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Anne Clerval et Laura Wojcik / Les naufragés du Grand Paris Express / Rencontre

Mardi 12 mars à 19h30 chez nos voisins du Lieu-Dit 6 rue Sorbier

Les aménagements urbains pour les jeux Olympiques 2024 ont suscité de vives résistances, notamment à Saint-Denis et Aubervilliers, au nord de Paris. Mais, au-delà des JO, c’est un immense projet de renouvellement urbain qui se profile avec le Grand Paris d’ici 2030. Dans les banlieues populaires, de nombreux habitants et habitantes sont expulsés, expropriés de leur maison, relogés dans un autre logement social et doivent laisser place aux 68 futures gares du nouveau réseau de transport du Grand Paris Express. Autour de chacune de ces gares, de grands projets urbains prévoient la démolition de milliers de logements sociaux, reconstruits plus loin, plus chers, tandis que les prix immobiliers augmentent rapidement dans le parc privé. En décalage complet avec les besoins des classes populaires qui se paupérisent depuis des décennies, la Métropole du Grand Paris se construit pour tenir son rang dans la concurrence internationale, en rentabilisant le sol urbain et en cherchant à attirer de nouveaux investisseurs. À partir d’une enquête de terrain menée autour des futures gares de huit communes de proche couronne, ce livre raconte l’histoire vue par les perdants de cette opération.

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Pacôme Thiellement / Le secret de la société / Rencontre

Jeudi 7 mars à 19h30

« Et pourtant, tout pourrait changer. » Telle est l’idée centrale qui préside au nouveau livre de Pacôme Thiellement, un livre qui approfondit du côté de la politique les leçons de ses livres précédents. Tout pourrait changer, mais tout est mis en oeuvre pour que rien ne change. Tout pourrait changer, mais personne ne le veut vraiment. Vraiment ? Non. En allant creuser du côté du « secret de la société », Pacôme Thiellement met à jour une tradition cachée, qui relie ensemble celles et ceux qui n’ont pas renoncé au changement – ni à considérer l’humanité comme quelque chose de pas tout à fait foutu. Cette tradition, qui passe de Honoré de Balzac à Jacques Rivette, du Chat de Chester à la Baghavad-Gita, de Jeanne d’Arc au Langage des oiseaux ou de Simone Weil à Antonin Artaud, est une tradition des marges et des profondeurs, où luit encore la possibilité de l’absolu. Somptueuse méditation sur la paranoïa qui hante les espaces de la politique contemporaine, plaidoyer pour une humanité survivante, chant d’amour pour les êtres et les oeuvres qui continuent à nous guider dans le noir, c’est peut-être le plus beau livre de Pacôme Thiellement.

Avec le scénario inédit de L’Année prochaine à Paris, de Pascal Bonitzer, Christine Laurent et Jacques Rivette.

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Emmanuel Beaubatie / Ne suis-je pas un.e féministe ? / Rencontre

Mercredi 6 mars 19h30

Qui a le droit de se réclamer du féminisme ? Qui est légitime à faire partie du mouvement ? Depuis près de cinquante ans, des militantes de la cause des femmes excluent les trans’ et vont jusqu’à nier leur existence. Le cas des trans’ n’est pas isolé : il prend place dans la longue liste de celles qui, au nom de l’universalisme ou de la nature, se sont trouvées marginalisées. Lesbiennes, femmes noires, femmes portant le foulard, travailleuses du sexe… beaucoup ont, un jour ou l’autre, été amené·es à poser la question : ne suis-je pas un·e féministe ?

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Revue Plurivers / Décoloniser le changement climatique / Éditions du Commun / Rencontre

Vendredi 1er mars à 19h30

La revue Plurivers est propre à l’Observatoire Terre-Monde, centre d’étude des écologies politiques des Outre-mer et proches Régions. Elle est née d’une volonté, celle de mettre en lumière la diversité des enjeux écologiques inhérents aux territoires dits « d’Outre-mer ». À l’heure où l’impératif écologique nous enjoint à repenser collectivement nos manières d’habiter la Terre et de vivre-ensemble, l’OTM a pour vocation de créer des espaces de rencontres internationales et transdisciplinaires mêlant universitaires de toutes disciplines et différent·es acteur·rices de la société.

Développé au sein du courant des études décoloniales en Amérique Latine, le terme de Plurivers vient aujourd’hui remettre en cause la domination et l’hégémonie des épistémologies « eurocentrées ». Il oppose à un universalisme réificateur et abstrait, un Pluriversalisme ayant pour objectif la prise en compte de la multiplicité des façons d’être au monde, en s’attachant plus particulièrement à visibiliser les épistémologies et les pratiques dites du « Sud ». Plurivers porte donc de façon intrinsèque une remise en question de la hiérarchisation des productions épistémiques du monde ainsi qu’une perspective décoloniale qui se place au cœur même de la production des savoirs et de leurs circulations.

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Où sont les albums jeunesse antisexistes? / J’aimerais t’y voir / Rencontre

Jeudi 29 février à 19h30

Il y a deux ans, Sarah Ghelam nous avait proposé d’animer une rencontre sur les albums jeunesse qui questionnent les normes genrées, avec Isabelle Cambourakis (Sorcières, Cambourakis) et Elsa Kedadouche (On ne compte pas pour du beurre).

Ce 29 mars, nous discuterons à nouveau des albums qui questionnent les normes genrées, à l’occasion du lancement du guide écrit par Priscille Croce, Où sont les albums jeunesse antisexistes ?, pour la toute nouvelle collection d’essais critiques sur la littérature jeunesse d’On ne compte pas pour du beurre : J’aimerais t’y voir.

La collection « J’aimerais t’y voir » propose un espace de pensée sur les recherches et pratiques en cours autour des représentations en littérature jeunesse, plus précisément à l’intérieur de la production d’albums jeunesse en France. Des listes bibliographiques commentées complètent chaque ouvrage.

La rencontre sera animée par Laura Vallet, membre du comité de lecture de la collection J’aimerais t’y voir.

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Marie Cosnay / Des îles (mer d’Alborán 2023) / Éditions de L’Ogre / Rencontre

Mercredi 28 février à 19h30. Rencontre animée par Jeanne Bacharach 

Des îles, dont mer d’Alborán est le troisième volume, est une série d’ouvrages, entre enquête de terrain et récit documentaire, consacrés à une histoire orale de l’exil vers l’Europe. Le 1er volume Lesbos 2020 – Canaries 2021 a été publié en 2021, et le 2e Îles des faisans 2021 – 2022 en 2023.

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Que fait la politique d’immigration européenne aux liens, aux familles et aux corps ? Que faire des corps des disparus de l’exil et comment leur rendre la dignité humaine qui leur a été niée jusque dans la mort ?

Sur les côtes de la mer d’Alborán, Marie Cosnay explore la question des morts sur les routes de l’exil, le refus européen de leur accorder une inhumation ou un rapatriement dignes. Elle démasque les meneurs d’un commerce sordide, les vautours qui s’enrichissent du désespoir des familles de disparus, autour de la recherche de ces corps, de leur identification et cherche inlassablement le frère de son ami Ryad, disparu en mer d’Alborán, en tentant de voir les bateaux, de modéliser les naufrages, pour comprendre ces drames.

Des îles (mer d’Alborán 2023) est le dernier volume d’une trilogie qui restera, comme un témoignage au présent de la période que nous traversons, à la fois « l’instruction d’un procès à venir » et le récit d’une catastrophe humanitaire.

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« Comment meurt-on ? En faisant beaucoup d’histoires. La vie des morts est un récit sans fin. Les vivants ne font pas le poids, même quand ils font tout pour se faire remarquer. Le silence et l’invisibilité sont des leurres. La mer d’Alborán, l’entre deux mers, selon son nom arabe, puisqu’outre qu’elle joint ce que les temps ont voulu séparer à tout prix, lie aussi la Méditerranée et l’Atlantique, nous attendait. Ainsi que l’archipel des Baléares. »

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Alberto Prunetti / Odyssée Lumpen / Lux éditeur / Rencontre

Vendredi 23 février à 19h30

Un rejeton de la fière classe ouvrière toscane, premier de sa famille à avoir fait des études supérieures, se retrouve à composer, dans une cuisine puante de Bristol, la pizza Margherita en hommage à l’autre Marguerite, la maléfique Thatcher. Il est flanqué d’un flibustier tout droit sorti de L’île au trésor, d’un acteur shakespearien dans la débine, d’un Pavarotti déboucheur de chiottes et de toute une troupe de semi-délinquants, lumpenprolétaires rebelles, amateurs de bière, de foot et de diverses substances.

Ces souvenirs vrais sont passés au filtre de la poésie fantastique et de la critique sociale, dans un récit drolatique et émouvant, entre Ken Loach, George Orwell et H.P. Lovecraft. Un chant d’amour à une classe morcelée, malmenée par les managers doucereux et les superviseurs esclavagistes, mais qui résiste encore et toujours.

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Romain Huët / La guerre en tête / PUF / Rencontre

Jeudi 22 février à 19h30

Comment un homme accepte-t-il de tuer ou de mourir pour des pour ses idées ? Ecrit au milieu de sinistres explosions, de destructions, d’effondrement du monde, ce livre décrit la guerre à hauteur d’individus ordinaires. On y découvre qu’elle ne fait pas que traumatiser les hommes : elle les enchante, captive leurs sens et leurs espoirs.

Témoin embarqué sur deux théâtres d’opération contemporains, en Syrie au sein de l’armée syrienne libre puis du Front Islamique (2012-2018) et en Ukraine à Kharkiv et dans le Donbass (2022-2023), l’auteur décrit le quotidien de ces combattants volontaires dont il partage la vie sur le front et dans leurs quartiers généraux. Il tente de comprendre comment un individu ordinaire, c’est-à-dire non préparé à la guerre, décide de prendre les armes et accepte de tuer et ou de mourir, au nom d’espérances révolutionnaires ou pour défendre un territoire.

Plongé dans le chaos de la guerre, l’auteur nous invite à partager la vie ordinaire de ces brigades. Loin des descriptions caricaturales, ce livre raconte les ambiguïtés de la guerre : un monde où se côtoient humanité et haine, espoirs et enfermements, rêves d’avenir et obsession mortifère. Et s’il est une chose que la guerre ravage, ce sont les subjectivités. En creux, ce livre interroge l’attraction qu’exerce la guerre sur les êtres. L’auteur y propose une réflexion inédite sur la façon dont la guerre transforme ceux qui la vivent, et sur ce que ces enfermements dans la violence disent des troubles de notre époque.

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Tremble parlure II : écrire c’est lire et faire passer / Anne Serre

Mercredi 21 février à 19h30

Tremble parlure II : Écrire c’est lire et faire passer

En juin 2019 pendant toute une semaine se tint au Monte-en-l’air un petit festival remuant, baptisé Tremble parlure. Florian Caschera, auteur et musicien, notamment chanteur du groupe Arlt y invitait chaque soir une poignée de romancier.es et de poètes à parler avec lui de l’enfance, de l’ivresse et de la folie considérés comme instruments du langage, territoires mentaux, accélérateurs de parole ou zones érogènes dans la littérature. En cette année 2024, Tremble parlure revient, sous une forme feuilletonesque, à raison d’un rendez-vous par mois. Ainsi, de Février à Juin, Florian Caschera invitera au Monte-en-l’air 4 autrices et 1 auteur à présenter leurs lectures, à dire en quoi les livres des autres informent leur propre écriture et en quoi ces livres éclairent, définissent, augmentent ou délimitent leur conception de la littérature.

Avec, dans l’ordre d’apparition :
Anne Serre
Nicole Caligaris
Stéphane Bouquet
Marie-Hélène Voyer
Cinquième invité.e (programmation en cours)

ANNE SERRE, Autrice, écrivaine, écrivain, auteur

Premier rendez-vous Anne Serre le 21 fevrier à 19h30

Anne Serre écrit des fictions de forme brève, nouvelles ou romans fulgurants. Comme les livres d’un Kafka ou d’un Walser auxquels ils ne ressemblent pourtant pas, ses textes sont pour la plupart parfaitement lisibles quoi qu’inexplicables. Ce sont des textes avec un ton, une tournure, un mystère. Ce sont des textes avec un grain. La présence des morts y est naturelle mais rarement explicite, le trouble une vertu cardinale, la bonne humeur un pouvoir magique. Car espiègles et gais, les livres d’Anne Serre le sont jusque dans l’inquiétude ou la cruauté. Avant tout, ils sont libres. Et ouvrent dans le lecteur de nouvelles grandes voies respiratoires, vertes et bleues. Nous avons voulu lui demander de quelles lectures une telle écriture se nourrissait.

Crédit photo : Francesca Montovani

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Olivier Le Cour Grandmaison / Racismes d’Etat, Etats racistes / Editions Amsterdam / Rencontre

Jeudi 15 février 19h30

Depuis un certain nombre d’années, les procès en séparatisme et en communautarisme se sont multipliés. Procès intentés non plus seulement par l’extrême droite, dont on connaît les outrances, mais aussi par des intellectuels respectables et des responsables politiques soi-disant modérés. Le but d’une telle offensive ? Discréditer comme un pur et simple délire la tentative de nommer les discriminations systémiques. Ainsi, le racisme ne pourrait exister dans notre république puisqu’il y est interdit au nom du principe d’égalité qui la fonde ; prétendre le contraire reviendrait à tout confondre, à se vautrer dans l’outrance, à se ranger du côté de ceux qui menacent les institutions.