaires.
Le louveteau est capturé. Il est nourri et soigné plusieurs mois durant, puis relâché dans le plus grand secret, équipé d’un collier GPS. Un beau jour, le collier GPS est retrouvé intact, sans l’animal, qui s’est comme volatilisé. Le mystère du loup de Valberg s’épaissit. Débute alors cette enquête pour retracer son histoire.
Ernest Cole, photographe sud-africain, fut le premier à exposer au monde entier les horreurs de l’apartheid. Ayant fui l’Afrique du Sud en 1966, il publie à New York House of Bondage alors qu’il n’a que vingt-sept ans. Son livre, témoignage de l’apartheid, est interdit dans son pays. Apatride, Ernest Cole vit à New York une existence solitaire. Il photographie ses contemporains, observe la ville mais n’y trouvera jamais ses repères. Il meurt en 1990, abandonné de tous, sans avoir revu son pays. En 2017, plus de 60 000 de ses négatifs et photos, pour la plupart inédits, sont mystérieusement « découverts » dans les coffres d’une banque suédoise. À travers ces extraordinaires photos d’Afrique et d’Amérique, Raoul Peck raconte les errances, les tourments d’artiste et la colère d’Ernest Cole face au silence ou à la complicité du monde occidental devant les horreurs du régime de l’apartheid et de la ségrégation raciale aux Etats-Unis.
Une autobiographie photographique, un témoignage pour l’histoire.
Après Là où se termine la terre et Le temps des humbles, découvrez le dernier opus de cette trilogie chilienne !
Chili, 1973. Alerté par les discours conspirationnistes de leurs officiers, un groupe de jeunes marins se retrouve témoin des préparatifs du complot visant à destituer le gouvernement de l’Unité populaire. Sur fond de conscience de classes, le soutien au président nouvellement élu Salvador Allende gagne les troupes. La riposte s’organise. S’engage alors une véritable course contre la montre pour éviter le coup d’État du 11 septembre. Une lutte sociale héroïque et peu connue qui intervient à l’heure où décline la démocratie et se met en place une dictature.
Vendredi 1er novembre à 19h30, rencontre avec David-Julien Rahmil pour la sortie de son essai « L’internet des enfants, Une histoire secrète de l´internet qui éduque, amuse et exploite la jeunesse » aux éditions Divergences
Quand on dit que les enfants passent trop de temps sur les écrans, on ne cherche jamais à comprendre pourquoi. Des comptines ultra-colorées de YouTube Kids aux plateformes de jeux comme Roblox en passant par les serveurs hiérarchisés de Discord, le web fréquenté par les moins de 13 ans constitue un univers parallèle étrange et bien souvent inconnu des adultes. Depuis le milieu des années 1990, cette cour de récréation virtuelle et mal surveillée a permis à plusieurs générations d’enfants de construire leur culture et leur rapport au monde. En retour, les plateformes qui leur sont dédiées ont exploité leur attention, leur image, leur créativité et bien évidemment leur argent de poche. Comment cet outil qui devait libérer les esprits est devenu un système en vase clos qui transforme ses jeunes utilisateurs en consommateurs et créateurs de contenu ?
Mercredi 30 octobre à 19h30, suite au suicide de Tal Piterbraut-Merx, à partir du manuscrit inachevé de sa thèse, un collectif d’ami·es chercheureuses a établi un ouvrage La domination oubliée : politiser les rapports adulte-enfant. Ce collectif sera en partie présent à la librairie pour une rencontre autour du travail de Tal.
Dans cet ouvrage, Tal Piterbraut-Merx critique l’idée selon laquelle l’enfance serait une condition naturelle : au contraire, le statut de minorité et l’institution familiale ont une histoire et se fondent sur des rapports socio-économiques et sur un système juridique et symbolique. En s’appuyant sur des travaux issus de la philosophie classique puis de la théorie féministe, il propose de dénaturaliser et repolitiser la domination adulte, en relation avec les autres rapports de pouvoir. Il ouvre des pistes pour lutter contre l’oppression des enfants et notamment la culture de l’inceste.
Mardi 29 octobre à 19h30, lesture et rencontre avec Claire Star Finch.
Un recueil de poésies queer, dans la collection » Les grands soirs « . Emmène-moi où tu veux, dans ton grenier aménagé. Je m’ouvrirai volontairement la cuisse sur un ongle croûté et je te badigeonnerai de mon désir et tu me niqueras comme un·e chien·ne ou peut-être un·e chat·te et je regarderai les rats faire leur nid dans le toit et le jour se lèvera sur nous super frais comme du lait. Pourtant, je crois encore à la politique. Crache dans ma bouche puis crache dans mon autre bouche se lit comme une itération comique du Corps lesbien, transformé en sentimentale obscénité non binaire. Des fragments de littérature féministe, de tradition radicale Noire, de romans de cruising gay, de mémoires de révolutionnaires jaillissent les uns contre les autres et ruissellent sur les corps désirants des protagonistes. Ce livre demande: le sexe et la poésie peuvent-ils sauver le monde?
Vendredi 25 octobre à 19h30, rencontre avec Simon Massei pour la sortie de son essai, Discipliner les banlieues : l’éducation à l’égalité des sexes dévoyée, publié aux éditions La Dispute.
Cours de masturbation à l’école maternelle, attouchements sexuels sur les élèves au nom de l’enseignement de la « théorie du genre », implication de la franc-maçonnerie ou de réseaux pédophiles… Ces dernières années, l’éducation à l’égalité entre les sexes à l’école n’a cessé d’alimenter rumeurs absurdes et polémiques réactionnaires.
Dans cette enquête menée des ministères aux salles de classe, Simon Massei montre que les politiques d’éducation à l’égalité entre les sexes ciblent principalement le public racisé des établissements de banlieues pauvres. En reconstituant l’histoire de cette politique scolaire, depuis sa production dans le champ administratif à sa réception par les élèves et leur famille, en passant par sa prise en charge par le tissu associatif et local, l’auteur donne à voir comment se nouent les rapports de domination à l’école. Comprendre le phénomène de racialisation du sexisme, comme la construction du « problème musulman », exige dès lors de ne pas les réduire à de simples discours journalistiques ou à des représentations sociales : ce sont des constructions politiques, auxquelles l’institution scolaire, c’est-à-dire l’État, prend directement part.
Simon Massei est sociologue, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université de Picardie Jules Verne. Mais l’essentiel est ailleurs.