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Violaine Baraduc / Tout les oblige à mourir / CNRS Editions / Rencontre

Mercredi 27 mars à 19h30

La logique génocidaire à son point d’incandescence : l’infanticide.
Un questionnement sur la place des femmes dans les massacres à l’occasion de la commémoration des trente ans du génocide.
En 1994, le génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda n’épargne pas les relations les plus intimes. Dans certaines familles  » mixtes « , des grands-parents, des oncles, des tantes, des cousins, des maris, et même des pères ou des mères, s’en prennent à leurs proches. Ainsi de Béata Nyirankoko et Patricie Mukamana. Après plusieurs semaines de massacres sur tout le territoire, ces deux paysannes hutu se résignent à tuer les enfants qu’elles ont eus avec leur maris tutsi.

À partir d’entretiens, d’archives judiciaires et d’observations, cette enquête donne à entendre les voix des deux mères et celles de différents membres de leur famille, accusés ou rescapés. Interrogeant le rôle des femmes et des rapports de genre dans les tueries, elle dévoile certains rouages essentiels du retournement des liens affectifs et sociaux à l’œuvre durant un génocide commandité par l’État, mais massivement exécuté par la population.

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Tremble parlure II : écrire c’est lire et faire passer / Nicole Caligaris

Rencontre avec Nicole Caligaris mardi 26 mars à 19h30

En juin 2019 pendant toute une semaine se tint au Monte-en-l’air un petit festival remuant, baptisé Tremble parlure. Florian Caschera, auteur et musicien, notamment chanteur du groupe Arlt y invitait chaque soir une poignée de romancier.es et de poètes à parler avec lui de l’enfance, de l’ivresse et de la folie considérés comme instruments du langage, territoires mentaux, accélérateurs de parole ou zones érogènes dans la littérature. En cette année 2024, Tremble parlure revient, sous une forme feuilletonesque, à raison d’un rendez-vous par mois. Ainsi, de Février à Juin, Florian Caschera invitera au Monte-en-l’air 4 autrices et 1 auteur à présenter leurs lectures, à dire en quoi les livres des autres informent leur propre écriture et en quoi ces livres éclairent, définissent, augmentent ou délimitent leur conception de la littérature.

Avec, dans l’ordre d’apparition :
Anne Serre
Nicole Caligaris
Stéphane Bouquet
Marie-Hélène Voyer

Nicole Caligaris écrit des romans qui sont des deltas, des automobiles, de véhémentes pièces musicales trépignant parfois à deux phalanges de l’harmolodie. Le monde y bruisse incessamment mais tenu hors tout naturalisme par une langue érectile et mouvementée, des géographies polymorphes, pas mal de swing et de vraoum, beaucoup de bonheur aussi dans la dissonance. Nicole Caligaris écrit des romans dont on peut dire qu’ils sonnent VRAIMENT. C’est aussi une lectrice qui ne manque ni de curiosité ni d’estomac et une passeuse de premier plan. On aime presque autant ce qu’elle a dit de Mervyn Peake, de Gilbert Sorrentino, de Jean-Pierre Martinet ou d’Emmanuel Bove qu’on les aime, eux.

Nous sommes heureux de la recevoir au Monte-en-l’air pour l’écouter lancer quelque giboulée de livres forcément gesticulants choisis par elle pour l’occasion.

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Cédric Durand & Razmig Keucheyan / Comment bifurquer / Rencontre

Mercredi 20 mars à 19h30

Face au dérèglement climatique, pour éviter que les scénarios les plus sombres ne se réalisent, il y a urgence à bifurquer, à opérer un virage à 180 degrés dans les modes de production. Le marché seul ne le pourra pas. Une telle transition requiert une politique de planification écologique ambitieuse. Ce livre en expose les principes.

Après des décennies de fantasmes néolibéraux sur les vertus autorégulatrices du marché, les gouvernants reparlent aujourd’hui de « planification » face à l’urgence climatique. Au-delà des affichages, en quoi consisterait une authentique politique de planification écologique ?

Pour le comprendre, ce livre propose de revenir sur l’histoire de cette notion au XXe siècle, entre économies de guerre et expériences socialistes, de revisiter les débats classiques ayant opposé les adeptes du « signal prix » et de ceux du « calcul en nature », mais aussi de montrer en quoi la situation actuelle change la donne, à commencer par les nouveaux outils numériques, porteurs de capacités inédites pour gouverner la production par les besoins.

Tant qu’ils resteront pris dans le carcan du « libre marché », les écogestes de consommateurs responsabilisés seront impuissants à opérer la transition nécessaire pour réduire drastiquement les émissions carbone. Face à ce défi, ce livre tente de poser les piliers d’un programme de planification écologique ambitieux fondé sur la décroissance dans l’exploitation des ressources naturelles, la relocalisation de l’économie, la justice environnementale et la démocratie économique.

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Victoria Kaario et Juliette Binet / L’amour géométrique / Rouergue / Dédicace

Dimanche 17 mars à 17h30

« Après Le temps est rond, Juliette Binet et Victoria Kaario proposent un nouvel album pour les tout petits. Dans L’amour géométrique, la petite Céleste va avoir un petit frère. Son arrivée imminente pourrait la réjouir mais Céleste s’inquiète : quand le bébé sera là, y aura-t-il assez de place pour tout le monde à la maison? »

Double dédicace en présence de Juliette Binet et Victoria Kaario autour des albums Le temps est rond et L’amour géométrique aux éditions du Rouergue.

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Guillaume Meurice / Dans l’oreille du cyclone / Rencontre

Jeudi 14 mars à 19h30 chez nos voisins du Lieu-Dit 6 rue Sorbier

C’est l’histoire d’une blague qui commence sur France Inter et qui finit à la police judiciaire, en passant par CNews et l’Assemblée nationale.

Celle d’un clown pris dans la tourmente d’une polémique médiatique et politique sans fin, sujet aux insultes, aux menaces, aux pressions absurdes.

C’est l’histoire (drôle) du lien entre notre époque et la pratique humoristique, à mi-chemin entre rire et sport de combat.

Dans ce document, journal de bord d’une tempête médiatique, Guillaume Meurice raconte comment les polémiques se fabriquent et se défont.

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Pierre Douillard-Lefèvre / Dissoudre / Rencontre

Mercredi 13 mars

Nous avons vu l’État s’attaquer au mouvement écologiste après avoir démantelé des associations anti-racistes musulmanes et contestataires. Nous avons vu les manifestations interdites et l’antiterrorisme maintenir l’ordre. Nous avons vu un ministre menacer la plus ancienne organisation de défense des Droits de l’Homme. L’objectif de ce régime n’est pas de susciter l’adhésion mais la soumission, pas de provoquer l’action mais l’apathie. Dissoudre tout ce qui fait commun. Alors que l’horizon se rétrécit, cet essai propose une histoire des procédures de dissolutions et la manière dont elles incarnent désormais la gouvernementalité contemporaine. Mais surtout, il se demande comment faire face.

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Anne Clerval et Laura Wojcik / Les naufragés du Grand Paris Express / Rencontre

Mardi 12 mars à 19h30 chez nos voisins du Lieu-Dit 6 rue Sorbier

Les aménagements urbains pour les jeux Olympiques 2024 ont suscité de vives résistances, notamment à Saint-Denis et Aubervilliers, au nord de Paris. Mais, au-delà des JO, c’est un immense projet de renouvellement urbain qui se profile avec le Grand Paris d’ici 2030. Dans les banlieues populaires, de nombreux habitants et habitantes sont expulsés, expropriés de leur maison, relogés dans un autre logement social et doivent laisser place aux 68 futures gares du nouveau réseau de transport du Grand Paris Express. Autour de chacune de ces gares, de grands projets urbains prévoient la démolition de milliers de logements sociaux, reconstruits plus loin, plus chers, tandis que les prix immobiliers augmentent rapidement dans le parc privé. En décalage complet avec les besoins des classes populaires qui se paupérisent depuis des décennies, la Métropole du Grand Paris se construit pour tenir son rang dans la concurrence internationale, en rentabilisant le sol urbain et en cherchant à attirer de nouveaux investisseurs. À partir d’une enquête de terrain menée autour des futures gares de huit communes de proche couronne, ce livre raconte l’histoire vue par les perdants de cette opération.

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Pacôme Thiellement / Le secret de la société / Rencontre

Jeudi 7 mars à 19h30

« Et pourtant, tout pourrait changer. » Telle est l’idée centrale qui préside au nouveau livre de Pacôme Thiellement, un livre qui approfondit du côté de la politique les leçons de ses livres précédents. Tout pourrait changer, mais tout est mis en oeuvre pour que rien ne change. Tout pourrait changer, mais personne ne le veut vraiment. Vraiment ? Non. En allant creuser du côté du « secret de la société », Pacôme Thiellement met à jour une tradition cachée, qui relie ensemble celles et ceux qui n’ont pas renoncé au changement – ni à considérer l’humanité comme quelque chose de pas tout à fait foutu. Cette tradition, qui passe de Honoré de Balzac à Jacques Rivette, du Chat de Chester à la Baghavad-Gita, de Jeanne d’Arc au Langage des oiseaux ou de Simone Weil à Antonin Artaud, est une tradition des marges et des profondeurs, où luit encore la possibilité de l’absolu. Somptueuse méditation sur la paranoïa qui hante les espaces de la politique contemporaine, plaidoyer pour une humanité survivante, chant d’amour pour les êtres et les oeuvres qui continuent à nous guider dans le noir, c’est peut-être le plus beau livre de Pacôme Thiellement.

Avec le scénario inédit de L’Année prochaine à Paris, de Pascal Bonitzer, Christine Laurent et Jacques Rivette.

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Emmanuel Beaubatie / Ne suis-je pas un.e féministe ? / Rencontre

Mercredi 6 mars 19h30

Qui a le droit de se réclamer du féminisme ? Qui est légitime à faire partie du mouvement ? Depuis près de cinquante ans, des militantes de la cause des femmes excluent les trans’ et vont jusqu’à nier leur existence. Le cas des trans’ n’est pas isolé : il prend place dans la longue liste de celles qui, au nom de l’universalisme ou de la nature, se sont trouvées marginalisées. Lesbiennes, femmes noires, femmes portant le foulard, travailleuses du sexe… beaucoup ont, un jour ou l’autre, été amené·es à poser la question : ne suis-je pas un·e féministe ?

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Revue Plurivers / Décoloniser le changement climatique / Éditions du Commun / Rencontre

Vendredi 1er mars à 19h30

La revue Plurivers est propre à l’Observatoire Terre-Monde, centre d’étude des écologies politiques des Outre-mer et proches Régions. Elle est née d’une volonté, celle de mettre en lumière la diversité des enjeux écologiques inhérents aux territoires dits « d’Outre-mer ». À l’heure où l’impératif écologique nous enjoint à repenser collectivement nos manières d’habiter la Terre et de vivre-ensemble, l’OTM a pour vocation de créer des espaces de rencontres internationales et transdisciplinaires mêlant universitaires de toutes disciplines et différent·es acteur·rices de la société.

Développé au sein du courant des études décoloniales en Amérique Latine, le terme de Plurivers vient aujourd’hui remettre en cause la domination et l’hégémonie des épistémologies « eurocentrées ». Il oppose à un universalisme réificateur et abstrait, un Pluriversalisme ayant pour objectif la prise en compte de la multiplicité des façons d’être au monde, en s’attachant plus particulièrement à visibiliser les épistémologies et les pratiques dites du « Sud ». Plurivers porte donc de façon intrinsèque une remise en question de la hiérarchisation des productions épistémiques du monde ainsi qu’une perspective décoloniale qui se place au cœur même de la production des savoirs et de leurs circulations.