Rencontre avec Noémie Grunenwald et Christine Lemoine mardi 4 novembre à 19h30.
Née en 1940 à New York, Joan Nestle a grandi dans une famille monoparentale juive de la classe ouvrière, puis a fréquenté la communauté butch-fem avant de rejoindre les mouvements antiracistes, féministes et homosexuels. Cofondatrice des Lesbian Herstory Archives, le plus grand fonds d’archives lesbiennes au monde, elle s’est toujours battue contre la censure et pour l’expression des sexualités lesbiennes. Dans ce recueil, Joan Nestle oppose à la violence d’État la résistance du corps lesbien. En articulant histoire sociale, archives orales, théorie populaire et sexualité explicite, l’autrice pose les bases d’une pratique communautaire de la mémoire qui résonne encore, ici et maintenant.
Parce que leur graphisme matriciel est considéré comme has-been et que leur jouabilité est réputée trop difficile, Mendax et Zordax ont été reléguées au sous-sol du game center. De fait, personne n’est jamais parvenu à terminer ces deux jeux vidéos. Malheureux hasard, on découvre que ces vieilles bornes d’arcades ont aussi été conçues pour qu’on ne puisse y pratiquer qu’un nombre de parties limité. Cette obsolescence programmée pousse le gérant de la salle à organiser un tournoi afin que tout le monde puisse profiter au mieux de leurs derniers jours de vie. Mendax c’est avant tout une comédie humaine, ou plutôt une comédie extra-terrestre, à l’échelle de la toute petite planète qui abrite le game center ; une cour des Miracles cosmopolite fourmillant de personnages excentriques. Naviguant entre violence et humour, le tournoi évolue en un spectacle étrange et électrique, où tout peut dégénérer en un éclair.
Zad Kokar a un univers sonore et un style graphique aussi punk que minimaliste. Artiste prolifique, spontané et dissonant, il fait paraître de nombreux fanzines et bandes dessinées. Il participe à des collectifs de microédition et d’images imprimées et à plusieurs groupes de musique issu de l’Est de la France. Découvrez sans tarder sa première bande dessinée publiée aux éditions l’Employé du Moi !
Delphine Griveaud sera l’invitée de la librairie Le Monte-en-l’air (2, rue de la Mare, 75020 Paris), le jeudi 30 octobre à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Réparer la justice – Enquête sur les pratiques restauratives en France » aux éditions la Découverte.
Présentation du livre par la maison d’édition :
Le constat est sans cesse répété : la justice va mal et ne répond plus à ses missions. Comment la réparer ? Peut-être d’abord en cessant de considérer l’institution judiciaire comme la seule détentrice des moyens de » faire justice « . C’est à en envisager d’autres que s’emploient les justices dites » alternatives « , parmi lesquelles la justice restaurative, qui regroupe diverses pratiques – des rencontres entre » victimes » et » auteurs » aux cercles de soutien, en passant par les jeux de rôles pour cultiver l’empathie –, afin de responsabiliser les auteurs et prévenir la récidive, prendre soin des victimes et rétablir la paix sociale. Serait-ce la clé d’une justice plus juste ? Delphine Griveaud tente de répondre à cette question en étudiant sur le terrain les pratiques de la justice restaurative qui se sont développées dans le pays depuis 2014. Elle analyse les effets de son intégration au sein d’une institution pénale contre laquelle elle s’est pourtant construite. Elle plonge dans les rouages du système judiciaire, au plus près de ses publics comme de ses professionnel.les. Loin des visions iréniques qui font de la justice restaurative une solution miracle, elle propose un tableau lucide, nuancé, d’une manière de faire justice autrement qui se heurte à la réalité de l’institution.
Mercredi 29 octobre à 19h30, rencontre avec Victor Collet.
« Mecque des anarchistes, paradis pour anarchotouristes, zoo émeutier pour jeunes égarés, quartier de la résistance ou de l’insurrection contre la dictature des colonels, de la révolte et des émeutiers après décembre 2008, quartier des intellectuels, petit coin laborieux des artisans, maisons d’édition, libraires, imprimeurs, luthiers, quartier paisible et bariolé, commerçant et festif, « contre culturel » ou « alternatif », de plus en plus branché, gentrifié, approché puis envahi par les touristes à la nuit tombée, quartier de tous les refuges, des sans abris et des exilés, des antifascistes et des hooligans de l’AEK Athènes, des dealers et des mafieux, des koukouloforoi, (jeunes encagoulés et délinquants sociaux), quartier de tous les départs, vidé par le Airbnb, la marchandisation ou le folklore militant, quartier des assemblées et des disputes interminables entre groupes militants, à l’agonie devant sa militarisation, étouffé par les barrières métalliques et des projets urbanistes délirants, coeur de ville et place cathartique d’une politique du quartier, de la capitale, du pays. Décrire Exarchia, le quartier de toutes les hyperboles, version miniature (et extrême) des conflits nationaux, mais aussi des fantasmes et projections du gratin militant international… Autant renoncer d’emblée. Mais n’est-ce pas le propre des mythes que d’échapper aux tentatives d’accaparement ? De ne pas se laisser enfermer ou réduire à une définition, une dimension et une direction qui répondent à des intérêts ? Un quartier, aussi polymorphe qui plus est, ne se laisse pas si facilement attraper. À tout prendre, autant choisir un point de vue, et pourquoi pas le mien. »
Comment un quartier peut-il s’affranchir pendant toute une décennie du contrôle de la police ? Victor Collet nous guide dans Exarchia, dans ses squats, ses violences, ses solidarités, ses espoirs déchus, ses victoires,… pour nous montrer les possibilités qui existent, lorsque des habitants réussissent à tenir tête au fascisme, que celui-ci soit militant ou étatique ou les deux. Il parvient à faire l’histoire singulière d’un pays dont il a éprouvé les crises, et l’inscrit dans celle, plus large, des villes qui résistent, coûte que coûte, à toutes formes d’oppression. Si le récit de la Grèce peut être lu comme un récit d’anticipation à bien des égards, il donne aussi des raisons d’espérer. Comprendre Exarchia, c’est comprendre ce qui a marché, entrevoir ce qui aurait pu marcher, et s’inspirer des raisons de l’impossibilité à rester un îlot imperméable aux logiques d’oppression, afin de, peut-être, recréer ailleurs des réseaux de solidarité.
Mardi 28 octobre à 19h30, rencontre avec Arno Calleja animée par Florian Caschera.
Des événements perturbants – l’inondation d’un appartement, l’incendie d’un autre, l’effondrement d’un immeuble – contraignent Manuel Arganaraz à abandonner son semblant de vie sociale et à emménager dans sa voiture.
Sûr que la ville bascule et, plus encore, que le monde vient de changer de plan en secret, Manuel sort son téléphone et s’apprête à noter en direct les minutes finales des choses dernières.
Dans son bureau d’écriture mobile, il attend, observe, sillonne le centre-ville de Marseille mais rien n’arrive. En réalité plus rien n’a lieu : une étrange et implacable grève des événements s’institue, qui le contraindra à écrire moins une apocalypse qu’un chant et à vivre, innocente, inutile, tragique et poétique, la vie du dernier homme.
Samedi 25 octobre à 18h, rencontre avec Hélène Fréderick animée par Jeanne Bacharach.
Si les deux derniers romans d’Hélène Frédérick, Forêt contraire et La Nuit sauve, se déroulaient dans son pays natal, le Québec, et soulevaient des questionnements intimes à deux âges de la vie, ce nouveau livre est directement lié à la profession qu’elle exerce aujourd’hui en France : correctrice de presse. En 2018, elle a en effet intégré l’équipe d’un magazine en tant que « rédactrice-réviseuse à la pige ». C’est en partant de ce travail appris sur le tas qu’elle a décidé d’y porter un regard documentaire. « Nourrissonnée » par Jean, il lui a d’abord fallu se familiariser avec la chasse aux coquilles et un vocabulaire empreint d’argot dont elle nous fait partager la saveur, mais aussi découvrir le fonctionnement du cassetin et ses minutieux rituels.
Un curieux paradoxe ne tarde pas à apparaître : à mesure que la narratrice met en lumière une foule de savoir-faire, nous découvrons que cette corporation est menacée de disparition. S’il s’agit bien d’un récit d’apprentissage et de transmission, c’est celui d’un métier intermittent et qu’on ne choisit jamais vraiment. En interrogeant les plus chevronné(e)s de ses collègues ou en se plongeant dans des ouvrages traitant du sujet, elle s’étonne des affinités de longue date qui unissent les correcteur(trice)s et ouvriers typographes avec les milieux anarchistes. D’où l’envie de ranimer certaines figures, souvent féminines, héritières de la Belle Époque libertaire, dont Rirette Maîtrejean, emprisonnée comme complice de « la bande à Bonnot », ou May Piqueray, amie d’Emma Goldman. Hélène Frédérick s’inscrit dans le même type de parcours précaire : ex-libraire, lectrice dans l’édition et écrivaine à temps partiel. Au terme de cette généalogie des « en-dehors » ayant choisi ce travail pour son érudite liberté, elle fait un bilan contrasté sur les perspectives de ces petites mains vouées à rester dans l’ombre.
Aux brefs chapitres constituant le panorama détaillé d’une confrérie méconnue, Hélène Frédérick a adjoint une ligne narrative nous ramenant à son enfance rurale au Québec. Un autre « passeur » s’en détache, son père électromécanicien, remettant en état, dans le capharnaüm de son atelier, des moteurs électriques défectueux. Quel rapport avec le métier actuel de sa fille ? Un destin d’autodidacte se découvrant un goût pour les menues incorrections de la langue ou des « bobines cramées d’un stator ». Une passion pour la réparation des outils ou la préparation de copie, une attention aux pannes techniques et aux « lézardes » typographiques. Cette mise en regard permet à l’autrice d’interroger les arcanes de sa pratique d’écriture, écartelée entre l’introspection sensible et les contraintes de la syntaxe réglementaire, impersonnelle.
Entre enquête documentaire, autoportrait d’une femme au travail et hommage au père artisan, Hélène Frédérick entremêle au « je » et au « tu » plusieurs points de vue, sociopolitique et existentiel, contemporain et mémoriel. Elle redonne ses lettres de noblesse à des compétences, des exigences, mais aussi des marges de liberté mises en péril par une standardisation sans faille, afin d’y cultiver des espaces clandestins de désir et de poésie.
Mardi 21 octobre à 18h30 dédicace de deux nouvelles talentueuses autrices BD Margaux Manchon et Léa MKL.
Les aventures fictives racontent la vie et les amours d’une jeune fille à l’heure des réseaux sociaux : soirées, rencontres, rapport aux autres, rapport à soi et à son corps, quête de l’amour, pensées contradictoires, gestes beaux, lumineux, et même parfois désespérés.
Des faits marquants : Mode, musique, télévision, cinéma… Une balade drôle et décalée dans l’histoire de la culture populaire, à travers ses faits marquants. Quelques exemples : le passage à l’euro, le film Titanic, le jeu Sim City, l’invention de la Saint-Valentin, la brebis clonée Dolly, la mini jupe, la petite maison dans la prairie, Eurodisney, le vote des femmes, la pilule contraceptive, Superman, la première femme cosmonaute, Pokémon Go, la Macarena, la permanente, Laïka, la chienne dans l’espace, l’interdiction de fumer au restaurant, l’invention de la dynamite, la fête de la Saint-Nicolas, Miss France, etc. Ces courts récits humoristiques sont aussi entrecoupés de quizz insolites : Quel femme d’artiste es-tu ? Quel Michel (Sardou) es-tu ? Quelle carte postale es-tu ? etc. etc.
Rencontre avec Xavier de Jarcy vendredi 24 octobre à 19h30.
S’appuyant sur des archives inédites, cet ouvrage montre comment, entre 1925 et 1940, certains industriels ont soutenu l’extrême droite pour affaiblir la démocratie au nom de l’ordre et du progrès. En analysant les alliances entre milieux économiques, technocrates et mouvements autoritaires, Le fascisme en col blanc éclaire une facette méconnue de l’histoire française. Il révèle les mécanismes d’une dérive insidieuse où modernisation, culte de l’élite et autoritarisme se confondent. Cette enquête montre comment des fractions de l’élite ont préparé un basculement politique bien avant Vichy, faisant écho, de façon troublante, à certains traits du climat politique et intellectuel actuel.
SPIRALS est une enquête photographique sur la stérilisation forcée des femmes groenlandaises entre 1966 et 1975 par le gouvernement danois. Avec ce travail qui mêle enquête, documentaire et travail plastique, la photographe française offre une voix puissante aux victimes murées dans un silence de plomb depuis de nombreuses années.
JULIETTE PAVY — Photographe documentaire diplômée de la filière photojournalisme de l’EMI CFD de Paris, elle collabore régulièrement avec la presse nationale comme Le Monde, Libération, Le Figaro, Mediapart… En parallèle, elle développe une approche documentaire de la photographie sur des sujets environnementaux et sociétaux principalement en Arctique.
En 2020, elle co-fonde le Collectif Hors Format et est sélectionnée pour l’appel à projet Kickstarter x Polka. En 2022, elle est lauréate de la Grande commande nationale de la BnF et du ministère de la Culture. L’année suivante, elle obtient le prix de l’Union des Photographes Professionnels (UPP) et la bourse Françoise Demulder de Visa pour l’Image pour son reportage sur la stérilisation forcée des femmes du Groenland. Son travail a été exposé et projeté dans des festivals comme L’Oeil Urbain, Visa pour l’Image, Escales Photos ou Les Femmes s’exposent.
Mercredi 22 octobre à 19h30, rencontre avec Z. Hernandez et les éditeurs.
Première coédition entre Le Sabot et Terrasses Éditions, Fille de vous est le premier roman de Z. Hernandez. Il nous propose une autofiction historique qui rappelle à quel point la France est façonnée par cette guerre civile « d’Algérie » qui ne dit pas son nom. Z. Hernandez raconte les hommes de sa famille qui font et ont été faits par la guerre entre l’Espagne anti-franquiste et l’Algérie en lutte indépendantiste. Mais elle n’a pas le choix d’utiliser ce qu’elle sait le mieux pour le faire : la grammaire des filles des femmes.