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Nathaniel Hawthorne / La marque de naissance / Tendance Négative / Rencontre

Jeudi 24 octobre à partir de 19h30, à l’occasion de la sortie de La Marque de naissance, venez discuter des enjeux de domination, tant masculine que scientifique, ainsi que de la quête de la perfection physique et de la volonté de dépasser toutes les limites. Autant de thématiques qui trouvent un écho particulier à l’ère d’Instagram et du transhumanisme.

Cette nouvelle version, portée par une traduction écoféministe audacieuse, propose une lecture renouvelée de ce classique. Conçue avec un papier qui perd en substance au fil de la lecture et un graphisme soigneusement pensé, cette édition sublime les propos du texte, renforçant son impact visuel et narratif. Un ouvrage où forme et fond se rencontrent pour une expérience de lecture unique.

A propos de Tendance Négative :
Tendance Négative, TN en abrégé, a commencé ses activités en 2012 à Paris. Le concept de notre maison d’édition vient de la fusion entre notre amour des livres et le désir de les voir autrement que comme de simples supports de textes.Dans notre quotidien qui semble plus visuel que jamais, le rapprochement entre le texte et le visuel est de nature à transformer profondément la manière de lire, ressentir et comprendre l’histoire qui nous est narrée. Il s’agit pour nous de donner un nouveau sens à la lecture, un sens qui transcende le mot et l’image. Nous bousculons ou habillons la mise en page pour en valoriser le contenu. Typographie, couleur, texture, la page appelle l’étonnement, l’attachement. En reprenant des grands classiques de la littérature des siècles derniers ou des récits fantastiques plus obscurs, la démarche de Tendance Négative est d’en faire pour le lecteur une expérience inédite. Les mots des écrivains prennent une nouvelle force à travers l’écrin graphique dans lequel nous les faisons évoluer.

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Pacôme Thiellement / Poppermost / MF éditions / Rencontre

Mercredi 23 octobre à 19h30

Dix ans après sa parution, il était plus que temps de rééditer ce qui est depuis devenu le premier chapitre d’une histoire que Pacôme Thiellement n’a cessé de développer et d’approfondir. Poppermost est précieux parce qu’il est cela : le tout de ce qui sera et les balbutiements de ce qui commence ; l’innocence et la détermination.
C’est pourquoi il était impossible de rééditer Poppermost sans revenir sur ce moment initial, sur ce qu’il représenta pour ceux qui le lurent à l’époque et découvrirent ce faisant un univers de pensée et de références en train de se constituer. Nous avons demandé à quelques-uns de ceux qui firent cette expérience de bien vouloir nous dire ce que fut Poppermost pour eux et ce que, chacun pour soi, ils en firent.
Eux, c’est-à-dire Mark Alizart, Claro, Aurélien Lemant, Laure Limongi, Wilfried Paris, Pierre Pigot et Laurent de Sutter. Textes inédits auxquels Pacôme Thiellement souhaita ajouter sa propre contribution. Soient huit suites possibles/impossibles de Poppermost.

Poppermost part d’une hypothèse qui troubla son auteur : la pop music aurait changé le monde et surtout la manière dont on le comprenait. Alors, épaulé par les chansons des Beatles qui en suggéreraient l’essence, il a décidé de voyager à travers ses principales notions, baptisées ici : expropriation originelle, imposture, tour, tournure, qui distingue la pop music (anglaise) du rock (américain) basé au contraire sur l’idée d’authenticité et la figure maîtresse du héros.
Il se contente de mettre en lumière certains rapports que l’auteur a cru, à tort ou à raison, encore inapparents, et d’en tirer quelques premières conséquences. Sous-jacent à son écriture est l’intuition suivante : le tort du christianisme (et de ses variantes modernes : positivisme, marxisme, psychanalyse ou libéralisme) est d’avoir tenté de détruire le royaume des fées et bafoué l’idée d’amour. L’amour courtois, les anarchismes, le dandysme, le surréalisme et la pop culture seraient des retrouvailles (à divers degrés d’immédiateté) avec cette magie immanente qui donne sens à nos vies.

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Thamy Ayouch / La race sur le divan / Editions Anacaona / Rencontre

Mardi 22 octobre à 19h30 Thamy Ayouch présentera son nouvel ouvrage « La race sur le divan » paru aux éditions Anacaona.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :
« La question de la race fait aujourd’hui l’objet de polémiques virulentes : si le racisme s’exprime de manière décomplexée, on s’oppose également à l’antiracisme, aux études intersectionnelles, post et décoloniales, et l’on discrédite en permanence l’expérience des personnes racisées. Or la race n’existe pas. Elle n’en définit pas moins les relations entre groupes et entre sujets. Quels effets psychiques ces rapports sociaux, le plus souvent démentis, ont-ils alors sur les sujets et leur inconscient ? Comment aborder les impensés de la race, leur impact subjectif et leurs conséquences sur la pratique et la théorisation de la psychanalyse ? Comment écouter la race sur le divan ? La visée de cet ouvrage est d’analyser les productions de subjectivité en contexte de racialisation, en combinant à la fois le psychique et le politique, le subjectif et le social, l’individuel et le collectif. »

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Martin Le Chevallier / Répertoire des subversions / Éditions Zones / Rencontre

Vendredi 18 octobre à 19h30, rencontre avec Martin Le Chevallier pour parler de son nouvel ouvrage « Répertoire des subversions » qui paraîtra aux éditions Zones.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

« Enfumer un mariage royal, danser sur un silo nucléaire, transformer un abribus en théâtre… Cet ouvrage répertorie les mille et une façons employées par les artistes, activistes, résistant·es, dissident·es et autres esprits libres pour déjouer la violence des dominations ou la tristesse des conventions, en imaginant des formes d’action non violentes inédites.
Structuré comme un abécédaire, il établit une typologie de ces tactiques d’insoumission créatives : détourner, infiltrer, parasiter, saboter, braconner, bricoler, etc. Sont ainsi rassemblés une multitude d’exemples pris à travers l’histoire et le monde et restitués sous la forme de microrécits.
Des grèves de l’Égypte antique jusqu’au mouvement Black Lives Matter, en passant par les suffragettes, les hippies, les luttes LGBT ou les printemps arabes, les mobilisations les plus diverses croisent des gestes d’artistes qui font irruption dans l’espace public avec insolence, humour ou poésie. Si « subvertir » signifie renverser l’ordre des choses, les subversions dont il s’agit ici sont avant tout symboliques. Armes des faibles face aux forts, elles déstabilisent les dogmes, ridiculisent les puissants et édifient des alternatives insolites.
À la fois boîte à outils, ouvrage de référence et promenade facétieuse, cet inventaire rend hommage à celles et ceux qui désirent agir plutôt que subir. Et invite à en faire autant. »

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Rester étranger / Ouvrage collectif / Éditions B42 / Rencontre et lectures

Jeudi 17 octobre à 19h30 rencontre autour de l’ouvrage « Rester étranger » publié aux éditions B42. Rencontre animée par Caroline Sebilleau et Barbara Manzetti et accompagné de lectures.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

«Rester étranger» a été écrit à plusieurs mains au fil de six années de rencontres, publiques ou intimes, par plusieurs personnes en situation de migration apprenant le français. Retraçant l’histoire de ces rencontres humaines et d’apprentissage des langues, il emprunte à la fois au style documentaire et poétique, entrelaçant des mots, des images et des pensées d’êtres aux histoires individuelles et aux cultures différentes. Le lecteur est invité à suivre ces multiple voix qui racontent leurs traversées, leurs expériences d’exilés et leurs amitiés naissantes, leurs résidences artistiques, l’emménagement dans un espace commun et les retours au pays cabossés, les rires et les difficultés, les discriminations, les souvenirs et les rêves. Le récit se tisse en passant par différents lieux : l’espace public (les rues de Paris), les espaces administratifs (la préfecture), les lieux d’apprentissage (l’université Paris 8, le Bureau d’accueil des migrants), des lieux culturels (La Ménagerie de Verre, Khiasma) ou encore des espaces privés. «Rester étranger» porte une réflexion sensible sur le français et fait de l’écriture un lieu de rencontre et d’hospitalité absolu, allant à l’encontre des politiques migratoires de fermeture et d’exclusion. Nourri de drôles de déformations de mots, de déclinaisons d’expressions et de leurs significations, de malentendus heureux, de cacophonies vertigineuses, d’hybridation de phrases et de percées poétiques fulgurantes, ce livre montre comment l’écriture collective constitue un puissant lieu d’invention et d’hospitalité. Il donne à lire une langue nouvelle, un souffle inédit à la croisée des êtres.

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Benjamin Lemoine / Chasseurs d’États / La Découverte / Rencontre

Mercredi 16 octobre à 19h30 rencontre avec Benjamin Lemoine (sociologue, chercheur au CNRS et au centre Maurice Halbwachs) pour présenter son nouvel ouvrage : « Chasseurs d’Etats, Les fonds vautours et la loi de New York à l’assaut de la souveraineté » aux éditions La Découverte. Rencontre animée par Pierre Tenne.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

« Un avion du président de la République du Congo maintenu au sol dans un aéroport français. Une frégate de l’armée argentine immobilisée au Ghana. Les comptes bancaires de l’ambassade d’Argentine à Paris gelés. La Federal Reserve de New York perturbée dans ses activités pour des institutions étrangères… Ces coups d’éclat judiciaires, spectaculaires et délibérément humiliants pour les États, répondent à une stratégie orchestrée par des financiers cherchant à recouvrir leurs créances et indemnités. À chaque fois, il s’agit d’affronter les « souverains » grâce à des moyens juridiques afin de les forcer à reconnaître et payer leurs dettes. Mais d’où vient ce pouvoir des financiers privés de traduire en justice des États et de saisir leurs biens souverains, qu’ils soient symboliques ou stratégiques ?
Ce livre est le fruit d’une enquête inédite sur les professionnels de la poursuite de la souveraineté (juges, avocats, enquêteurs et chasseurs d’actifs, mais aussi hauts fonctionnaires), dont le foyer d’action est situé dans les tribunaux de New York. Il raconte comment, dans le contexte de la guerre froide et de la décolonisation, il est devenu possible d’engager des procès contre les États qui, nouvellement souverains, nationalisaient leur appareil productif et expropriaient les investisseurs états-uniens. La diplomatie économique des États-Unis, main dans la main avec les marchés de capitaux, a alors veillé à construire le droit de New York comme l’étalon mondial des deals et litiges financiers et commerciaux. Cette alliance entre le droit agressif et la finance radicale contraint les pays à revenir dans le droit chemin. Alors que le réchauffement climatique impose de grands changements politiques, un tel pouvoir financier et juridique pourrait entraver les capacités de régulation, sanitaires ou environnementales, des États souverains. »

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Gérald Auclin / SIGNALECTURE : Edward Lear / Julien Bal

Samedi 12 octobre à 17h

Signature et lecture en extérieur* (sous réserve de la clémence de Zeus) de « Un Livre de Nonsense » d’Edward Lear et de « Ovales » de Julien Bal, tout deux aux éditions Ab irato.

« Un Livre de nonsense » d’Edward Lear (1812-1888) est un classique de la littérature absurde anglo-saxonne et le livre ayant popularisé le limerick. Cinq vers et un dessin pour démolir des personnages grotesques apprenant à marcher aux poissons, tabassant des musiciens trop enjoués, ou cuisinant leur conjoint.
Traduit de l’anglais et présenté par Gérald Auclin.
Monsieur Lear étant indisponible, c’est le traducteur qui se chargera de signer son livre.

« Ovales ». Quatorze textes, dont l’univers oscille entre Georges Bataille et Jules Verne, dans lesquels Julien Bal emprunte des voies à la fois inattendues, burlesques et sombres pour échapper tant que possible à l’ennui du quotidien.
Des figures énigmatiques, attachantes et fugaces cohabitent dans une douce folie générale : un régisseur à Disneyland obsédé par les musiques du parc, un rugbyman sur une plage, une paléontologue en pleine crise existentielle, un homme des cavernes en mal d’amour, des touristes plus ou moins satisfaits de leurs séjours, une mascotte en peluche dans une grotte, un ambassadeur cannibale et une équipe belge de rollers de vitesse !

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Alexis Lager, Rémi Larue/Camus et la nature contre l’histoire/Le Passager Clandestin/Rencontre

Vendredi 11 octobre à 19h30, rencontre avec Alexis Lager et Rémi Larue pour discuter de leur récente parution dans la superbe collection « Les précurseur.ses de la décroissance » aux éditions Le Passager Clandestin : Albert Camus et la nature contre l’histoire. La rencontre sera animée par Agnès Spiquel.

Prix Nobel de littérature au talent universellement acclamé, Albert Camus (1913-1960) fut également un esprit clairvoyant s’alarmant d’une civilisation parvenue « à son dernier degré de sauvagerie » avec l’usage de la bombe atomique.

Pour l’auteur de L’homme révolté, l’histoire a coupé les racines qui reliaient les êtres humains à la nature, subordonnant leurs actions à la poursuite absurde de desseins abstraits et démesurés. Au contraire, à travers ce qu’il nomme la « pensée de midi », il propose le sens des limites, le don et la modestie comme valeurs cardinales. Si, comme nous le rappellent Alexis Lager et Rémi Larue, Albert Camus « ne se voulait pas prophète », relire son œuvre en temps de crise climatique peut nous livrer quelques clefs pour parvenir à « choisir […] entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques ».

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Charles Stépanoff / Attachements : enquête sur nos liens au-delà de l’humain / La Découverte / Rencontre

Mercredi 9 octobre à 19h30, rencontre avec Charles Stépanoff à l’occasion de la sortie d' »Attachements : enquête sur nos liens au-delà de l’humain » publié aux éditions de La Découverte. Rencontre animée par Anne de Malleray.

Comment nous relions-nous à notre environnement et comment nous en détachons-nous ? Comment en sommes-nous arrivés à vivre dans des sociétés dont les rapports au milieu vivant se sont appauvris au point de menacer notre monde de devenir inhabitable ?
On a longtemps défini les humains par les liens les unissant les uns aux autres. Or ils se distinguent aussi par les relations singulières qu’ils établissent au-delà d’eux-mêmes, avec les animaux, les plantes, le cosmos. Sur tous les continents, chasseurs-cueilleurs, horticulteurs ou pasteurs nomades interagissent de mille manières avec une multitude d’autres êtres. Partout, les groupes humains s’attachent affectivement à des animaux qu’ils apprivoisent et avec lesquels ils partagent habitat, socialité et émotions. Notre ouverture à l’altérité va même plus loin. Nous établissons des relations fortes avec les esprits des montagnes et des fleuves, avec des dieux ou des ancêtres. Nous sommes étonnamment polyglottes, capables d’échanger avec un oiseau, une étoile, un esprit. Longtemps ignorée, cette disposition apparaît fondamentale dans le rapport singulier que nous avons construit avec notre environnement au fil des millénaires.
En s’appuyant sur l’anthropologie évolutionnaire, l’archéologie, l’histoire, l’ethnographie et ses propres enquêtes de terrain menées en Sibérie et en France, Charles Stépanoff compare différents contextes anciens et actuels, proches et lointains, où les humains s’attachent d’autres espèces. Au fil d’un parcours captivant qui l’amène à repenser intégralement des phénomènes fondamentaux comme le processus de domestication, la genèse des hiérarchies ou la construction des États prémodernes, il explore cette question inédite : comment les attachements au milieu vivant transforment-ils les organisations sociales ?

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Hélène Gaudy & Maylis de Kerangal / Rencontre croisée

Mardi 8 octobre à 19h30, rencontre croisée entre Maylis de Kerangal et Hélène Gaudy animée par Alain Nicolas

Hélène Gaudy, Archipels, éditions de L’Olivier

« Aux confins de la Louisiane, une île porte le prénom de mon père.
Chaque jour, elle s’enfonce un peu plus sous les eaux. »

Il a fallu que son esprit vogue jusqu’à l’Isle de Jean-Charles pour qu’elle se retrouve enfin face à son père. Qui est cet homme à la présence tranquille, à la parole rare, qui se dit sans mémoire ? Pour le découvrir elle se lance dans un projet singulier : lui rendre ses souvenirs, les faire resurgir des objets et des paysages.

Le premier lieu à arpenter est l’atelier où il a amassé toutes sortes de curiosités, autant de traces qui nourrissent l’enquête sur ce mystère de proximité : le temps qui passe et ces grands inconnus que demeurent souvent nos parents. Derrière l’accumulateur compulsif, l’archiviste des vies des autres, se révèlent l’homme enfant marqué par la guerre, l’artiste engagé et secret. Peu à peu leur relation change, leurs écritures se mêlent et ravivent les hantises et les rêves de toute une époque.

À travers cette géographie intime, Hélène Gaudy explore ce qui se transmet en silence, offrant à son père l’espoir d’un lieu insubmersible – et aux lecteurs, un texte sensible d’une grande beauté.


Maylis de Kerangal, Jour de Ressac, éditions Verticales

«Finalement, il vous dit quelque chose, notre homme ? Nous arrivions à hauteur de Gonfreville-l’Orcher, la raffinerie sortait de terre, indéchiffrable et nébuleuse, façon Gotham City, une autre ville derrière la ville, j’ai baissé ma vitre et inhalé longuement, le nez orienté vers les tours de distillation, vers ce Meccano démentiel. L’étrange puanteur s’engouffrait dans la voiture, mélange d’hydrocarbures, de sel et de poudre. Il m’a intimé de refermer, avant de m’interroger de nouveau, pourquoi avais-je finalement demandé à voir le corps ? C’est que vous y avez repensé, c’est que quelque chose a dû vous revenir. Oui, j’y avais repensé. Qu’est-ce qu’il s’imaginait. Je n’avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d’une ville, d’un premier amour, la forme d’un porte-conteneurs.»