Dimanche 16 octobre à partir de 17h

Vous étiez ma maison, texte de Violaine Lison et dessins de Manon Gignoux
TEXTE
Violaine Lison guide ses lecteurs comme au travers d’un conte : une narratrice voyage des rues pavées de la ville aux sentiers sinueux des forêts, entre
les arbres et les fougères, parmi bêtes et plantes. Elle y croise une femme
âgée, mi-fée, mi-sorcière, figure bienveillante qui rapièce et protège, joue du piano et de la machine à coudre. Cette dernière invite la visiteuse à passer le seuil de sa maison, à s’entourer de ses objets, de ses odeurs, des ronronnements du chat et des craquements du feu de cheminée. Une relation dense
se tisse entre les deux femmes. Les lundis deviennent leur rendez-vous
régulier avec la forêt et la vieille machine à coudre. Les vêtements, comme
des secondes peaux, sont réparés avec soin, les blessures cicatrisent et les
cœurs s’allègent.
Mais lorsque la maison se vide sans prévenir, c’est un terrible silence qui
s’abat. Questions et doutes refont surface : vers qui se tourner quand les
repères disparaissent, quand les lieux familiers deviennent lointains et
que les gestes rassurants perdent leur sens ? Comment appréhender un tel
héritage? À nouveau la nature bienveillante sera le refuge…
L’écriture à fleur de peau de Violaine Lison nous emmène, au rythme des
nuits et des chapitres, à nous perdre en forêt et à y découvrir des chemins,
des clairières ou des cabanes, pour mieux s’y retrouver ou pour se construire
un lieu à soi.
DESSINS
Les dessins à l’encre de Manon Gignoux, choisis dans le foisonnement
de son œuvre, répondent au texte tantôt par leur fluidité, tantôt par leur
transparence. Mais toujours avec le noir, qui avec force fait forme, plongeant
celui qui regarde dans le mystère de sa pulsation. Qu’ils soient vêtements,
gestes ou légumes, une apparente légèreté les habitent. Un souvenir de
corps ou de danse fait trace dans un équilibre qui joue avec le blanc de la
page. Et comme le pointe l’historienne de l’art Geneviève Besse-Houdent :
les objets se reconnaissent entre eux, […] projetées dans une réalité autre, là
où seul s’invite l’imaginaire.
Textes et images s’ajustent alors dans l’entre-deux de la page