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Zéphir / La Mécanique des vides / Futuropolis / Lancement

Samedi 17 septembre à 17h

Lancement-dédicace de La mécanique des vides de Zéphir / Futuropolis

Quelques mots de Zéphir sur la naissance du livre :

En décembre 2015, la tente plantée sous un arbre du Brésil, je notais quelques phrases dans mon carnet. Je cherchais à décrire le début d’un voyage pour lequel je ne m’étais pas donné de date de retour.
Durant les deux années nomades qui ont suivi, l’écriture m’est rapidement devenue nécessaire pour digérer ce que je traversais et m’y retrouver un peu dans l’intensité des journées qui s’enchaînaient, pour mettre à distance le monde et mieux saisir ce que la route dévoilait.
Dans mes carnets se mélangeaient des bribes de ce que je vivais, des bouts de croquis, des pistes pour de possibles livres, des adresses et recommandations en tout genre griffonnées par des mains bienveillantes.
Très vite, l’impossibilité de communiquer ce que je vivais m’a sauté aux yeux : aucun médium ne pouvait donner à voir ou sentir clairement ce qui se passait là. Bouvier l’a très bien formulé :

« Si ces moments d’extrême bonheur, d’extrême danger ou d’extrême malheur sont si difficiles à décrire, c’est précisément parce que le langage s’arrête à un certain point et que vous, vous allez un peu plus loin. Vous avez deux mots sentinelles qui sont ‘indicible’ et ‘ineffable’ et derrière, il n’y a plus de texte. La musique, elle, passe plus furtivement cette douane mais sans aller jusqu’au bout sinon, de nouveau, le firmament s’éteindrait. C’est assez plaisant de penser que nous devons notre survie à notre imperfection. »

Cette idée de «mot sentinelle », d’un seuil où le langage s’arrêterait m’a fasciné. C’est un des points de départ de mon livre.
Je n’ai pas voulu parler de ma petite expérience de voyageur, j’ai plutôt tenté d’approcher par le récit les tremblements provoqués par le fait de voyager.
J’ai souhaité que La mécanique des vides soit à l’image de ce voyage : entièrement improvisé.
Les notes désordonnées de mes carnets m’ont servi de balises, un léger fil rouge m’a guidé dans l’avancée du récit. Le reste s’est fait au fil des cases. J’ai tenté de rencontrer et de suivre mes personnages comme j’ai pu le faire avec des voyageurs rencontrés en chemin.
Durant ces vingt-huit mois de voyage, il y eut aussi ces instants où plus rien ne faisait sens, où j’avais l’impression que le monde entier se faisait sans moi, que l’immense liberté née du fait de ne pas avoir d’attaches était chèrement payée. Dans ces instants-là, l’écriture et le dessin seuls me poussaient à continuer. En imaginant ce livre, j’avais l’impression de payer ma dette au voyageur qui se dispersait en route.

La Mécanique des vides, c’est l’histoire d’une mère qui sème des histoires pour embellir le monde, d’un homme qui court après des mots qui s’enfuient, d’une pirogue qui vole, d’esprits qui témoignent pour sauver une jungle qui se fait aspirer, d’un désert où les pierres versent des larmes. 

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Inès Rousset & Simon Burger / J’ai vu des vêtements sauvages / Lancement

Vendredi 16 septembre à 18h30

Un livre publié par Le Monte-en-l’air

Inès est en stage à Tokyo. Simon, qui devait la rejoindre, est bloqué par le confinement. Alors, il parcourt les îles du Japon avec Google Maps, faisant du tourisme depuis son canapé.
En passant d’île en île, le moteur de recherche lui soumet les avis de ses visiteurs : « L’eau n’est pas très bonne ambiance. » Les voyageurs s’expriment sans aucune limite. Ils notent paysages et cafétérias. Ils ont un avis à donner aux autres qui comptent s’y rendre. « J’ai vu des vêtements sauvages. Buvez de l’eau douce naturelle.» C’est déjà mal traduit, c’est pratique. Ça ressemble à de la poésie.
En les traduisant à nouveau par le dessin, Inès propose une sorte d’étirement graphique. Un enfant blasé essaie tant bien que mal de faire barrière à la mer qui lui coule sur le coude. Une géante fait du hula hoop dans la nuit en prenant soin de n’écraser personne. Dix smileys fâchés paradent avec des pouces vers le bas sur un parking. Autant de situations énigmatiques dont l’étrangeté est encore renforcée par son dessin tout à la fois brut et délicat.
Dès lors, difficile de résister à ce recueil de conseils mal traduits pour partir en territoire insulaire. On aurait plutôt envie, au contraire, de s’y laisser glisser jusqu’à complètement chavirer.

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Xavier Bouyssou / Toonzie / Editions 2024 / Lancement

Jeudi 15 septembre à 18h30

Toonzie va bientôt mourir. Dans sa luxueuse villa de San Bernardino, Coolifornie, seule une poignée de fidèles entourent encore le gourou déclinant. La mort de leur prophète sera un déchirement mais aussi une célébration car l’humanité toute entière sera alors  » toonzifiée  » : chacun pourra découvrir son propre Toon et vivre en harmonie avec lui, prouvant au monde que Toonzie avait raison. Pour que la prophétie se réalise, Toonzie doit mourir en paix. Alors que ses derniers disciples essaient d’adoucir la lente agonie du vieil homme, l’agent du fisc Adam Miller, lui, est bien décidé à faire de ses derniers jours un enfer…
Avec ce premier livre d’une grande virtuosité, Xavier Bouyssou impose la bande dessinée comme le Médium par excellence, le seul véritable opium du peuple à même de sauver l’Humanité.
Gourou d’un nouveau genre, il produit une synthèse surprenante entre l’héritage de Carl Barks et les découvertes les plus récentes en matière de psychologie cognitive, pour prendre le contrôle des cœurs et des cerveaux. Lecteurs, lectrices, laissez-vous guider par le Maître, vous n’en sortirez pas indemnes… 

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Sylvain Pattieu / Panthères et pirates / La Découverte / Rencontre

Mercredi 14 septembre à 19h30

Des Afro-Américains entre lutte des classes et Black Power

C’est l’histoire de Melvin et Jean McNair, deux étudiants afro-américains qui se rencontrent en 1966 en Caroline du Nord. Mariés, deux enfants, ils auraient pu mener une vie paisible. Mais il y a la guerre du Vietnam, l’assassinat de Martin Luther King, l’élan révolutionnaire des Black Panthers. Melvin est déserteur. Pour fuir et dénoncer le racisme, Jean et lui détournent un avion avec trois complices, le 30 juillet 1972. Destination Alger, capitale d’un pays indépendant et d’un tiers monde incandescent.

Arrêtés après avoir été exfiltrés vers Paris, qui refuse de les extrader, ils sont emprisonnés et jugés lors d’un procès médiatisé où l’on croise James Baldwin et Simone Signoret. Leur peine purgée, ils refont leur vie à Caen et deviennent des figures locales engagées. Le parcours de Jean et Melvin montre de façon exemplaire comment s’entremêlent concrètement les questions de race et de classe. Définis comme Noirs aux États-Unis, le restent-ils à leur arrivée en France et à quelles formes de racialisation sont-ils confrontés ?

À partir d’archives et d’entretiens inédits, cette grande fresque sociohistorique nous plonge, de part et d’autre de l’Atlantique, dans les luttes antiracistes et anti-impérialistes des années 1970. En décentrant le regard, elle offre de nouvelles perspectives sur les sujets brûlants que sont le racisme anti-Noirs et la radicalité politique.

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Nastassja Martin / À l’est des rêves : réponses even aux crises systémiques / La Découverte / Rencontre

Mardi 13 septembre à 19h30

Après avoir travaillé en Alaska avec le peuple Gwich’in, Nastassja Martin a franchi le détroit de Béring pour entamer une recherche comparative au Kamtchatka. Pendant l’époque soviétique, les Even, peuple nomade d’éleveurs de rennes, ont été sédentarisés dans des fermes collectives. Après la chute du régime, beaucoup ont continué d’être les bergers des rennes qui ne leur appartenaient plus, les troupeaux étant aux mains d’entreprises privées. Depuis l’ouverture de la région en 1991, les anciens kolkhozes du Kamtchatka se transforment en plateformes touristiques.
En 1989, juste avant la chute de l’Union soviétique, une famille even aurait décidé de repartir en forêt, recréer un mode de vie autonome fondé sur la chasse, la pêche et la cueillette. Était-ce une légende ? Comment un petit collectif violenté, spolié, asservi par les colons avant d’être oublié de la grande histoire s’est-il saisi de la crise systémique pour regagner son autonomie ? Comment a-t-il fait pour renouer les fils ténus du dialogue quotidien qui le liait aux animaux et éléments, sans le secours des chamanes éliminés par le processus colonial ? Quelles manières de vivre les Even d’Icha ont-ils réinventées, pour continuer d’exister dans un monde rapidement transformé sous les coups de boutoir de l’extractivisme et du changement climatique ?
Dans ce livre, où les rêves performatifs et les histoires mythiques répondent aux politiques d’assimilation comme au dérèglement des écosystèmes, l’autrice fait dialoguer histoire coloniale et cosmologies autochtones en restituant leurs puissances aux voix multiples qui confèrent au monde sa vitalité.

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Wu Ming 1 / Q comme qomplot / Lux éditeur / Rencontre

Vendredi 9 septembre à 19h30

Ce livre commence comme une enquête sur QAnon, la nébuleuse conspirationniste qui a sévi sous Trump et qui s’est cristallisée lors de la prise du Capitole, le 6 janvier 2021. En apnée dans l’univers du complotisme américain contemporain, l’auteur s’attèle à la tâche, vaste et urgente, d’assainir le fatras de confusionnisme qu’est devenu le monde.

Q comme qomplot est un coffre à outils pour lutter contre les narrations toxiques qui prolifèrent et s’emparent d’un nombre grandissant d’esprits, de ceux qui sont convaincus que Kennedy n’est pas mort à ceux qui disent que la pandémie de coronavirus a été planifiée à l’avance, en passant par ceux qui croient à la conspiration mondiale des chemtrails.

L’auteur prend à bras le corps un phénomène politique délétère qui court-circuite le mécontentement et la colère et les détourne vers des boucs émissaires. Un livre monstre qui joint les instruments narratifs et littéraires à la démonstration sociologique, psychologique et historique, et qui fait la preuve que la littérature a un rôle fondamental à jouer dans le combat contre la haine et le mensonge.

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Iris Brey et Juliet Drouar / La culture de l’inceste / Seuil / Rencontre

Lundi 12 septembre à 19h30

Rencontre en présence d’Iris Brey et de Juliet Drouar :

« Culture de l’inceste » ? C’est trop fort, trop violent ? Cette formule, adaptée de l’expression « culture du viol », elle-même définie dans les années 1970 par les féministes américaines, n’est pourtant pas une provocation. C’est une invitation à penser l’inceste en termes culturels et non individuels, à l’envisager non pas comme une exception pathologique, mais comme une pratique inscrite dans la norme qui la rend possible en la tolérant, voire en l’encourageant.

L’ampleur de la dévastation (une personne sur dix concernée en France) appelait ce livre urgent, vibrant, à vif parfois, qui rassemble des voix diverses, aussi bien militantes qu’universitaires. Un livre qui sort des témoignages et des débats psychanalytiques pour se concentrer sur une seule et unique question : pourquoi ? Quels sont les ressorts sociaux et anthropologiques de l’inceste ? Comment interroger nos représentations (dans la culture populaire, dans la pornographie) ? Comment faire le lien avec les dominations à l’œuvre (des adultes sur les enfants, des hommes sur les femmes…) ? Avec la direction-coordination d’Iris Brey et de Juliet Drouar, les auteurices ont voulu proposer des pistes, créer des ouvertures, formuler des hypothèses : cet ouvrage offre l’amorce d’une réponse politisée et collective.

Iris Brey est docteure en the´orie du cine´ma, spe´cialiste de la question du genre et de ses repre´sentations. Elle est l’autrice de Sex and the series et Le Regard fe´minin (prix Causette de l’essai féministe, L’Olivier, 2018 et 2020). Elle est aussi réalisatrice et critique.

Juliet Drouar est chercheur sur les questions de domination de genre et d’âge. Il a publié Sortir de l’hétérosexualité (Binge audio, 2021). Il est également artiste et thérapeute.

Wendy Delorme est docteure en Sciences de l’information et de la communication, et écrivaine.
Dorothée Dussy est anthropologue, directrice de recherche au CNRS.
Sokhna Fall est anthropologue et thérapeute spécialisée dans la prise en charge des psychotraumatismes.
Ovidie est autrice et réalisatrice, docteure en Lettres et Études filmiques, spécialisée dans les questions de corps, féminisme(s), sexualité(s), et intimité politique.
Tal Piterbraut-Merx était spécialiste de théorie politique et de genre et menait un doctorat en philosophie à l’ENS Lyon

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David Bosc / Le pas de la Demi-Lune / Verdier/ Rencontre

Jeudi 8 septembre à 19h30

Si on veut, c’est Marseille et on l’appelle Mahashima.
Legūdo, ce sont les Goudes.
Et Manosque se dit Manosaka.
Les collines, en tout cas, n’ont pas beaucoup changé.
À Mahashima, longtemps capitale d’un royaume sans importance, Ryoshū mesure son bonheur de vivre heureux dans une ville heureuse.
Un matin, il se met tout de même en marche pour aller revoir, non loin, les paysages de son enfance. En suivant le rivage, en gravissant les collines, il se remémore la période de troubles qui a marqué sa jeunesse, puis ce caprice du pouvoir à l’origine de la plus belle saison qu’on ait connue : le déplacement de la capitale, quand Mahashima fut subitement abandonnée par les puissants.
L’histoire a peut-être lieu dans le futur, mais on y voit des pans entiers de notre époque, des clans guerriers, comme dans le Japon médiéval, et une lumière qu’on avait oubliée.
C’est un monde renversé sans violence, ou presque, et qui retrouve son équilibre en ayant renoncé à durer toujours.

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Pacôme Thiellement / Paris des profondeurs / Seuil / Rencontre

Mercredi 7 septembre à 19h30

Paris n’a pas seulement une histoire, racontée dans de nombreux livres. Paris a aussi une mythologie et une géographie poétique et littéraire où se croisent alchimistes, poètes, mages, évêques, démons, etc. Ces collections de légendes et ces poèmes médiévaux remplis de mythes ou de généalogies fabuleuses contiennent des éléments qui perdurent jusque dans les noms des rues et des quartiers.
C’est ce Paris-là dont Pacôme Thiellement propose ici d’explorer les profondeurs. C’est la rue Pierre-Nicole, où cohabitent la crypte inaccessible de Saint Denis et la fresque de la décomposition de Paris. C’est la place du Panthéon, où les hommes du Moyen-Âge plaçaient un Château de Haute Folie et où André Breton inventera le surréalisme. C’est le quartier de Maubert, creuset alchimique de Paris. C’est Montmartre, l’Ile Saint-Louis, le Marais, Ménilmontant, Bastille : quartiers nourris de légendes étranges et d’événements politiques aux réverbérations complexes, de la guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons au soulèvement des Gilets Jaunes, et que l’auteur parcourt à nouveau afin d’en réveiller les fantômes et d’y interroger l’avenir.

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Corinne Morel Darleux / Comment nous pourrions vivre / Socialter / Rencontre

Mardi 6 septembre à 19h30

Nous avons la joie de recevoir Corinne Morel Darleux, autrice et militante. Après avoir publié en 2019 l’essai remarqué Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce (Libertalia), elle a poursuivi avec des ouvrages de littérature jeunesse : Le gang des chevreuils rusés & La où le feu et l’ours. En cette rentrée vient de sortir son premier roman adulte : La sauvagière (éditions Dalva).

La rencontre reviendra sur les thématiques abordées dans son oeuvre littéraire et sur ses engagements (Atelier paysan, ZAD, Rojava)… permettant ainsi de s’emparer de la proposition formulée dans le dernier hors série de Socialter (qu’elle a coordonné) « Comment nous pourrions vivre »… beau programme en perspective !