Mercredi 04 mars à 19h30, rencontre avec Maxime Cervulle et Gianfranco Rebucini
Dans le monde de l’après-11 Septembre, l’idéologie du « choc des civilisations » se combine à celle d’un « choc des sexualités ». Nous aurions d’un côté le monde occidental, tolérant et libéral, de l’autre le monde musulman, sexiste et homophobe.
Une part non négligeable du mouvement gay états-unien, en quête d’intégration et de respectabilité, s’est ainsi engagée sur la voie d’une normalisation « homonationaliste » et soutient les guerres « contre le terrorisme ». Parallèlement, la réception américaine des images de torture d’Abu Ghraib met en évidence les difficultés du féminisme et de la pensée queer à penser les questions de race et d’impérialisme.
C’est à l’analyse de cette intrication complexe entre politique des sexualités et projets impérialistes occidentaux, qui fait pendant à la question de l’instrumentalisation du discours féministe par des politiques racistes et impérialistes, qu’est consacré Homonationalisme.
Jasbir K. Puar est professeure au département de Women’s & Gender Studies de l’université de Rutgers. Ses recherches visent à articuler les questions relatives au genre et aux sexualités avec une perspective postcoloniale.
Préface de Gianfranco Rebucini. Traduction de Maxime Cervulle.
Une performance inédite faite de lectures, d’extraits sonores et de causeries, quelque part entre la conférence de presse théâtralisée, la séance d’écoute, l’auto-interwiew et la liturgie portative ! Oui !
Mais qu’est-ce que c’est que ça : Modestine ?
Hein ?
Alors (voix docte) :
« Modestine est un patelin mental hanté par :
-Victor Rassov (poète hérmético-burlesque , auteur de L’oiseux et de Morosités, des livres)
– Sing Sing (bien connu des services du Monte-en-l’air pour y avoir fomenté moult soirées de parlure et par ailleurs membre du duo Arlt).
De ce patelin mental où matières terreuses (voire boueuses voire collantes) abondent au milieu des abstractions et autres concepts volatiles, il est question tout au long de l’album Grand dommage (une cassette remplie de chansons poignantes, de micro-tubes étranges et sexy, de collages sonores ultra-bruts et de fanfares colorées).
Au programme : la Nième surprise de l’amour, le mystère des légumes, les probabilités du diable, les lueurs, le gligli.
De ce patelin mental il est question tout autant dans Peur bien, roman choral un peu zutique, un peu paysan, écrit à deux et constitué de proses interrompues, feuilletons versifiées, ruminations théologiques zinzins, rumeurs SF, métaphysique carnavalesque, lyrisme comique, trous.
Les textes sont rythmés par les céramiques convulsives de Mariette Cousty : ce sont des arrosoirs en pierre qui penche, des calvaires aux couleurs d’amygdales, des épis de faitage de cartoon. Tout un art vernaculaire dont on pourrait dire qu’il a franchement mal tourné.
Les lecteurs de Peur bien l’ont comparé qui à Guiraudie ou au Dumont de Ptit Quinquin, qui à la genèse et à Twin Peaks, à l’Apocalypse et au Cadavre Grand m’a raconté d’Ivar Ch’vavar ».
Hé ben !
Venez y voir pour mieux vous rendre compte en vrai !
Ce sera mystérieux, déroutant, excitant, y’aura des gros mots et des miracles !
Dans la famille des amours impossibles je demande le berger et le loup… Bonne pioche ! Pour le cinquième volume de la collection Bédé cœur, Eric Schwarz joue la carte de la fable pastorale : Un jeune pâtre tombe sous le charme d’un loup terriblement séduisant et s’attire les foudres de sa famille, un patriarche et ses deux fils fermement opposés à cette union contre-nature. Mais l’amour peut déplacer des montagnes et pour vivre libre il faut parfois quitter le troupeau ou du moins ce qu’il en reste, son amant a les dents longues et un fort bel appétit.
Bien plus qu’une histoire d’amour, Wolf Moon est une ode à la liberté, un hurlement qui vient du fond du cœur.
Lorsque Eric Schwarz marche dans les pas de Shakespeare ça laisse des traces, particulièrement dans la neige. Cette étoile montante de la bande dessinée allemande nous entraîne sur les pentes escarpées des Alpes Bavaroises et nous offre une histoire d’amour fragile comme une Edelweiss. S’il travaille régulièrement avec le New York Times, enseigne à la prestigieuse HBKsaar, expose à Berlin, Paris, New York ou Minorque, son talent pour la bande dessinée est aussi éclatant qu’un clair de lune.
Le vendredi 27 février à 19h30 – Rencontre autour des livres Un pieu à soi (Ivan Berquiez), La nuit je suis Buffy Summers (Chloé Delaume) et La révolte à coup de pieu (Marion Olité)
En cette période où nous avons bien besoin de lutte contre les forces du mal, rendez-vous le 27 février à 19h30 pour une soirée autour de Buffy contre les vampires en compagnie d’Ivan Berquiez, Chloé Delaume et Marion Olité. Parce que Buffy contre les vampires a toujours plein de choses à raconter, nous vous invitons à venir les entendre parler de leurs livres Un pieu à soi, La nuit je suis Buffy summers et Buffy ou la révolte à coups de pieu. Trois textes qui revisitent et tirent les fils de cet univers.
Un pieu à soi, Ivan Berquiez, Éditions de la variation En faisant se rencontrer Virginia Woolf et l’univers de Buffy contre les vampires, Ivan Berquiez vise à participer à une relecture féministe et queer de la biographie de l’écrivaine britannique, en repensant l’impact que sa bisexualité, sa maladie mentale ou encore son vécu de violences incestueuses ont eu sur sa vie et son œuvre.
La nuit je suis Buffy Summers, Chloé Delaume, Éditions Jou: Roman interactif s’inspirant des traditionnels livres dont vous êtes le héros, La nuit je suis Buffy Summers mêle fan-fiction et détournements littéraires. Édité par les éditions ère en 2008.
L’hôpital psychiatrique dans lequel vous séjournez est en proie à l’agitation. Vos voisins de cellule sont fébriles, le personnel soignant tendu ; les rumeurs se répandent, les incidents se multiplient. Vous ne voyez pas le rapport entre le trafic d’organes orchestré par l’infirmière en chef et la dénommée Buffy Summers aka la Tueuse, héroïne de série télévisée. Pourtant vous allez devoir enquêter, survivre, et peut-être même sauver le monde. Enfin si vous êtes prêt à jouer.
Buffy ou la révolte à coup de pieu, éditions Playlist society ou éditions Leduc pop culture : Buffy Summers est devenue un symbole de réappropriation du pouvoir par les femmes. Au-delà de cette figure féminine puissante, la série revalorise les bienfaits du collectif dans notre société individualiste en crise. Buffy ou la révolte à coups de pieu explore les différentes facettes d’une série unique, qui offre des pistes de réflexion pour mieux vivre ensemble, et peut-être même sauver le monde.
Vincent Rissier sera l’invité de la librairie le vendredi 20 février à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Contre l’écologie de guerre » aux éditions La Dispute.
La rencontre sera animée par Clément Quintard de la revue Fracas.
Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :
Alors que le monde marche à la guerre, les néolibéraux, le complexe militaro-industriel et les forces écologistes mainstream convergent pour défendre un « militarisme vert », entraînant le monde dans un double abîme guerrier et écocidaire. Dans cet essai politique documenté et incisif, le militant écologiste Vincent Rissier mène une critique de cette « écologie de guerre » qui justifie les intérêts géopolitiques de la France et de l’Union européenne au nom d’une transition écologique en forme de pillage. Son livre est un appel à ce que le mouvement écolo renoue avec ses traditions anti-militaristes et anti-impérialiste et participe à la construction d’un vaste mouvement anti-guerre en France.
Jeudi 19 février à 19h30, rencontre avec Louisa Yousfi
Une famille de l’immigration algérienne part enterrer le père au pays. Au cours de ce voyage, perturbé par des apparitions, quelque chose se décante : le secret des peuples que l’exil échoue à faire oublier.
La grande méthode explore la couture délicate entre le monde visible et les mondes invisibles qui persévèrent dans l’ombre et habitent encore les esprits « occidentés ».
Louisa Yousfi est journaliste et écrivaine. Elle a été pensionnaire de la Villa Médicis (2024-2025). Elle est l’autrice de Rester barbare (La fabrique, 2022).
Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre seront les invités de la librairie le mercredi 18 février à 19h30 à l’occasion de la sortie du nouvel ouvrage qu’ils ont dirigé : Mondes postcapitalistes aux éditions la Découverte.
Seront présent.es plusieurs contributeur.ices de l’ouvrage.
La rencontre sera animée par Pierre Tenne de la revue A bas bruit.
Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :
Coordonné par Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre, cet ouvrage réunit près de 80 auteurs et autrices pour élaborer les voies d’une civilisation postcapitaliste. Abécédaire critique et pratique, manifeste polyphonique, il met entre toutes les mains une boîte à outils pour ouvrir des possibles, nourrir les luttes et inventer d’autres manières d’habiter la Terre.
Rendez-vous le mardi 17 février à 19h30 pour découvrir la revue Flippeur ! Nous fêterons la parution du 3e numéro en compagnie de Romy Alizée, Audrey Vernon et David Simonetta ! Présentation, dédicaces, apéro !
Flippeur est une revue d’entretiens imprimée en risographie. Une personnalité raconte sur le vif son obsession du moment. L’envers de l’époque à travers les obsessions qu’on y développe.
Flippeur #0 Marcel Duchamp par David Simonetta illustré par Dove Perspicacius Flippeur #1 Hannah Arendt par Audrey Vernon illustré par Constance Proux
Moi, Franky, drogué, prostitué, directeur du festival de la bédé, Felder et Kahttou
Franky Baloney, éternel loser du 9e art, est en fin de carrière lorsqu’on lui offre l’occasion de diriger l’un des plus grands festivals de BD du monde. Ce qui s’annonçait comme un nirvana va se transformer rapidement en enfer. Toutes ses brillantes et astucieuses idées se retrouvent (littéralement) aux toilettes, les budgets sont ridiculement riquiqui, toute la profession déteste l’événement, une pandémie mondiale pointe le bout de son nez… et, surtout, son patron monsieur Bondox lui coupe les ailes et le sifflet à longueur de journée. Tout cela finira mal ? Bien sûr que non… Ce sera pire que ça ! Fort de sa brève mais authentique expérience de directeur artistique d’un festival jamais cité, mais que l’on reconnaîtra sans peine, Frédéric Felder, alias Franky Baloney, épaulé par Bernard Khattou, nous livre une réjouissante pantalonnade, teintée à l’humour noir, qui va en rhabiller plus d’un pour l’hiver. Cette visite guidée des coulisses, où la consternation le dispute au burlesque, nous permet aussi de mieux comprendre pourquoi ce festival incontournable vient d’exploser, bêtement, en plein vol. Après les collections «BDcul» et «Bédé cœur», voici «BD Vengeance» ! Et on ne pouvait pas rêver mieux pour l’inaugurer que cette satire au vitriol. Amateurs de fiel et de rire sauvage, jetez-vous sur ce futur collector dont l’engouement dépassera rapidement le cercle du 9e art.
Une exploration de la richesse de l’art narratif de la bande dessinée à travers la polysémie de la case noire, procédé récurrent ici réagencé par l’artiste en un vaste récit collectif, transtemporel et transgéographique.
Ilan Manouach poursuit avec Tarwar le projet initié avec son Abrégé de bande dessinée franco-belge, mais élargit sa portée pour explorer la bande dessinée mondiale. En exploitant les technologies de vision par ordinateur pour étudier des milliers de bandes dessinées de diverses cultures, Tarwar se concentre sur un élément visuel récurrent : la case noire. Ces éléments emblématiques, découverts dans des bandes dessinées à travers les genres, les régions et les contextes culturels du monde entier, incitent à la réflexion et signifient des pauses narratives, suggérant souvent des moments d’introspection et de suspense. Embrassant l’universalité de ce motif, Tarwar, entièrement composé de cases noires, révèle la manière dont la bande dessinée sert de langage partagé qui transcende les frontières géographiques, culturelles et stylistiques, créant une expérience narrative collective dans un monde globalisé.
Jurassik Reich, Félix Kerjean
Conçu comme un simple journal de campagne, « Jurassik Reich » nous plonge au cœur de la bataille du Jurassique. Guerre longtemps oubliée, vue trop souvent comme un massacre de dinosaures par des soldats nazis, l’auteur nous propose un regard plein d’humanité envers ces hommes et ces femmes qui ont combattu des monstres antédiluviens. Ce récit en couleurs nous dépeint également les travers d’une guerre, qui comme tous les conflits nous amène son lot de cruauté et de crimes sexuels ; mais aussi des petits moments qui font le quotidien d’un soldat, où le temps est suspendu et les distractions salvatrices.
Félix Kerjean, aux traits évoquant un Willem haut en couleurs, met en scène par des scénettes un combat des plus grands « méchants » que la Terre ait porté, sans se priver d’y mêler barbarie et instants grotesques, références artistiques et sadisme, humanité et inhumanité.
Vendredi 13 février à 19 heures lancement apéro dédicaces avec Camille Victorine et Anna Wanda Gogusey !
Polly peut tout : un livre à offrir à toustes les ados de votre entourage !
Présentation de l’éditeur : Polly est une préado parfaite. Polly est souriante, Polly est polie, Polly est gaie et tourbillonnante, mais Polly perd sa joie quand un vieux monsieur l’agresse dans le bus. Heureusement, sa grande sœur partage avec elle un secret bien gardé et lui ouvre les portes d’un autre monde. Un monde dans lequel tout est possible, un monde où Polly n’a pas besoin d’être polie et où elle peut se défouler autant que se réparer. Une BD délirante et jubilatoire, qui engage le dialogue sur le sujet des agressions et offre des réponses peu académiques, mais toujours joyeuses, pour faire face et se sentir mieux.
Camille Victorine est productrice, performeuse, agente d’artistes et autrice. Anna Wanda Gogusey est illustratrice et tatoueuse. Elle travaille pour l’édition, la presse, des institutions culturelles et des festivals.