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Haud Gueguen / Herbert Marcuse face au néofascisme / éditions Amsterdam / Rencontre

Mardi 11 novembre à 19h30

Haud Guéguen sera l’invitée de la librairie le mardi 11 novembre à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Herbert Marcuse face au néofascisme » aux éditions Amsterdam.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

« Le véritable problème de la révolution est donc là : opérer ce que [Marcuse] appelait une « révolution dans la subjectivité » en vue de rompre avec la logique pulsionnelle et normative qui rend le fascisme possible. »
Ce livre propose un parcours d’ensemble de l’oeuvre de Marcuse, en s’appuyant sur de nombreux textes encore inédits en français.
Il revient sur une énigme intellectuelle : l’éclipse relative de Marcuse en France, au moment même où la philosophie sociale connaît un regain d’intérêt. L’autrice y voit l’effet d’une double confusion : sa réduction à un « maître à penser de 68 » et son assimilation par Deleuze et Foucault à un freudo-marxisme caricatural, associé aux aspects les plus discutables de la pensée de Wilhelm Reich.
Contre cette image, le livre met en lumière un penseur stratégique et visionnaire, dont les analyses éclairent les logiques contemporaines du capitalisme néolibéral et du néofascisme. Pour Marcuse, le fascisme n’est pas un accident du passé, mais une tendance récurrente d’un capitalisme autoritaire, capable de se réinventer sans cesse, de tout changer pour que rien ne change.
L’autrice montre comment son projet articule critique de l’économie libidinale des sociétés de consommation et analyse des modalités contemporaines de la domination, en affirmant que la révolution se joue aussi dans l’invention de formes de vie inédites.
Ce geste théorique rejoint les luttes contemporaines – anticapitalistes, écologistes, féministes, décoloniales – et dégage une perspective écosocialiste lucide et non dogmatique. À l’heure de la catastrophe écologique et d’un néofascisme menaçant, ce livre redonne toute sa portée à une pensée plus que jamais nécessaire.

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Margaux Duseigneur et Henri Crabières / Après la pluie et La tristesse de Pierre / Fidèle / Lancement et dédicaces

Samedi 8 novembre à 19h lancement et signature de Margaux Duseigneur et Henri Crabières pour leurs albums parus chez Fidèle éditions

A propos d’Après la pluie :
À travers un récit fragmenté en chapitres, nous suivons des communautés qui réinventent leur quotidien après un bouleversement global, entre carnavals de résistance, architectures de fortune et mémoire des luttes. Les illustrations, peintes sur papier calque, confèrent à l’ouvrage une profondeur et une sensibilité uniques. Les superpositions de couleurs et les transparences créent un jeu d’ombres et de lumières, renforçant la sensation d’un monde en mutation.

A propos de La tristesse de Pierre :
Après un drame familial, Pierre et sa soeur Clémence sont contraints de quitter leur foyer pour s’installer dans un petit appartement vétuste en colocation. Dévasté, Pierre sombre dans une dépression profonde, et ses angoisses, d’abord diffuses, envahissent peu à peu son quotidien. Ses crises deviennent incontrôlables, jusqu’à lui faire voir l’inimaginable : un diable lui rend visite quand vient la nuit. Pierre se laisse happer par ces visions, et son lien au monde rationnel s’altère. Face à lui, Clémence, se retrouve malgré elle soeur et gardienne. Débordée entre son travail dans la restauration et son rôle de protectrice, elle lutte pour ramener Pierre à la surface. Mais comment aider ceux que l’on aime à se
détourner de leurs démons ?

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Nicolas Martin / Dans ma maison sous terre & Richard Gaitet / Comme un malpropre / Esquif / Lancement

Vendredi 7 novembre à 19h30

Forts de leurs expériences d’hommes de radio, Nicolas Martin interviewera Richard Gaitet et Richard Gaitet interviewera Nicolas Martin.

Nicolas Martin / Dans ma maison sous terre

Un hommage moderne à Lovecraft, auquel l’auteur insuffle sa touche : science, écologie et critique sociale.

Un jeune homme vient de recueillir les derniers mots de son grand-père. Il a retrouvé cet ancien mineur, au seuil de la mort, dans une bicoque adossée à un terril. Avant de mourir, le vieux a eu le temps de lui transmettre la mémoire des lieux, de lui conter les accidents qui s’y sont produits, le « souffle noir » qui prend possession des corps et des âmes.

Bientôt, le jeune homme découvre le secret monstrueux qui les lie, son grand-père et lui, au cœur de la montagne. Car la présence du garçon semble avoir réveillé une force jusqu’ici endormie, qui pourrait bousculer les fondements de toutes nos croyances.
Ce récit fantastique flirte avec la science-fiction pour mieux parler de notre époque.

Richard Gaitet / Comme un malpropre

À la lumière d’une merveilleuse histoire d’amour, Gary, 42 ans, nettoie de fond en comble son appartement afin d’y voir plus clair. Pièce par pièce, l’état des lieux tourne à l’introspection et met à jour des pans entiers de sa vie jusqu’alors dissimulés dans le fatras du quotidien. À travers cette longue scène de ménage, Richard Gaitet questionne ses modèles, ses expériences, son éducation, la possibilité d’une paternité et sa (dé)construction dans un monde qui bouge. De tableau en tableau, il nous dévoile une relation, de la découverte des corps à celle des faiblesses.
Est-il possible de vivre à deux lorsqu’il faut déjà apprendre à vivre avec soi-même ?

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Zoé Mary-Roulier et Anouk Buron/Comment vas-tu en cette période/Éditions Le dé rouge

Mercredi 05 novembre à 19h30 – Rencontre

Comment vas-tu en cette période ? est un recueil de trente et un poèmes qui travaillent la thématique amoureuse et celle du deuil au prisme d’une crise de réalité touchant le sujet et le monde. Les poèmes sont des adresses à l’être aimé absent, via la messagerie d’un téléphone portable. La langue lyrique est perturbée par les suggestions et les réécritures du téléphone qui ouvrent le langage à l’absurde, à un burlesque mélancolique, et au surgissement d’images dans une version post-moderne et ironique du message automatique. Face à la voix d’un sujet en perdition, des hématomes peints, sur vingt-quatre pages en regard du texte, sont le contrepoint corporel et matériel de cet espace où glissent les mots.

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Joan Nestle / Pousser les murs / Hystériques et AssociéEs / Rencontre

Rencontre avec Noémie Grunenwald et Christine Lemoine mardi 4 novembre à 19h30.

Née en 1940 à New York, Joan Nestle a grandi dans une famille monoparentale juive de la classe ouvrière, puis a fréquenté la communauté butch-fem avant de rejoindre les mouvements antiracistes, féministes et homosexuels. Cofondatrice des Lesbian Herstory Archives, le plus grand fonds d’archives lesbiennes au monde, elle s’est toujours battue contre la censure et pour l’expression des sexualités lesbiennes. Dans ce recueil, Joan Nestle oppose à la violence d’État la résistance du corps lesbien. En articulant histoire sociale, archives orales, théorie populaire et sexualité explicite, l’autrice pose les bases d’une pratique communautaire de la mémoire qui résonne encore, ici et maintenant.

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Zad Kokar / Mendax / L’Employé du Moi / Dédicace

Samedi 1er novembre à 17h dédicace de Zad Kokar

Parce que leur graphisme matriciel est considéré comme has-been et que leur jouabilité est réputée trop difficile, Mendax et Zordax ont été reléguées au sous-sol du game center. De fait, personne n’est jamais parvenu à terminer ces deux jeux vidéos. Malheureux hasard, on découvre que ces
vieilles bornes d’arcades ont aussi été conçues pour qu’on ne puisse y pratiquer qu’un nombre de parties limité. Cette obsolescence programmée pousse le gérant de la salle à organiser un tournoi afin que tout le monde puisse profiter au mieux de leurs derniers jours de vie.
Mendax c’est avant tout une comédie humaine, ou plutôt une comédie extra-terrestre, à l’échelle de la toute petite planète qui abrite le game center ; une cour des Miracles cosmopolite fourmillant de personnages excentriques. Naviguant entre violence et humour, le tournoi évolue en un spectacle étrange et électrique, où tout peut dégénérer en un éclair.

Zad Kokar a un univers sonore et un style graphique aussi punk que minimaliste. Artiste prolifique, spontané et dissonant, il fait paraître de nombreux fanzines et bandes dessinées. Il participe à des collectifs de microédition et d’images imprimées et à plusieurs groupes de musique issu de l’Est de la France. Découvrez sans tarder sa première bande dessinée publiée aux éditions l’Employé du Moi !

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Delphine Griveaud / Réparer la justice / éditions La Découverte / Rencontre

Jeudi 30 octobre à 19h30

Delphine Griveaud sera l’invitée de la librairie Le Monte-en-l’air (2, rue de la Mare, 75020 Paris), le jeudi 30 octobre à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Réparer la justice – Enquête sur les pratiques restauratives en France » aux éditions la Découverte.

Présentation du livre par la maison d’édition :

Le constat est sans cesse répété : la justice va mal et ne répond plus à ses missions. Comment la réparer ? Peut-être d’abord en cessant de considérer l’institution judiciaire comme la seule détentrice des moyens de  » faire justice « .
C’est à en envisager d’autres que s’emploient les justices dites  » alternatives « , parmi lesquelles la justice restaurative, qui regroupe diverses pratiques – des rencontres entre  » victimes  » et  » auteurs  » aux cercles de soutien, en passant par les jeux de rôles pour cultiver l’empathie –, afin de responsabiliser les auteurs et prévenir la récidive, prendre soin des victimes et rétablir la paix sociale. Serait-ce la clé d’une justice plus juste ?
Delphine Griveaud tente de répondre à cette question en étudiant sur le terrain les pratiques de la justice restaurative qui se sont développées dans le pays depuis 2014. Elle analyse les effets de son intégration au sein d’une institution pénale contre laquelle elle s’est pourtant construite. Elle plonge dans les rouages du système judiciaire, au plus près de ses publics comme de ses professionnel.les. Loin des visions iréniques qui font de la justice restaurative une solution miracle, elle propose un tableau lucide, nuancé, d’une manière de faire justice autrement qui se heurte à la réalité de l’institution.

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Victor Collet / Vivre sans police / Editions Agone / Rencontre

Mercredi 29 octobre à 19h30, rencontre avec Victor Collet.

« Mecque des anarchistes, paradis pour anarchotouristes, zoo émeutier pour jeunes égarés, quartier de la résistance ou de l’insurrection contre la dictature des colonels, de la révolte et des émeutiers après décembre 2008, quartier des intellectuels, petit coin laborieux des artisans, maisons d’édition, libraires, imprimeurs, luthiers, quartier paisible et bariolé, commerçant et festif, « contre culturel » ou « alternatif », de plus en plus branché, gentrifié, approché puis envahi par les touristes à la nuit tombée, quartier de tous les refuges, des sans abris et des exilés, des antifascistes et des hooligans de l’AEK Athènes, des dealers et des mafieux, des koukouloforoi, (jeunes encagoulés et délinquants sociaux), quartier de tous les départs, vidé par le Airbnb, la marchandisation ou le folklore militant, quartier des assemblées et des disputes interminables entre groupes militants, à l’agonie devant sa militarisation, étouffé par les barrières métalliques et des projets urbanistes délirants, coeur de ville et place cathartique d’une politique du quartier, de la capitale, du pays.
Décrire Exarchia, le quartier de toutes les hyperboles, version miniature (et extrême) des conflits nationaux, mais aussi des fantasmes et projections du gratin militant international… Autant renoncer d’emblée. Mais n’est-ce pas le propre des mythes que d’échapper aux tentatives d’accaparement ? De ne pas se laisser enfermer ou réduire à une définition, une dimension et une direction qui répondent à des intérêts ? Un quartier, aussi polymorphe qui plus est, ne se laisse pas si facilement attraper. À tout prendre, autant choisir un point de vue, et pourquoi pas le mien. »

Comment un quartier peut-il s’affranchir pendant toute une décennie du contrôle de la police ? Victor Collet nous guide dans Exarchia, dans ses squats, ses violences, ses solidarités, ses espoirs déchus, ses victoires,… pour nous montrer les possibilités qui existent, lorsque des habitants réussissent à tenir tête au fascisme, que celui-ci soit militant ou étatique ou les deux.
Il parvient à faire l’histoire singulière d’un pays dont il a éprouvé les crises, et l’inscrit dans celle, plus large, des villes qui résistent, coûte que coûte, à toutes formes d’oppression. Si le récit de la Grèce peut être lu comme un récit d’anticipation à bien des égards, il donne aussi des raisons d’espérer. Comprendre Exarchia, c’est comprendre ce qui a marché, entrevoir ce qui aurait pu marcher, et s’inspirer des raisons de l’impossibilité à rester un îlot imperméable aux logiques d’oppression, afin de, peut-être, recréer ailleurs des réseaux de solidarité.

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Arno Calleja / Le mal appliqué / Editions Vanloo / Rencontre

Mardi 28 octobre à 19h30, rencontre avec Arno Calleja animée par Florian Caschera.

Des événements perturbants – l’inondation d’un appartement, l’incendie d’un autre, l’effondrement d’un immeuble – contraignent Manuel Arganaraz à abandonner son semblant de vie sociale et à emménager dans sa voiture.

Sûr que la ville bascule et, plus encore, que le monde vient de changer de plan en secret, Manuel sort son téléphone et s’apprête à noter en direct les minutes finales des choses dernières.

Dans son bureau d’écriture mobile, il attend, observe, sillonne le centre-ville de Marseille mais rien n’arrive. En réalité plus rien n’a lieu : une étrange et implacable grève des événements s’institue, qui le contraindra à écrire moins une apocalypse qu’un chant et à vivre, innocente, inutile, tragique et poétique, la vie du dernier homme.

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Hélène Frédérick / Lézardes / Verticales / Rencontre

Samedi 25 octobre à 18h, rencontre avec Hélène Fréderick animée par Jeanne Bacharach.

Si les deux derniers romans d’Hélène Frédérick, Forêt contraire et La Nuit sauve, se déroulaient dans son pays natal, le Québec, et soulevaient des questionnements intimes à deux âges de la vie, ce nouveau livre est directement lié à la profession qu’elle exerce aujourd’hui en France : correctrice de presse. En 2018, elle a en effet intégré l’équipe d’un magazine en tant que « rédactrice-réviseuse à la pige ». C’est en partant de ce travail appris sur le tas qu’elle a décidé d’y porter un regard documentaire. « Nourrissonnée » par Jean, il lui a d’abord fallu se familiariser avec la chasse aux coquilles et un vocabulaire empreint d’argot dont elle nous fait partager la saveur, mais aussi découvrir le fonctionnement du cassetin et ses minutieux rituels.

Un curieux paradoxe ne tarde pas à apparaître : à mesure que la narratrice met en lumière une foule de savoir-faire, nous découvrons que cette corporation est menacée de disparition. S’il s’agit bien d’un récit d’apprentissage et de transmission, c’est celui d’un métier intermittent et qu’on ne choisit jamais vraiment. En interrogeant les plus chevronné(e)s de ses collègues ou en se plongeant dans des ouvrages traitant du sujet, elle s’étonne des affinités de longue date qui unissent les correcteur(trice)s et ouvriers typographes avec les milieux anarchistes. D’où l’envie de ranimer certaines figures, souvent féminines, héritières de la Belle Époque libertaire, dont Rirette Maîtrejean, emprisonnée comme complice de « la bande à Bonnot », ou May Piqueray, amie d’Emma Goldman. Hélène Frédérick s’inscrit dans le même type de parcours précaire : ex-libraire, lectrice dans l’édition et écrivaine à temps partiel. Au terme de cette généalogie des « en-dehors » ayant choisi ce travail pour son érudite liberté, elle fait un bilan contrasté sur les perspectives de ces petites mains vouées à rester dans l’ombre. 

Aux brefs chapitres constituant le panorama détaillé d’une confrérie méconnue, Hélène Frédérick a adjoint une ligne narrative nous ramenant à son enfance rurale au Québec. Un autre « passeur » s’en détache, son père électromécanicien, remettant en état, dans le capharnaüm de son atelier, des moteurs électriques défectueux. Quel rapport avec le métier actuel de sa fille ? Un destin d’autodidacte se découvrant un goût pour les menues incorrections de la langue ou des « bobines cramées d’un stator ». Une passion pour la réparation des outils ou la préparation de copie, une attention aux pannes techniques et aux « lézardes » typographiques. Cette mise en regard permet à l’autrice d’interroger les arcanes de sa pratique d’écriture, écartelée entre l’introspection sensible et les contraintes de la syntaxe réglementaire, impersonnelle. 

Entre enquête documentaire, autoportrait d’une femme au travail et hommage au père artisan, Hélène Frédérick entremêle au « je » et au « tu » plusieurs points de vue, sociopolitique et existentiel, contemporain et mémoriel. Elle redonne ses lettres de noblesse à des compétences, des exigences, mais aussi des marges de liberté mises en péril par une standardisation sans faille, afin d’y cultiver des espaces clandestins de désir et de poésie.