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Le genre du capital / Céline Bessière et Sibylle Gollac / La Découverte / Rencontre

Mercredi 12 février à 19h

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On sait que le capitalisme au XXIe siècle est synonyme d’inégalités grandissantes entre les classes sociales. Ce que l’on sait moins, c’est que l’inégalité de richesse entre les hommes et les femmes augmente aussi, malgré des droits formellement égaux et la croyance selon laquelle, en accédant au marché du travail, les femmes auraient gagné leur autonomie. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder ce qui se passe dans les familles, qui accumulent et transmettent le capital économique afin de consolider leur position sociale d’une génération à la suivante. Conjointes et conjoints, frères et soeurs, pères et mères n’occupent pas les mêmes positions dans les stratégies familiales de reproduction, et n’en tirent pas les mêmes bénéfices. Fruit de vingt ans de recherches, ce livre montre que le capital a un genre. Céline Bessière et Sibylle Gollac enquêtent sur les calculs, les partages et les conflits qui ont lieu au moment des séparations conjugales et des héritages, avec le concours des professions du droit. Des mères isolées du mouvement des Gilets jaunes au divorce de Jeff et MacKenzie Bezos, des transmissions de petites entreprises à l’héritage de Johnny Hallyday, les mécanismes de contrôle et de distribution du capital varient selon les classes sociales, mais aboutissent toujours à la dépossession des femmes. Ce livre analyse ainsi comment la société de classes se reproduit grâce à l’appropriation masculine du capital.

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Jean-Luc Guionnet / Plafond de verre / Adverse / Lancement

Dimanche 9 février à 18h

Rencontre avec Jean-Luc Guionnet (en présence de l’éditeur)
 
Essentiellement reconnu pour son travail d’improvisateur à l’orgue et au saxophone alto, Jean-Luc Guionnet n’en est pas moins un artiste autodidacte polyvalent, développant d’intenses activités plastiques, théoriques, performatives et compositionnelles.
 
Pour l’ensemble contemporain Lunar Error, il élabore une nouvelle pièce sur la base d’approches plurielles, mêlant réflexions conceptuelles, questions de dispositif, indications de jeu, grilles d’accords, diagrammes et dessins, sous la forme d’une série de 30 planches associant différents matériaux et techniques plastiques.
 
En contrepoint de l’édition cd courante (label BeCoq), Adverse propose une publication hybride échappant aux catégories (entre livre d’artiste, essai musical et édition phonographique luxueuse). Y sont associés les 30 planches de la composition (reproduites en fac-similé 6 couleurs — impression numérique + sérigraphie — sur papier brun teinté dans la masse), un fascicule réunissant les notes de travail des 11 musiciens dans le cadre de leur résidence de travail avec Jean-Luc Guionnet, et enfin la pièce enregistrée gravée sur cd (d’une durée d’1h04).
 
Entre objet d’esthète et programme réflexif, ce Plafond de verre vise autant à aiguiser l’écoute que le regard et l’intellect.
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Soirée Anamosa « Le mot est faible »

Jeudi 6 février à 19h

Et de 5… ouvrages pour recharger le sens des mots ! « Démocratie » de Samuel Hayat et « Histoire » de Guillaume Mazeau viennent rejoindre la collection « Le mot est faible » chez Anamosa. En librairie le 6 février et présentation-lancement des deux titres le soir-même à la librairie.20

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Morvandiau / Le Taureau par les cornes / D’Algérie / Rencontre

Mercredi 5 février à 19h

Rencontre animée par Christian Rosset à l’occasion de la parution du « Taureau par les cornes » à L’Association et de la ré-édition de « D’Algérie » de Morvandiau au Monte-en-l’air.

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« Le Taureau par les cornes »
Juin 2005. Un diagnostic est enfin posé : sa mère souffre de démence fronto-temporale précoce, affection cousine de la maladie d’Alzheimer. Septembre 2005. Son fils Émile naît prématurément. Il est porteur de trisomie. À quelques mois d’intervalle, Morvandiau doit faire le deuil de la mère qu’il a connue et de l’enfant qu’il avait attendu. C’est l’occasion pour lui de revenir, avec pudeur et poésie, sur l’histoire de sa famille et plus particulièrement celle de sa mère, femme très pieuse au fort caractère, alliant conformisme et fantaisie. C’est aussi le récit du difficile apprentissage de la vie auprès d’un enfant handicapé, du regard porté par les autres, de la jungle administrative qu’il doit affronter. À travers le regard tantôt amusé, tantôt agacé qu’il porte sur les incongruités de la différence et ce qui l’entoure, Morvandiau évoque avec tendresse l’intensité des émotions d’un père et d’un fils face à la maladie, et finalement, le bonheur d’être en vie.

« D’Algérie »
« Quel rapport entre mon père et Jean, le frère missionnaire de ma mère ? » Le premier est né en Algérie en 1937, le second y est mort en 1994. Dans D’Algérie, l’autobiographie et l’histoire familiale croisent l’Histoire avec un grand H, celle de la colonisation, de la guerre d’indépendance et des rapports contemporains toujours singuliers entre la France et l’Algérie. Morvandiau délaisse ici le registre humoristique pour se lancer dans une (en)quête personnelle en bande dessinée, questionnant ses origines mais aussi les conditions d’élaboration du récit lui-même. Cette nouvelle édition chez le Monte-en-l’air, dont la maquette est conçue par Sébastien Lumineau, comporte une préface inédite en bande dessinée de Morvandiau. Il y revient sur les événements qui, depuis 12 ans, ont résonné avec sa vie professionnelle et familiale et ponctué la vie des deux côtés de la Méditerranée : attentat de Charlie Hebdo et durcissement sécuritaire en France depuis 2015, béatification des religieux catholiques assassinés lors de la décennie noire – parmi lesquels son oncle Jean – à Oran en 2018 et manifestations sociales et politiques toujours actuellement en cours en Algérie.

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Anne Serre / Grande tiqueté / Rencontre

Jeudi 30 janvier à 19h, lecture et rencontre avec Anne Serre. Rencontre animée par Florian Caschera.

La caractéristique de ce conte de moins de cent pages au ton facétieux et guilleret, c’est d’être écrit dans une langue inventée par l’auteur qui s’en explique dans une préface et une postface. Mais si les mots sont déformés ou créés, la syntaxe, le rythme et le ton du conte subsistent. Le lecteur peut ainsi suivre et comprendre l’histoire : trois vagabonds (« Tom, Elem et moi ») se promènent sur la lande, où ils rencontrent divers personnages qui se joignent à eux et avec qui ils nouent d’intenses relations amoureuses, érotiques, filiales, ou fraternelles : la Vierge, le marin de Poinsec, la mère de Tom, Alistair le pendu. Cette création d’une langue peut évoquer celle d’aînés fameux. Grande Tiqueté sera dit sur scène par l’auteur. Le texte est en cours de traduction anglaise.

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Baptiste Morizot / Manières d’être vivant / Rencontre

Mercredi 29 janvier à 19h30. Rencontre animée par Anne de Malleray.

MANIÈRES D’ÊTRE VIVANT, Baptiste Morizot, préface d’Alain Damasio

Après Sur la piste animale, Baptiste Morizot propose un deuxième opus dans la collection “Mondes sauvages”. Ce livre approfondit une série d’enquêtes philosophiques fondées sur la pratique du pistage. Il s’agit de pister à la fois les vivants sur le terrain, et les idées que nous nous faisons d’eux dans la forêt des livres et des savoirs. Ici, on piste une meute de loups dans la neige du Vercors, enquêtant sur le sens mystérieux des hurlements qu’on échange avec eux dans la nuit. Là, on traque dans l’histoire de notre culture l’apparition
de l’idée d’animal. Plus loin, on remonte les traces de nos ancêtres jusqu’aux éponges de mer. On cherche aussi les empreintes laissées dans nos éthiques par les animaux intérieurs, ceux que l’on convoque comme métaphores de nos passions. On part enfin pister les interdépendances d’un écosystème provençal peuplé de prairies, de brebis, de bergers et de prédateurs, pour imaginer une autre politique du vivant. Ces expéditions se proposent de rouvrir des chemins de sensibilité au vivant, pour apprendre à les fréquenter et les considérer différemment. Les animaux sont bien plus que des personnages de fables pour enfants ou des bêtes moins évoluées que nous. Ils sont les cohabitants de la Terre avec qui nous partageons une ascendance, et ainsi l’énigme d’être vivant. Le mystère d’être un corps, un corps qui interprète et vit sa vie, est partagé par tout le vivant : c’est la condition vitale universelle, et c’est probablement elle qui mérite d’appeler le sentiment d’appartenance le plus puissant. Voilà le paradoxe : ils sont à la fois des parents, puisque nous avons des ancêtres communs, et des étrangers, puisque leurs corps, si différents du nôtre, ouvrent pour eux des formes d’existence d’une profonde altérité. Ce livre approche les animaux, humains compris, comme autant de manières d’être vivant. Et la question politique par excellence de comment vivre en commun

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Alessandro Pignocchi / Petit traité d’écologie sauvage 3 – Mythopoïèse / Lancement

Mardi 28 janvier à 19h

Composer le monde différemment, c’est peut-être la problématique du 21e siècle. A l’heure où les désastres écologiques et les enjeux du futur nous poussent à revoir notre modèle de société, des lieux de pensée émergent et des actions replacent au centre des débats les notions de relation au vivant, de lutte, d’émancipation et d’écologie.
Redéfinir les concepts de culture et de nature ; recomposer les liens que nous entretenons avec la faune, la flore et le territoire ; inventer de nouveaux modèles de vivre-ensemble… Autant de questionnements qu’aborde avec humour Alessandro Pignocchi à travers Mythopoïèse.

Imaginez un monde où l’animisme des Indiens d’Amazonie est devenu la pensée dominante. Un anthropologue Jivaro « fait son terrain » dans la commune de Bois-le-Roi. Des pinsons et des mésanges définissent les nouvelles lois, Trump, Merkel et Macron formant la minorité occidentale à préserver. En trois chapitres dessinés, Alessandro Pignocchi nous place tantôt dans un arbre, tantôt à l’Élysée. Nous sommes oiseau qui pense militant, nous sommes présidents qui pensent indien. Lire pour redescendre dans le croyable et, cette fois, envisager vraiment le renversement. Une fable écologique, irrésistible et édifiante !

Ancien chercheur en sciences cognitives et philosophie, Alessandro Pignocchi s’est lancé dans la bande dessinée avec son blog, Puntish. Il publie son premier roman graphique Anent. Nouvelles des Indiens Jivaros aux éditions Steinkis en 2016. Il réalise ensuite son Petit traité d’écologie sauvage (Steinkis, 2017) et poursuit avec La Cosmologie du futur (Steinkis, 2018) où il se débarrasse du concept moderne de « nature ». Il a également publié La Recomposition des mondes (2019) au Seuil, inspiré par son immersion à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

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La machine Pollet / MF Editions / Rencontre

Vendredi 24 janvier à 19h, rencontre autour du cinéaste Jean-Daniel Pollet à l’occasion de la parution de Machine Pollet, ouvrage collectif et restitution d’un projet de recherche de trois ans mené au sein de quatre écoles d’art françaises.

 

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L’encyclopédie approximative du poney / Manu Boisteau / Les Fourmis rouges / Lancement

Jeudi 23 janvier à 18h30

C’est bien connu, TOUT LE MONDE aime le poney… Son œil de velours, sa crinière arc-en-ciel, sa silhouette épaisse et rassurante, ses longs cils, son groin humide, tout dans le poney nous ravit. Manu Boisteau signe un album 50 % documentaire, 25 % bande-dessinée, 36 % livre d’activité, 78 % livre de cuisine, 55 % livre pratique, 39 % essai philosophique, 124 % tuto beauté, 22 % lifestyle. Chaque page est hilarante et, bien évidemment, à prendre au douzième degré ! Cette encyclopédie approximative du poney réjouira les adultes et les adolescents, et peut-être même les enfants s’ils sont dotés d’un peu d’humour.

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Marie Cosnay / If / Éditions de l’Ogre / Rencontre

Mercredi 22 janvier à 19h30. Rencontre animée par Alain Nicolas.De Marseille à Alger, Marie Cosnay nous emmène sur les traces de Mohamed Bellahouel, un homme sans histoire, dont la destinée trouble dessine les contours d’un exil et d’une Algérie mythifiés.

En construisant une enquête fictionnelle et historique, Marie Cosnay poursuit l’élaboration d’une écriture documentaire unique, marquée par la poésie. Elle interroge notre rapport intime et politique à l’Algérie et propose de « mettre en corps » l’Histoire. Tout en soulignant l’impossibilité d’un grand récit ou d’une épopée, elle confronte le lecteur à la complexité et l’ambiguïté de sa place dans l’Histoire.

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« J’avais dix ans, je lisais Le Comte de Monte-Cristo, il y était question des fils qui payent pour les pères, des fils qui payent éternellement, les fils des pères qui avaient fait les salauds payaient, tout jeunes les fils pouvaient en mourir, c’est ce qui arrivait au petit Villefort, il mourait empoisonné, les familles s’empoisonnaient. »

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L’enquête, que ce soit dans ses écrits romanesques ou ses écrits militants, est au cœur de l’œuvre littéraire de Marie Cosnay. L’enquête, c’est-à-dire cette absence de ligne droite, ces errements, et, surtout, cette tentative toujours vouée à l’échec de rendre compte de la complexité du réel, est ce qui permet à Marie Cosnay de refuser la simplification, de rendre aux corps leur centralité dans la narration, y compris historique.

Cette entreprise de redensification du réel, qui passe avant tout par la poésie, ou du moins par une certaine torsion de la langue, nous arme politiquement, au sens où il nous immunise contre les histoires simplificatrices, contre les valeurs qui essayent de se faire passer pour des faits.