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Rapailler / Découverte des littératures québécoises

Mercredi 10 avril à 19h30, nous fêtons une nouvelle fois la diversité et la richesse des littératures québécoises avec une soirée de lectures et de rencontres en compagnie de trois grandes autrices de passage à Paris. Rencontre en partenariat avec En attendant Nadeau, animée par Jeanne Bacharach.

– Annie Lafleur, poète québécoise dont le sixième livre « Puberté » vient d’être publié chez Le Quartanier Éditeur

– Rita Mestokosho, autrice autochtone innue dont « Atik utei Le cœur du caribou » vient d’être publié chez Mémoire d’encrier

– Audrée Wilhelmy dont le prochain livre « Peau-de-Sang », initialement publié au Québec chez Leméac éditeur, sera publié chez Le Tripode en septembre prochain.

La rencontre sera animée par la si précieuse Jeanne Bacharach.
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Puberté de Annie Lafleur, éditions Le Quartanier

Puberté met en scène les tribulations de deux amies d’enfance, Annie et la Ménine, qui traversent leur puberté comme un champ de force. L’une se dépense dans une exultation physique où se relancent jeux et dangers, l’autre souffre d’une maladie orpheline, qu’elle cherche à transcender grâce à la puissance de l’imaginaire. Toutes deux éprouvent de plein fouet ce temps des métamorphoses et connaissent la solitude, la cruauté, la révolte, la jouissance et la peur. Éperdu de sensations et d’images, Puberté donne à entendre la fureur d’une langue qui libère la vie et fait de la ville un royaume.

Ce sixième livre d’Annie Lafleur clôt un cycle d’écriture entamé avec Rosebud et poursuivi avec Bec-de-lièvre et Ciguë.

«On peut relire cent fois Puberté et ne jamais trouver les traces de l’acné juvénile au même endroit sur un visage qui “ment si bien”. Ce regard fait table rase de tout ce qui cherche à l’ignorer “sur un sentier qui mène nulle part, dans une ville où l’on n’arrive jamais”. Toujours surprenantes, les images n’en sont que davantage percutantes.»

— Mario Cloutier, La Presse

«Saisissant ses souvenirs par tous les sens, Annie Lafleur traverse la puberté de deux amies, solidaires dans ce tourbillon de cruauté, de jouissance et de révolte. Tout y est exponentiel, des sentiments qui les habitent aux décors qui les mettent en scène, jusqu’à cette langue, perverse, rebelle et généreuse, portée par un souffle d’ivresse, mais droite, voire tranchante, qui s’invite au rythme furieux d’une liberté acharnée […].»

— Yannick Marcoux, Le Devoir

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Atiku utei, « le coeur du caribou » de Rita Mestokosho, éditions Mémoire d’encrier

Atiku utei, « le coeur du caribou », c’est la force d’un peuple et sa grande humilité. Les Innus ont marché à travers les tempêtes de la vie. Ils ont traversé des montagnes pour se nourrir de l’esprit du caribou. Ils puisaient en lui leur force, leur courage, leur savoir. Au son du tambour, l’appel de la forêt aiguise l’instinct. La poète au cœur du caribou entend la voix de Madiba, Nelson Mandela. Elle entend les tambours jaillir et leur son ressemble à ceux de son peuple. Lui, son cœur, c’est la paix et cette poussière qui soulève le ciel à l’infini. Elle plonge dans la rivière des poèmes, sables neiges libres. Homme frère grand-père la voix de Madiba lui parle. Atiku utei et Un jour Madiba m’a dit invoquent ensemble le pouvoir de guérison du coeur. Le mot liberté n’existe pas en innu-aimun. Le caribou est la liberté.

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Peau-de-Sang, Audrée Wilhelmy, éditions Leméac au Québec, Le Tripode en France (à paraître)

Vers la plumerie du village convergent les désirs de tous âges et de toutes fortunes. Et Peau-de-Sang, la plumeuse qui y oeuvre, a des airs de diablesse ensauvagée, libre de corps et d’âme. Avec ses mains magiciennes, elle soigne les vivants en portant les interdits qu’ils n’osent transgresser. Si chez elle le maire, le médecin, le notaire, le ferblantier, le facteur et surtout Sulfureur viennent payer leur plaisir en espèces ou en fourrures, les femmes y découvrent comment vibrer enfin au diapason de leur sexe.

Audrée Wilhelmy célèbre ici des générations de charmeresses habillées dans la dentelle fine des pulsions irrépressibles, millénaires. Peau-de-Sang connaît tous les secrets et rituels du monde, et nous invite à lire avec elle le fil des vies en même temps qu’elle découd le langage des corps.

Il y a plusieurs contes dans ce roman et autant de romans dans ce conte, au point qu’on n’arrive plus à y distinguer l’intuition du rêve : Loup, y es-tu ?

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ANNIE LAFLEUR
Annie Lafleur est l’autrice de plusieurs livres de poésie parus au Quartanier. Elle a collaboré comme critique d’art à divers périodiques et a été membre du comité de rédaction de la revue de poésie Estuaire. Elle vit à Montréal.

RITA MESTOKOSHO
Née en 1966 dans la communauté d’Ekuanitshit (Mingan), Rita Mestokosho, femme innue est la première poète autochtone à avoir affirmé sa voix au Québec. Depuis Eshi uapataman Nukum (éditions Piekuakami, 1995), toujours cette puissance d’évocation à la lisière de la fragilité, ce torrent qui gronde au loin, de plus en plus proche.

AUDRÉE WILHELMY
Audrée Wilhelmy est née à Cap-Rouge en 1985. Son oeuvre, aussi publiée en France, lui a valu de remporter le prix Sade 2015 et le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2022, et d’être finaliste pour de nombreuses distinctions. Peau-de-Sang son dernier roman sera publié aux éditions du Tripode à la rentrée prochaine. 

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