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Charles Stépanoff / Attachements : enquête sur nos liens au-delà de l’humain / La Découverte / Rencontre

Mercredi 9 octobre à 19h30, rencontre avec Charles Stépanoff à l’occasion de la sortie d' »Attachements : enquête sur nos liens au-delà de l’humain » publié aux éditions de La Découverte. Rencontre animée par Anne de Malleray.

Comment nous relions-nous à notre environnement et comment nous en détachons-nous ? Comment en sommes-nous arrivés à vivre dans des sociétés dont les rapports au milieu vivant se sont appauvris au point de menacer notre monde de devenir inhabitable ?
On a longtemps défini les humains par les liens les unissant les uns aux autres. Or ils se distinguent aussi par les relations singulières qu’ils établissent au-delà d’eux-mêmes, avec les animaux, les plantes, le cosmos. Sur tous les continents, chasseurs-cueilleurs, horticulteurs ou pasteurs nomades interagissent de mille manières avec une multitude d’autres êtres. Partout, les groupes humains s’attachent affectivement à des animaux qu’ils apprivoisent et avec lesquels ils partagent habitat, socialité et émotions. Notre ouverture à l’altérité va même plus loin. Nous établissons des relations fortes avec les esprits des montagnes et des fleuves, avec des dieux ou des ancêtres. Nous sommes étonnamment polyglottes, capables d’échanger avec un oiseau, une étoile, un esprit. Longtemps ignorée, cette disposition apparaît fondamentale dans le rapport singulier que nous avons construit avec notre environnement au fil des millénaires.
En s’appuyant sur l’anthropologie évolutionnaire, l’archéologie, l’histoire, l’ethnographie et ses propres enquêtes de terrain menées en Sibérie et en France, Charles Stépanoff compare différents contextes anciens et actuels, proches et lointains, où les humains s’attachent d’autres espèces. Au fil d’un parcours captivant qui l’amène à repenser intégralement des phénomènes fondamentaux comme le processus de domestication, la genèse des hiérarchies ou la construction des États prémodernes, il explore cette question inédite : comment les attachements au milieu vivant transforment-ils les organisations sociales ?

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Hélène Gaudy & Maylis de Kerangal / Rencontre croisée

Mardi 8 octobre à 19h30, rencontre croisée entre Maylis de Kerangal et Hélène Gaudy animée par Alain Nicolas

Hélène Gaudy, Archipels, éditions de L’Olivier

« Aux confins de la Louisiane, une île porte le prénom de mon père.
Chaque jour, elle s’enfonce un peu plus sous les eaux. »

Il a fallu que son esprit vogue jusqu’à l’Isle de Jean-Charles pour qu’elle se retrouve enfin face à son père. Qui est cet homme à la présence tranquille, à la parole rare, qui se dit sans mémoire ? Pour le découvrir elle se lance dans un projet singulier : lui rendre ses souvenirs, les faire resurgir des objets et des paysages.

Le premier lieu à arpenter est l’atelier où il a amassé toutes sortes de curiosités, autant de traces qui nourrissent l’enquête sur ce mystère de proximité : le temps qui passe et ces grands inconnus que demeurent souvent nos parents. Derrière l’accumulateur compulsif, l’archiviste des vies des autres, se révèlent l’homme enfant marqué par la guerre, l’artiste engagé et secret. Peu à peu leur relation change, leurs écritures se mêlent et ravivent les hantises et les rêves de toute une époque.

À travers cette géographie intime, Hélène Gaudy explore ce qui se transmet en silence, offrant à son père l’espoir d’un lieu insubmersible – et aux lecteurs, un texte sensible d’une grande beauté.


Maylis de Kerangal, Jour de Ressac, éditions Verticales

«Finalement, il vous dit quelque chose, notre homme ? Nous arrivions à hauteur de Gonfreville-l’Orcher, la raffinerie sortait de terre, indéchiffrable et nébuleuse, façon Gotham City, une autre ville derrière la ville, j’ai baissé ma vitre et inhalé longuement, le nez orienté vers les tours de distillation, vers ce Meccano démentiel. L’étrange puanteur s’engouffrait dans la voiture, mélange d’hydrocarbures, de sel et de poudre. Il m’a intimé de refermer, avant de m’interroger de nouveau, pourquoi avais-je finalement demandé à voir le corps ? C’est que vous y avez repensé, c’est que quelque chose a dû vous revenir. Oui, j’y avais repensé. Qu’est-ce qu’il s’imaginait. Je n’avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d’une ville, d’un premier amour, la forme d’un porte-conteneurs.»

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Pacôme Thiellement / L’Empire n’a jamais pris fin / Massot / Lancement

Lundi 7 octobre à 19h

Une signature précédée d’une rencontre et d’une discussion avec Mathias Enthoven (coréalisateur de la série), Florent Massot (éditeur du livre), Denis Robert (directeur de publication de Blast)
et Pacôme Thiellement.

« Il n’existe pas de livre qui traite de ce secret,
pas d’individus qui fassent autorité en la matière.
Il n’en est pas moins là :
le Christ contre César.
Tel est le récit sous-jacent rapporté à travers les âges,
depuis deux mille ans,
et qui, en même temps,
n’est jamais rapporté. »
Philip K. Dick

L’EMPIRE N’A JAMAIS PRIS FIN c’est l’exégèse de l’Histoire de notre vie sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France.

C’est un voyage dans le temps et une réponse au roman national.

Une Histoire de France perçue sous le prisme de l’anarchie spirituelle, de la mystique révolutionnaire et de la poésie absolue.

Une histoire de notre lutte, extérieure et intérieure, contre toutes les formes de pouvoirs politiques et religieux.

Une histoire de la reconnaissance au droit de disposer de nous-mêmes et au devoir de ne pas disposer des autres.

Une histoire de nos tentatives d’émancipation, de nos combats, de nos échecs et de nos victoires.

Comment nous nous sommes battus,
Comment nous sommes morts,
Comment nous sommes revenus,
Comment nous avons continué à nous battre.

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Thomas Gosselin & Benoît Guillaume / Ça dépend des animaux / Sarbacane / Lancement

Dimanche 6 octobre à 17h

« Pour votre sécurité, nous vous demandons de patienter calmement dans l’enceinte du parc zoologique », répètent inlassablement les haut-parleurs du zoo de Vincennes aux visiteurs perplexes. Toutes les issues sont fermées : plus rien ni personne ne peut entrer ni sortir. Et tous les réseaux sont en berne : pas moyen de savoir de quelle catastrophe ce confinement soudain les protège. Les hypothèses fusent. Un attentat ? Une pandémie ? Une attaque extraterrestre, pendant qu’on y est ? À moins que le danger ne vienne non pas de l’extérieur, mais de l’intérieur du zoo…L’incompréhension fait peu à peu place à l’impatience, qui glisse elle-même rapidement vers la panique générale. D’autant plus que les animaux commencent à sortir de leur enclos et à se comporter comme des humains : bêtement. Sauve qui peut !

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Claire Braud / La Chiâle / Les Ondes Marcinelles / Lancement

Samedi 5 octobre à 17h

Carilé, la jeune narratrice, est dans un drôle d’état : elle pleure tout le temps. Pendant un de leurs rendez-vous, son amoureux, inquiet, l’encourage à formuler « ce qui ne va pas » : c’est le départ d’une enquête burlesque et pleine de coeur qui nous promène de l’enfance à la vie d’adulte, d’une campagne française en pleine mutation à un reportage télé sur les lieux d’un massacre de civils, en Asie… avec un passage par la capitale française, Paris, un certain 13 novembre 2015. Chagrins intimes et inquiétudes géopolitiques s’accumulent et débordent en une seule grosse larme à la fois politique et sensible, dessinant un récit singulier, très libre, très drôle, et qui attrape avec finesse les questions de l’époque.
Née en 1981, Claire Braud a grandi en Touraine dans la ferme de ses parents éleveurs de vaches, avant de partir faire les Beaux-Arts d’Angers, puis des bandes dessinées à Paris. Elle a reçu le prix Artémisia en 2012 pour son premier livre, Mambo (L’Association, 2011), et depuis La Forêt, une enquête buissonnière (Casterman, 2022 ) elle a amorcé une nouvelle façon de raconter, entremêlant documentaire et autobiographie. La Chiale est son premier album pour les Éditions Dupuis. 

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François Durif / torno subito / Editions Verticales / Rencontre

Vendredi 4 octobre à 19h30, discussion entre François Durif et Gaëlle Obiegly à l’occasion de la publication de « torno subito » de François Durif aux éditions Verticales.

« Lors de mon transbahutement en Italie, j’ai emporté : sœurs, amis, amant imaginaire, père, mère, et leur cancer dormant, la menace de la mort à tout moment, des cartons de livres, des cahiers vierges, des classeurs bourrés, des traces de vie passée, des notes manuscrites jamais relues, des tas de papiers que je voulais détruire, des boîtes remplies d’images découpées, des tapuscrits dont je ne retiendrais que quelques bribes, avant de tout réduire en confettis et de les voir se disperser sous mes yeux. »

Avec Torno subito (« je reviens tout de suite »), François Durif télescope souvenirs d’enfance, perte soudaine de ses parents et enquête sur l’histoire du confetti. Au fil des mois, il s’allège de ses archives, selon un geste joueur : trouer du papier à l’emporte-pièce, tel un Sisyphe heureux.

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Kev Lambert / Les sentiers de neige / Le Nouvel Attila / Rencontre

Jeudi 3 octobre à 19h30, rencontre avec Kev Lambert à l’occasion de la publication « Des sentiers de neige : conte d’hiver » publié au Nouvel Attila. Rencontre animée par Cécile Dazord.

C’est le premier Noël depuis la séparation. Les parents de Zoey se sont fait un calendrier du temps des fêtes pour la garde partagée. Sa mère souffre que son garçon passe le 24 décembre loin d’elle. Zoey sera avec son père au Lac-Saint-Jean, elle l’aura après. Au milieu des flocons scintillants et des grands froids, de Noël au jour de l’An, dans une famille ou dans une autre, Zoey va surtout explorer les sentiers hallucinés de l’enfance avec sa cousine préférée, Émie-Anne, la plus courageuse personne de son âge qu’il connaît.

Les sentiers méandreux serpentent dans la forêt profonde peuplée de monstres et de personnages étranges. Une créature au visage recouvert d’un masque effrayant les épie. Les dangers ne sont pas rares dans ces sentiers qui s’enfoncent encore plus loin à l’intérieur de leur tête. Sauf que, Josiane exceptée, les adultes ne seront d’aucune aide dans l’aventure.

Tantôt inquiétants comme un cantique, tantôt plus magiques et merveilleux que les anges dans nos campagnes, les sentiers de neige nous conduisent jusqu’à la crête de terribles destinées.

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Kaoutar Harchi / Ainsi l’animal et nous / Actes Sud / Rencontre

Mercredi 2 octobre à 19h30, rencontre avec Kaoutar Harchi pour discuter de sa nouvelle parution aux éditions Actes Sud : Ainsi l’animal et nous.

« Les animaux sont tout. Ils sont eux-mêmes, certes, mais surtout ce que nous faisons d’eux. Nous, les humains. Car chaque fois que nous parlons des animaux, nous ne parlons en vérité que de leur animalité : l’état animal que nous décrétons inférieur. Ainsi nous animalisons les animaux, nous les rendons tuables et sans peine nous les tuons. Cet état animal, affirment des humains, n’est pas le propre des animaux, il est également celui de certains humains. Ces autres : les femmes, les prolétaires, les minorités raciales qui, ni homme, ni bourgeois, ni blanc, ont été exclus de la communauté morale par le viol, par l’usine, par le fouet, par l’en fu mage des grottes, par la persécution et par l’enfermement. Car animalisés. Livre tout autant théorique qu’auto-bio graphique, Ainsi l’animal et nous appelle à reconnaître la totalité de la question animale, en laquelle toutes les questions de notre monde se rejoignent. Il devient dès lors possible de tenir ensemble tout ce qui va ensemble, de défaire tout ce qui a été fait. Puis de tout refaire. »

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Pour un féminisme décentré / Soumaya Mestiri / Le Cavalier Bleu / Rencontre

Mardi 1er octobre à 19h30, rencontre avec Soumaya MESTIRI à l’occasion de la sortie de son essai « Pour un féminisme décentré : recadrer, résister » aux éditions du Cavalier Bleu. La rencontre sera animée par Emilie Notéris.

A propos du livre :
Que le féminisme « classique », moderne, ait imposé ses stratégies d’émancipation, ses valeurs et ses combats à toutes les femmes, voilà une thèse que les féminismes différentialistes n’ont cessé de battre en brèche. Féminismes post­coloniaux, décoloniaux, féminismes noirs ou musulmans sont ainsi autant de manière de récuser l’hégémonisme et le maternalisme du féminisme libéral universaliste, ainsi que sa tendance à lisser la singularité.
L’ambition de cet ouvrage est double. Elle est d’abord de relayer la parole de certains de ces féminismes différentialistes qui souhaitent être reconnus dans leur spécificité, refusant d’être assignés à ce qu’ils ne sont pas, à savoir des féminismes essentialistes, qui prôneraient le séparatisme et le repli sur soi. Elle est ensuite de comprendre dans quelle mesure ce recadrage peut aider à voir ce qui se joue dans cette revendication de la différence. Ce que le mouvement fait au genre, c’est sans nul doute de permettre de repenser à nouveaux frais la convergence des luttes, la matrice oppressive, l’identité collective et les stratégies d’émancipation.

A propos de l’autrice:
Soumaya Mestiri est professeure de philosophie politique et sociale à l’Université de Tunis. Ses travaux portent sur le libéralisme et les théories de la justice ainsi que sur les problématiques genrées appliquées au prisme postcolonial/décolonial.
Elle a notamment publié Décoloniser le féminisme. Une approche transculturelle, Paris, Vrin, 2016 et Élucider l’intersectionnalité. Les raisons du féminisme noir, Paris, Vrin, 2020.

Autrice, traductrice et animatrice d’ateliers d’écriture, Émilie Notéris se définit comme une « travailleuse du texte ». Elle a publié plusieurs ouvrages. Elle participe régulièrement à des workshops et des conférences dans le champ de l’art, du cinéma, des arts vivants et de la littérature.

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Revue Fracas / La révolution écologique qui vient / Rencontre

Dimanche 29 septembre à 17h00, lancement du premier numéro de la revue papier Fracas : présentation, échange avec le public et apéritif convivial.

Fracas est un média papier, numérique et audiovisuel consacré à l’écologie, ses enjeux, ses luttes et ses courants de pensée. Fracas est un média radicalement indépendant, critique et, on l’espère, utile à toutes celles et ceux qui veulent sortir de l’impuissance face à la catastrophe sociale et écologique en cours.

Présentation du premier numéro : « La révolution écologique qui vient » par l’équipe de Fracas :
« La bataille pour l’écologie a commencé. Désormais, tout le monde veut en être : l’extrême centre nous promet un capitalisme « décarboné » tandis que l’extrême droite flirte avec un pétainisme vert. Au milieu, le camp de la justice sociale et de l’émancipation est parvenu à placer les enjeux écologiques au cœur de l’agenda politique. Au risque de voir ses mots d’ordre lui échapper ? Ce numéro, le premier de Fracas, explore les voies et les impasses de l’écologie politique. »