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Pierric Bailly / La Foudre / POL / Rencontre

Mercredi 13 septembre à 19h30, rencontre animée par Florian Caschera.

La Foudre est un roman de la passion amoureuse et de la sidération. C’est aussi un roman qui s’inscrit dans la tradition du nature writing américain. John, le narrateur, une trentaine d’années, est berger dans le Haut-Jura. Chaque année, il passe cinq mois dans un chalet d’alpage pour garder un troupeau de brebis. Il arpente les forêts de hêtres et d’épicéas de la vallée, croise toutes sortes d’animaux sauvages : renards, chamois, lynx.John découvre dans le journal un fait-divers impliquant un certain Alexandre Perrin, accusé de meurtre. Alexandre, son ami de lycée, devenu vétérinaire, écologiste et militant de la cause animale, a tué un de ses voisins, un jeune chasseur de vingt ans. Une bagarre qui a mal tourné. Alexandre a été arrêté et placé en détention provisoire. John, troublé, va quitter son refuge et tenter d’en savoir plus. Il prend contact avec Nadia, la femme d’Alexandre, avec qui il était également au lycée. Il se retrouve alors entraîné dans une histoire passionnelle inattendue qui va bouleverser sa vie.Alexandre est en prison et attend son procès. Son crime pousse John à revisiter ses années de jeunesse. Ils sont heureux avec Héloïse sa compagne, avec qui John projetait de s’installer à la Réunion. Pourtant, le meurtre commis par son ami et sa complicité naissante avec Nadia vont l’entraîner là où il n’imaginait pas aller. Nadia réveille chez lui quelque chose qui semblait enfoui, elle ravive son désir. Il a l’impression d’une renaissance. Aussi, ses projets avec Héloïse lui apparaissent de plus en plus improbables. La culpabilité de son ami tourne pour lui à l’obsession, à mesure que son désir pour Nadia s’accroît. Il suit l’audience au tribunal de Lyon, quitte Héloïse et reste dans le Jura tout en vivant sa liaison amoureuse avec Nadia. Jusqu’au jour où Alexandre sort de prison et retrouve sa femme et ses enfants auxquels John s’est attaché. La situation devient critique et orageuse, tandis que Nadia semble s’éloigner de lui.

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Matthias Lehmann / Chumbo / Casterman / Lancement

Mardi 12 septembre à 18h30

Un père qui saura répugner les âmes les plus répugnantes, une mère empêchée par ce même père, et leurs enfants, Severino, Ramires, Adélia, Úrsula et Berenice, qui tenteront vaille que vaille de s’en sortir, avec plus ou moins de succès. C’est le portrait tendre et cruel de cette famille déclassée de Belo Horizonte que nous propose Matthias Lehmann, auteur franco-brésilien, avec, en toile de fond, la grande histoire du Brésil, pays-continent, faite de bonds en avant et d’éternels retours.
Il a fallu à Matthias Lehmann trois ans et demi de travail pour brasser plus d’un demi-siècle d’Histoire collective et familiale. Débutant en 1937, Chumbo cartographie d’un même élan l’âme de ses personnages et l’État du Minas Gerais, mêlant l’intime et la démesure dans des compositions fourmillantes de trouvailles graphiques.
Alors que La Favorite observait le quotidien entravé d’un enfant prisonnier d’une famille toxique, Chumbo ouvre les horizons pour approfondir cette étude de la cellule familiale et en faire apparaître les déterminismes. La famille, l’amour et la ville sont autant de prisons qui enferment les corps des personnages. Matthias Lehmann installe un huis clos dans un espace immense où les perspectives s’amenuisent selon le genre, la condition sociale, la religion ou le sens du devoir. 

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Delfeil de Ton et Willem / L’Apocalypse / DDT 3 / Rencontre

Lundi 11 septembre à 19h

Après la parution du tome 2, il était impossible de laisser encore dix ans avant de publier le tome 3 ! L’Apocalypse publie donc déjà le tome 3 des « Lundis » de Delfeil de Ton, qui réunissent les Chroniques parues dans le Nouvel Obs en 1980 et 1981. Plus on aura de volumes, plus on réalisera l’importance de la chronique de Delfeil de Ton qu’il a tenue 45 ans durant, de 1975 à 2020 : « Imaginer une fiction colossale, fleuve de chez fleuve, un roman-feuilleton réalisé à raison d’un épisode par semaine, et dont le sujet serait l’actualité elle-même – mais avec toutes les ressources du roman-feuilleton, tous les rebondissements, le suspense et la surprise, avec des coups d’État, des soulèvements, des running-gags, des personnages qui reviennent, et beaucoup de procès au long cours, beaucoup d’histoires d’amour interdites, beaucoup de livres censurés, beaucoup d’innocents arrêtés, beaucoup de coupables décorés, beaucoup de coups de feu tirés au hasard et beaucoup de post-scriptums qui n’ont rien à voir. » écrit Pacôme Thiellement dans sa préface au tome 2. Ce tome 3, c’est aussi un changement de décennie, et l’élection de la gauche avec Mitterrand. D.D.T, en mai 1981 : « Pauvre Giscard. Il ne lui restera bientôt plus que la littérature. Condamné à écrire un mauvais livre. Et avec ça, toute la critique va lui tomber dessus. »

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Elise Goldberg / Tout le monde n’a pas la chance d’aimer la carpe farcie / Verdier / Rencontre

Dimanche 10 septembre à 17h, rencontre organisée en partenariat avec En attendant Nadeau animée par Jeanne Bacharach

Un grand-père meurt. Une petite-fille récupère son frigo et l’installe dans sa cuisine. La porte à peine ouverte, nous franchissons la frontière de la Pologne juive, et c’est un monde qui se découvre, un monde de foie de volaille, d’« ognonnes », de gefilte fish, la carpe farcie en yiddish.La cuisine ashkénaze n’est peut-être pas la plus sexy, et le yiddish n’a pas toujours été une langue bien normée. Mais ce sont autant de saveurs et de couleurs, de mots et de sonorités, toute une culture et une histoire qu’Élise Goldberg nous restitue ici, dans ce premier livre aussi drôle qu’émouvant.L’histoire familiale, dit la narratrice, est « un récit sans chair, dont ne subsisterait que la colonne, quelques arêtes » – une carpe, en quelque sorte, qu’il faut réussir à farcir si on veut l’aimer.

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Boucherie Ovalie / Marabout / lancement

Samedi 9 septembre à 17h

Après un premier tome sur le rugby professionnel puis un autre sur le rugby amateur, la Boucherie Ovalie s’attaque au très haut-niveau avec ce qui se fait de mieux dans le monde du rugby : le XV de France. Enfin, c’est ce que nous les Français pensons, en tout cas.

On dit souvent que l’équipe de France est la vitrine du rugby français. Depuis 2009, en bons sales gosses, nous nous sommes toujours fait un plaisir de lancer des pavés dans cette vitrine, pointer du doigt les endroits pas très propres et rigoler quand le mannequin est monté à l’envers. Pourtant nous avons choisi, pour cet ultime ouvrage (soyons réalistes), de faire une déclaration d’amour tardive au maillot bleu et ainsi compléter une trilogie de livres qui fera honte à tous les autres bouquins de votre (plus ou moins grande selon votre poste) bibliothèque.   Après l’autoproclamé “meilleur livre du monde” puis le “meilleur guide du monde”, on termine sur un feu d’artifice avec ce “meilleur livre du monde sur la meilleure équipe du monde”. Dans nos cœurs en tout cas, on verra après la Coupe du monde.  

Dans cette encyclopédie pas du tout exhaustive, vous retrouverez tout ce qui nous a fait aimer les Bleus :
• les victoires héroïques comme les défaites ridicules ;
• les Grands Chelems dans le Tournoi des Six Nations et les déceptions en Coupe du monde ;
• les joueurs ou joueuses, emblématiques ou complètement oubliés, récents ou pas du tout récents ;
• des interviews
• y en avait un peu plus, on vous l’a mis quand même (on est bouchers).  

Ça n’est donc pas un livre sur l’équipe de France 2023 (même si on en parle), encore moins sur la Coupe du monde 2023 (même si on en parle), et carrément pas du tout sur la Mésopotamie (même si on a essayé d’en parler). Ah oui au fait, la préface est signée par Marie-Alice Yahé et Yionel Beauxis. Pas mal non ? C’est français.

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Constanza Spina / Manifeste pour une démocratie déviante / Censored-Trouble / Rencontre

Vendredi 8 septembre à 19h30

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Rencontre avec Constanza Spina pour la sortie du premier livre des éditions trouble : “Manifeste pour une démocratie déviante – Amours queers face au fascisme”Là où le fascisme estime que seules certaines vies sont dignes d’être vécues, la pensée queer et féministe nous enseigne que toutes les vies comptent. Dans cet essai politique incarné et sensible, Costanza Spina démontre que les démocraties capitalistes n’ont jamais réellement repensé leur filiation avec les régimes autoritaires, et comment les « déviant·es » dans l’ombre de systèmes productivistes et violents ont appris à s’aimer, à prendre soin, à rendre justice autrement. Donnant des pistes à la fois théoriques et pratiques pour faire face au fascisme, Costanza Spina théorise la révolution romantique queer comme une lutte radicale, et met au défi de se réinventer par les imaginaires révolutionnaires de l’amour.« Ce livre s’adresse à celles et ceux qui ne regardent pas les ruines avec rage et nostalgie, mais comme de sublimes terrains de fantaisies et de récits magiques, où se rencontrent monstres et guerrier·ère·s, dieux et déesses gardien·ne·s de mystères obsédants. »Costanza Spina est journaliste, a fondé il y a près de dix ans le média queer indépendant Manifesto XXI. Après avoir grandi en Italie jusqu’à ses 17 ans, iel décide de quitter son pays pour fuir le conservatisme du régime de droite en place. En France, Costanza Spina
fréquente Sciences Po Rennes et entame ses recherches autour des médias et du journalisme militant LGBTQIA +. Depuis 2019, iel mène une réflexion autour de la force politique et sociale de l’amour queer. Au coeur de cette recherche, la question de comment s’organiser face à la monté des extrêmes droites et de comment insuffler dans les médias une approche queer et intersectionnelle. Manifeste pour une démocratie déviante – Amours queers face au fascisme est son premier livre.

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Chloé Delaume / Pauvre folle / Seuil / Rencontre

Mardi 5 septembre à 19h30, Rencontre animée par Bérénice Hamidi.

Dans toutes les histoires d’amour se rejouent les blessures de l’enfance : on guérit ou on creuse ses plaies.Pour comprendre la nature de sa relation avec Guillaume, Clotilde Mélisse observe les souvenirs qu’elle sort de sa tête, le temps d’un voyage en train direction Heidelberg. Tandis que par la fenêtre défilent des paysages de fin du monde, Clotilde revient sur les événements saillants de son existence. La découverte de la poésie dans la bibliothèque maternelle, le féminicide parental, l’adolescence et ses pulsions suicidaires, le diagnostic posé sur sa bipolarité. Sa rencontre, dix ans plus tôt, avec Guillaume, leur lien épistolaire qui tenait de l’addiction, l’implosion de leur idylle au contact du réel.Car Guillaume est revenu, et depuis dix-sept mois Clotilde perd la raison. Elle qui s’épanouissait au creux de son célibat voit son cœur et son âme ravagés par la résurgence de cet amour impossible. La décennie passée ne change en rien la donne : Guillaume est toujours gay, et qui plus est en couple. Aussi Clotilde espère, au gré des arrêts de gare, trouver une solution d’ici le terminus.

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Matthieu Chiara / L’homme gêné / L’agrume / lancement

Samedi 2 septembre à 17h

Les errements amoureux d’un antihéros moderne. Humour, imaginaire fantasque et profondeur existentielle.Vincent, seul dans son appartement, as de la procrastination, se perd dans ses fantasmes, n’ose pas agir ou agit n’importe comment. Notamment avec Julia, la nouvelle voisine qui sonne un jour à sa porte…

Matthieu Chiara, illustrateur, est l’auteur de Dessins variés, effets divers (Le monte-en-l’air, 2015), de Hors-jeu (L’Agrume, 2016) et de Pulp Mixtions. Petit illustré de la curiosité ordinaire (Anamosa, 2019). Il travaille régulièrement pour des revues illustrées et réalise des gravures et des concerts dessinés. Il a illustré les livres de Nicolas Santolaria chez Anamosa, Le syndrome de la chouquette. Ou la tyrannie sucrée de la vie de bureau (2018; Points Seuil, 2019) et Théorème de la couche-culotte. De l’éducation comme science inexacte (2021).

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Antoine Jobard / Atelier panique / Le Sabot / Rencontre

Vendredi 1er septembre à 19h30

Après une nuit agitée, un jeune saboteur s’éveille dans un jardin public. Au marché aux puces, il déniche un étrange portrait et se lie bientôt d’amitié avec son auteur vieillissant.
S’écroulant sur sept jours et sept chapitres, atelier panique impose le rythme d’une genèse à rebours : celle du peintre ayant décidé d’en finir au bout d’une semaine. Tandis que le monde et ses insurrections se diluent autour des deux personnages, le récit se resserre dans leur confrontation

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Lisette Lombé / Eunice / Seuil / Rencontre

Mercredi 30 août à 19h30, rencontre animée par Joëlle Sambi

Eunice, dix-neuf ans, athlète, étudiante en fac de psycho, vient de se faire larguer par son petit ami. Alcool et danse pour tenter d’anesthésier la tristesse.
En se réveillant avec une gueule de bois carabinée, la jeune femme pense avoir touché le fond mais les nombreux appels en absence laissés sur son portable par son père annoncent le pire. Sa mère, Jane, est morte, d’une chute dans l’eau du fleuve au sortir d’une boîte de nuit. L’enquête conclut très vite à un simple accident mais Eunice refuse d’y croire.
Et si un agenda rouge retrouvé dans un salon de coiffure lui donnait raison ? Et si les initiales écrites sur plusieurs pages étaient un indice ? Pour Eunice, c’est le début d’une quête de vérité afin de comprendre qui était cette mère dont elle réalise qu’elle ne connaissait pas grand-chose. Le choc du deuil rappelle que toute famille est le lieu de secrets enfouis.
La rencontre avec la sereine et superbe Jennah marquera un tournant vers l’apaisement.
Eunice est une histoire d’amours, de sororité, de transmission et de rémission. C’est aussi un éveil à la tendresse et au pardon. Un roman coup de poing, porté par une langue très rythmée.