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Aurélie Olivier / Mon corps de ferme / Editions du commun / rencontre avec Benoît Colboc

Jeudi 19 janvier à 19h30

Aurélie Olivier publie son premier livre de poésie « Mon corps de ferme » aux éditions du commun. C’est avec une immense joie que nous la recevons pour une discussion avec Benoît Colboc, auteur de Topographie aux éditions Isabelle Sauvage.

Le rencontre sera animée par Alain Nicolas.

Mon corps de ferme de Aurélie Olivier, éditions du commun
Se présentant comme un « texte terroir tout terrain », le recueil d’Aurélie Olivier développe une poésie de l’agroalimentaire, en forme de retour sur son enfance dans une ferme d’élevage. À l’histoire de l’industrialisation de la campagne se mêle celle, plus intime, de sa famille. À l’aune de son histoire particulière, Aurélie Olivier examine ce que l’industrie agro-alimentaire et les fermes qui en sont à la base disent du monde. Catholicisme, genre et sexualisation des corps, consommation, Aurélie Olivier dissèque l’enfance rurale qui a été la sienne dans une langue propre à son milieu d’origine : pudique, parcimonieuse, tout en étant chargée de références et de double-sens.

Topographie de Benoît Colboc, éditions Isabelle Sauvage
D’une histoire banale en soi, Benoit Colboc forme un vrai projet littéraire. C’est dans l’écriture même de ce récit non linéaire, construit par petites touches, que semble se faire jour une compréhension, laissant par là-même le lecteur tracer son chemin, sa carte, sa topographie. L’auteur n’explique pas : pas de liens de causalités, encore moins d’effets, ni de morale. Il sait qu’il faut se défier de sa mémoire, de son imaginaire, de ce qu’on prend comme des vérités, cette « boucherie sans hémoglobine que l’on appelle souvenirs ».
Il y a donc une famille (un père, une mère, une sœur, un frère et enfin le « dernier », le narrateur). La famille est ordinaire, entendons par là qu’elle répond aux us et coutumes d’une époque, avec ses habitudes, ses « qu’en dira-t-on » ; sorte « d’entre soi » social et culturel ennuyeux. Chacun a sa place, ou plutôt la place que les autres lui laissent et/ou qu’il veut ou peut bien prendre. La pièce centrale est le père, et pourtant si peu là. Chacun s’appréhende en fonction de cette place, ainsi le père et la fille « se comprennent » parce que chacun est l’aîné de sa fratrie, ou encore le fils « sillonne le succès » et respecte « les bases », voué à prendre la suite du père… Sauf le « dernier », décalé, en hostilité avec le père car il a « déplacé le pire pour élucider sa souffrance », les souvenirs l’égarent, induisent des erreurs qui font du père « un monstre ».
Un événement redessine la carte : le suicide du père, qui ébranle la distribution des charges et dément les certitudes. Avec cette disparition, le père, qui aimait « les entre-deux, les ambiguïtés », a choisi la radicalité : il « s’est libéré ce père fracturé », « il décidait une dernière fois ». La mère, gardienne du « cela ne se fait pas », retrouve quelques accents à sa vie. Le « on ne dit rien à personne » s’entrouvre : le « dernier » a été tous les vendredis soirs « l’enfantchériprêté de tous les caprices » à un couple de personnes âgées. Annihilé et oublié pendant des années, ce couple de vieux, leurs gestes et les circonstances. Mais il y a comme des « flous » – quelques bribes des actes subis – qui perdurent, déplacés : « longtemps je les ai cherchés dans un rêve avec le père ». Et ceci s’effondre avec le suicide, cette fracture : « Je l’accablais de ce qu’il n’avait jamais fait ».
Une défaillance que le narrateur sature avec son écriture boitillante, ses phrases heurtées, son récit désarticulé, ses conjugaisons mélangées… se désavouant puis rétablissant enfin : « j’avais refusé de voir », de le voir, « Lui qui m’aimait et qui était moi. J’étais lui ». Une « concorde » peut dès lors s’établir, mais du côté d’une balafre : « je / tu / fondus / Nos démolis ». Ainsi partagent-ils sans doute l’ambivalence de la honte et de la culpabilité ?

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Richard Walter / La Faute à Kerouac / Les Impressions Nouvelles / Lancement

Lundi 16 janvier à 19h30

Rencontre animée par Benoît Peeters, éditeur aux Impressions Nouvelles.

Les années 70 sont loin. Les téléphones n’étaient alors ni smarts ni mobiles, les voitures pas encore hybrides. Un jeune homme, en rupture, part à l’aventure sur les routes d’Europe. Pour se découvrir, mais avant tout pour rencontrer l’âme sœur. Au hasard de ses voyages, il rencontre d’autres voyageurs, dort en prison, fait fumer un joint à un aumônier, le tout saupoudré de rock plus ou moins dur et de drogues plus ou moins douces. Mais « partir c’est partir loin et partir loin c’est revenir », et Kerouac, son idole, est décédé en 1969. Cette chronique gentiment déjantée d’un monde parallèle où l’auto-stop pouvait emporter très loin ses serviteurs est d’une irrésistible drôlerie.

L’AUTEUR
Richard Walter a choisi l’école de la rue à laquelle ses études « humanistes » ne le prédisposaient guère. Il été, parfois très brièvement, équipier chez Mc Donald, arpète sur les chantiers, figurant, éboueur, plongeur (en apnée dans les bacs de lavage) à Rome, « triton » au théâtre, jardinier-paysagiste au Royaume Uni. Assagi, il tombe dans la photo, devient même redac’chef d’un magazine. Mais pas encore bien assagi, il quitte son poste pour devenir gardien vacataire au musée du Louvre, puis à celui de Montmartre. Il vit et écrit dans le 18 ème arrondissement. 

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AS A GHOST MOVIE / Lancement livre

Vendredi 13 janvier de 18h à 20h

BOOK LAUNCH ALERT / VENDREDI 13 JANVIER 2023

Venez fêter ensemble la sortie de « AS A GHOST MOVIE » á la librairie Le Monte-en-l’air.

AS A GHOST MOVIE est un recueil d’images.
À la manière d’un carnet de route non linéaire, mélangeant plusieurs techniques de capture :
du téléphone à l’argentique en passant par la peinture numérique.

Produit entre 2021 et 2022.
À la sortie d’une année d’immobilisation forcée, ces images ont été capturées dans un moment où le retour
au mouvement et à la matière furent à la fois autant réjouissant que déstabilisant.
Et où nous étions comme des fantômes revenant au monde.

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Nine Antico & Amina Bouajila / Vulva Vulgaris / Lancement

Jeudi 12 janvier à partir de 18h30, Lancement en présence de Nine et Amina. Sortie en avant-première de Madones et putains de Nine Antico aux éditions Dupuis.

Qu’on se le dise, la jeune A2B est une reine. Mais pas n’importe laquelle : la reine du cul, bien entendu ! Et dès qu’elle le tortille comme un cocotier brassé par la tempête un soir d’halloween, la nouba vire à la partouze générale. À croire que ses seufs ont des vertus aphrodisiaques. Pourtant ses BFF, Angie et Suellen, ont comme un doute. Quand A2B leur parle de porno, elle a tout de même l’air un peu larguée.
Et si elle n’était pas la chaudasse qu’elle prétend être ? En fait, A2B cache un lourd secret : le sexe, elle trouve ça sale, voire carrément répugnant. Pourtant, un matin qu’elle cherche sur Google comment choisir l’éponge adéquate pour nettoyer la baraque de ses remps, elle tombe sur une chaîne Youtube dédiée au Extrem Cleaning qui la met en émoi. À sa grande surprise, elle découvre que sa cyprine est un super détergent ! À elle maintenant de faire des posts d’Extrem Cleaning ! Avec plusieurs millions de followers, elle devient une star des internets. Et la vente de ses sécrétions vaginales en flacon engrange assez de fric pour renflouer les caisses de la famille. Mais redevenir une icône sexy auprès de ses camarades de lycée ne se fait jamais sans émulsion ni remarque acide…
Si vous avez envie de vous rincer les yeux à l’eau de jouissance, le duo Amina Bouajila et Nine Antico est un solvant mélange de souillure et de luxure ! Parfait pour vous polir le chinois ou vous essorer la serpillière, Vulva Vulgaris n’a pas fini de vous faire reluire !

LES AUTRICES :

Nine Antico : pur produit des années 1980, Nine Antico aime le rock indé, les films indé et les bandes dessinées alternatives. Auto didacte, cette autrice, scénariste, illustratrice et réalisatrice semble ne jamais vouloir s’arrêter. Obsédée par les garçons, elle creuse le sillon de la relation amoureuse et parfois sexuelle en dressant des portraits de filles. Ses héroïnes sont drôles et émouvantes, toujours amoureuses, elles lui ressemblent. En une petite dizaine de bandes dessinées, de nombreuses illustrations et un long métrage, Nine Antico a imposé son style rétro-intmiste ravageur.

Amina Bouajila : formée à l’École de l’image d’Épinal, cette jeune illustratrice au dessin ultra contemporain aime que ça brille, que ça fuzze et que ça vibre. Amina dessine des femmes voluptueuses et puissantes qui baignent tout entières dans ce que la société de consommation a de mieux à leur offrir. À l’heures des réseaux sociaux, ce sont elles qui donnent le ton et qui mènent la danse ! Vulva Vulgaris est sa première bande dessinée.

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Soirée Le mot est faible / Stéphane Dufoix & Olivier Martin / Anamosa / Rencontre

Mercredi 11 janvier à 19h30, rencontre autour de la collection Le mot est faible à l’occasion de la sortie de « Chiffre » d’Olivier Martin et de « Décolonial » de Stéphane Dufoix

Décolonial, Stéphance Dufoix

« Décolonial » ou « décolonialisme » : des mots omniprésents dans le débat public français, mais dont le sens réel et la portée heuristique semblent ignorés ou instrumentalisés. Ce nouvel opus de la collection Le mot est faible permet d’y voir plus clair.

Depuis quelques années, les mots « décolonial » et « décolonialisme » ont fait leur apparition dans le débat public français : dans les tribunes, discours, essais ou encore éditoriaux divers. Ils y occupent une place très particulière, celle du mot qui divise en prétendant défendre l’unité, celle du mot qui agit en prétendant se contenter de décrire, celle de la victime contre l’ennemi qui menace.

Comme nombre de titres de la collection Le mot est faible, l’objectif de l’ouvrage est d’explorer les transformations de certaines approches épistémiques contre-hégémoniques à l’échelle mondiale. Si le mouvement décolonial n’est pas le seul existant, il est sans doute l’un des plus repris actuellement, du fait de son affinité sémantique avec l’idée de décolonisation. Explorer ces nouvelles approches nécessite aussi de s’intéresser aux logiques de résistance – politiques et intellectuelles – qui s’exercent en particulier en France à leur égard. L’ouvrage tente non pas de rester neutre, mais de plaider pour un engagement académique, tout à la fois réflexif et situé, attentif à saisir à quel point et de quelle manière l’ethnocentrisme – pas seulement eurocentré – invite au binarisme. Il s’agit d’inciter à réfléchir et à rendre possible un dialogue scientifique plus large, ouvert au(x) monde(s) et à une forme d’universalité différente, qu’on l’appelle « pluriverselle » ou tout simplement « plurielle ».

Chiffre, Olivier Martin

Chiffres de contamination, mesure de l’intelligence, nombre de chômeurs, score de popularité, montant de la dette publique, indicateur de performance… Si les chiffres sont omniprésents dans nos sociétés, que nous disent-ils réellement ? De quoi parlent-ils exactement ? Davantage qu’une vérité sur le monde, ils révèlent nos besoins de nous coordonner, de trouver des manières de faire des choix et de disposer de conventions pour nous entendre. Ils nous parlent d’une multitude de choses qu’ils contribuent en permanence à créer. Fruits de l’activité humaine, ils expriment et matérialisent nos décisions, nos valeurs, nos conventions : les chiffres sont des objets sociaux et humains, et non des données naturelles s’imposant à nous.

Tout l’objet de cet ouvrage est ainsi de prendre la mesure des dimensions conventionnelles, sociales et politiques des chiffres, en identifiant les enjeux de pouvoirs auxquels ils sont associés. Ce déchiffrage permet de reprendre conscience des choix qui les fondent, de mieux comprendre leurs portées réelles et qu’ils doivent redevenir les objets politiques qu’ils sont en réalité, devant aussi être accessibles au débat démocratique.

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Cédric Herrou & Guillaume Meurice / Une terre commune / Rencontre au Lieu-Dit / Seuil

Mardi 10 janvier à 19h30, ATTENTION la rencontre se déroulera au Lieu-Dit, 6 rue sorbier.

Cédric Herrou sera interviewé par l’humoriste Guillaume Meurice.

Nous vivons désormais dans une vallée oubliée, mi-française mi-italienne, une vallée à l’entre-deux, à l’entre-droit et devoir, où la compassion devient répressible, où le droit s’oppose à une morale, où la morale s’impose au pouvoir. Mais où nous avons créé une utopie capable de résister.

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Thomas Perino / Tarot / Lancement

Jeudi 15 décembre à 19h

Les éditions Le Feu Sacré ont la joie et l’honneur de publier un Tarot de Marseille unique au monde, celui de l’artiste-graveur Thomas Perino, dessiné d’après le canon du Tarot de Nicolas Conver (1760).

Gravées sur plaques de bois (tilleul) par l’artisan, chacune des soixante-dix-huit cartes de ce jeu a fait l’objet d’un soin des plus minutieux, dans le pur respect de la tradition des maîtres cartiers d’antan. Les plaques ont ensuite été assemblées et imprimées en une seule et grande planche à l’atelier Michael Woolworth. La planche ainsi obtenue a été peinte à la main par Thomas Perino. Cette impression, acquise en 2022 par le Musée Français de la carte à jouer, est celle qui a servi à la fabrication des cartes. Celles-ci sont reproduites à leur taille d’origine de 8x16cm.

Ce jeu complet du Tarot Perino est le trait d’union entre Anciens et Modernes : conçu et fabriqué durant cinq années entières, il est présenté dans cette édition, en plus d’un texte de Thomas lui-même, par une nouvelle génération d’écrivains, tous tarologues et passionnés : Pacôme ThiellementAurélien Lemant et Warren Lambert. Résolument tournés vers la poésie, ces auteurs envisagent le Tarot comme une pratique quotidienne, une science pour aujourd’hui, un mode de vie alliant action, plaisir, étude, travail et spiritualité. Seule une maison d’édition axée sur la littérature, la littérature comme poème permanent, comme fiction réparatrice et philosophie du futur, pouvait engendrer un tel Tarot.

Les éditions Le Feu Sacré vous invitent ainsi à vernir cette œuvre historique en présence de son créateur. Au menu : présentation publique du jeu et de ses cartes par Thomas Perino, rencontre, dédicaces et verre de l’amitié.

En présence de Warren Lambert, coauteur du livre édité et réalisateur du film Le Tarot Perino, court-métrage de 25 minutes retraçant la genèse, l’impression et la mise en couleurs du Tarot de Thomas.

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L’Incongru / Rocio Gómez Mazuecos / Lancement

Vendredi 2 décembre à 18h30

La Basse Cour des Miracles est une maison d’édition installée à Fresnay-sur-Sarthe et créée cette année par Rocío Gómez Mazuecos (autrice de cet œuvre) et Georges Leduc Quemener. L’Incongru, leur première publication, est l’édition française de la BD “El Incongruente”, adaptation du roman de l’auteur avant-gardiste Ramón Gómez de la Serna paru en Espagne en 1922.

Cette bande dessinée a été réalisée entièrement en gravure chalcographique, pour laquelle 358 plaques de zinc ont été travaillées à l’eau-forte et à l’aquatinte. Un procédé d’estampe ancien et minutieux qui crée une atmosphère qui amène le lecteur 100 ans en arrière.

Ce roman conte la vie de Gustave, rythmée par l’absurde, les voyages et les rencontres amoureuses surréalistes : une poupée de cire qu’il veut épouser, une ville de miroirs, un village où la joie ne s’arrête jamais… Mais Gustave se laisse porter par ces merveilles en acceptant avec nonchalance son destin, dissolvant toutes lois et logiques, hors des conventions sociales.

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Blexbolex / Les magiciens / La Partie / Dédicace

Jeudi 1er décembre à 18h30

Un récit d’aventure dense, haletant, qui célèbre la force de l’imaginaire et de la création libre.

Il est une fois trois magiciens qui se réveillent un jour dans une maison abandonnée. Dès lors, ils sont traqués sans répit par la redoutable Chasseresse et son compagnon le Mâchefer ! Les pouvoirs et l’imagination des magiciens leur permettront-ils de vaincre leurs ennemis ?

Dans cette histoire, la magie c’est l’enfance, elle est incarnée par les magiciens qui sont les instigateurs d’une création libre, un pouvoir et une liberté de réinventer le monde qu’un mage cynique et arrogant cherche à contrôler et à soumettre.

Les Magiciens est l’album magistral d’un auteur rare, qui à chaque livre va plus loin dans la virtuosité narrative.

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Alain Lachartre / Objectif pub / Lancement

Mercredi 30 novembre à 18h30

Alain Lachartre a travaillé toute sa carrière dans le monde de la publicité, en faveur d’une utilisation intelligente de la bande dessinée. Objectif Pub présente les rapports entre la BD et la pub, de 1900 jusqu’à maintenant. Ce beau-livre, richement illustré, regorge d’informations inédites. Différents chapitres mettent en perspective les travaux de 133 artistes : début du 20e siècle, la presse enfantine des années 50-60, les années 70, la génération des eighties, de 1990 à nos jours et le futur. Quelle que soit la période, la bande dessinée est un terrain d’exploration extrêmement riche pour les dessinateurs qui travaillent pour elle. Ce livre rend hommage à cette alliance de la bande dessinée et de la publicité, en parfaite harmonie avec chacune des époques que ce couple a traversées !