Rencontre avec Christelle Taraud et Emmanuelle Walter jeudi 12 février à 19h30.

Les Filles-au-Diable : Retrouver les « sorcières » de Steilneset (1620-2022) :
En 1621, Anne Lauritsdatter est exécutée en tant que » sorcière » aux côtés de douze autres femmes, à Steilneset. En 2011, la Norvège érige un Mémorial dédié à toutes celles qui ont été brûlées vives, durant le XVIIe siècle, dans cette région du Finnmark. Celui-ci vise à éclairer le fait que ces femmes n’étaient pas des » sorcières » mais des victimes d’une persécution misogyne et d’un crime de masse aujourd’hui nommés féminicide. En 2022, Christelle Taraud se rend dans ce lieu si symbolique des violences systémiques contre les femmes et fait l’expérience sensible du souvenir de ces exécutions.
Pensé comme un laboratoire scientifique, politique et littéraire, Les Filles-au-Diable suit les traces des » sorcières » de Steilneset en racontant l’histoire singulière d’un lieu au travers des expériences croisées de deux femmes : l’une, Norvégienne, venue du passé, l’autre, Française, vivant aujourd’hui. Dans la longue trame du temps qui se dessine entre 1620 et 2022, d’autres territoires (Irak, Mexique, Canada, Ghana, Rwanda, Cambodge…) ayant connu des épisodes féminicidaires paroxystiques sont convoqués.
Entre récit historique, analyse politique et déambulation poétique, les parcours s’entrelacent, les voix s’entrechoquent, les récits s’enchevêtrent. Émerge alors une autre histoire des chasses aux » sorcières « , qui fait écho à des situations très contemporaines de haine contre les femmes un peu partout dans le monde
Sœurs volées : Enquête sur un féminicide au Canada :
Depuis 1980, près de 1 200 Amérindiennes canadiennes ont été assassinées ou ont disparu dans une indifférence quasi totale. Proportionnellement, ce chiffre officiel et scandaleux équivaut à 55 000 femmes françaises ou 7 000 Québécoises.
Dans ce récit bouleversant écrit au terme d’une longue enquête, Emmanuelle Walter donne chair aux statistiques et raconte l’histoire de deux adolescentes, Maisy Odjick et Shannon Alexander. Originaires de l’ouest du Québec, elles sont portées disparues depuis septembre 2008.
D’abord paru en 2014, l’ouvrage a eu une grande résonance au Québec à sa sortie, au point de participer à lancer une enquête parlementaire sur la question de la disparition de filles autochtones. Cette nouvelle édition est augmentée d’un texte revenant sur les dix dernières années, et encadrée par une préface de Christelle Taraud.








