Un vent de panique souffle sur la start-up nation ! Voilà que le first minister, Daniel Poutrenbois, est pris dans une chipstor, shwimstrom, schtrim… bref, une bonne grosse tornade de merde. La presse a révélé au grand jour son kiff pour le porno hentai bien nasty et ça, c’est le genre de bad buzz qui impacte grave le gouvernement. Malgré ses apologizes appuyées, la réputation du fonctionnaire est down. Face à la pression médiatique, et bien que Daniel soit méga corporate, son manager, euh, le président de la République, l’invite à se mettre en remote lors d’un debrief : Daniel fait un méga burn out !
Histoire de se faire oublier asap et focusser sur sa petite famille, l’homme d’état se droppe dans le deep south of France, direction le camping naturiste de La Grande Raie. Pour rematcher avec ses proches en mode win-win, Daniel va devoir comprendre que la roadmap de l’amour est toujours pavée de sentiments intenses, complexes et parfois confusants. C’est qu’entre la volonté d’aimer l’autre tel qu’il est avec ses défauts, ses imperfections, ses qualités et ses convictions, la bienveillance n’est pas toujours easy.
Pour son troisième opus dans la collection, Vivès disrupte le sexe avec une politrique friction hyper attractive qui merge le fond sans postponer les bords !
Entre Paname et sa banlieue : un quartier, un parking, une friche, des toits, une dalle. Des coffres de voitures, chaises de camping, selles de motocross et rebords de fenêtres, pour se poser et observer le monde en train de se faire et de se défaire. Une pyramide, comme point de repère, au beau milieu de tout ça.
Astor, Chérif, Issa, Demba, Nil et les autres se connaissent depuis toujours et partagent tout, petites aventures comme grands barbecues, en passant par le harcèlement policier qu’ils subissent quotidiennement.
Un soir d’été, en marge d’une énième interpellation, l’un d’entre eux se fait abattre. Une goutte, un océan, de trop. Le soulèvement se prépare, méthodique, inattendu. Collectif.
Diaty Diallo a grandi entre les Yvelines et la Seine-Saint-Denis, où elle continue d’habiter aujourd’hui. Elle pratique depuis l’adolescence différentes formes d’écriture : de la tenue journalière d’un Skyblog à quinze ans à la rédaction d’un livre aujourd’hui, en passant par la création de fanzines.
Jeudi 1er septembre à 18h, double dédicace avec Gaby Bazin pour la sortie de son album « Le typographe » et Pauline Barzilai pour la sortie de son album « Maddi dans la grotte »
« Le typographe »
Enfilez vos tabliers et entrez dans l’univers du typographe, des presses, des cassetins et des singes ! Muni de caractères de plomb, le propriétaire des lieux vous dévoilera les coulisses de ce savoir-faire exigeant et minutieux. De la naissance de l’impression typographique — bien avant Gutenberg ! — à la mise en page, vous découvrirez une technique de reproduction en multiples, longtemps utilisé pour l’impression de livres, d’affiches et de journaux, et ce, bien avant l’ère numérique. Après La lithographe, Gaby Bazin poursuit sa série d’album — entre beau livre et documentaire — sur les techniques d’impression.
Née en 1992, Gaby Bazin grandit au bord de la Méditerranée avant de rejoindre les rangs des Arts décoratifs de Paris. Elle s’y découvre une fascination pour la typographie et commence à cultiver une pratique de l’illustration tirant sur le graphisme. intéressée par tous les aspects de l’objet-livre, elle apprend la reliure, expérimente le pop-up, travaille avec diverses techniques d’impression: sérigraphie, gravure, risographie. Dans les ateliers de Turin et de Prague, elle s’initie aux merveilles de la composition au plomb et de l’impression typographique. Un mémoire consacré aux rapports texte-image vus à travers le spectre du phylactère en bande dessinée, puis un diplôme sur l’apprentissage de l’écriture, viennent clôturer ces cinq années. Gaby fait aujourd’hui partie du collectif la Briche Foraine, installé à Saint-Denis. elle vit à Pantin et partage son temps entre des projets collectifs et personnels, ainsi que différentes monomanies dont font partie le trombone à coulisse et le dessin de lettres.
« Maddi dans la grotte »
Suivez Maddi dans une grotte étrange, où les rencontres s’enchaînent. Chat grelottant, spectacle vivant, adultes tricheurs, la grotte ne cesse de nous surprendre. Tour à tout inquiétant, merveilleux ou drôle, ce lieu reflète le quotidien de cet enfant, qui, sans aucun affrontement, avance, libre, refusant tout contrainte. De liberté il est aussi question quant au traitement graphique, ou plutôt pictural, que Pauline Barzilaï réserve à ses personnages et à ses décors. Formes souples et libres, couleurs franches, personnages fantasmagoriques, l’autrice emprunte autant à l’imagerie populaire qu’au fauvisme, dans cette aventure où les enfants sont maîtres de leur destin.
Pauline Barzilaï a étudié à la HEAR (Strasbourg) et à la Kunsthochschule Weissensee (Berlin), entre 2006 et 2011. Sa formation, portant sur l’illustration et l’image imprimée, l’a menée à développer une pratique protéïforme, mêlant dessin, livre, peinture, textes, images imprimées et animées. Active dans l’univers créatif associatif, elle collabore à de nombreux fanzines et festivals.
Ce que je veux moi, c’est porter le prénom que j’ai reçu à la naissance. Sans le cacher, sans le maquiller, sans le modifier. Sans en avoir peur.
Elle est née Polina mais la France l’a appelée Pauline. Quelques lettres et tout change. À son arrivée enfant à Saint-Étienne, au lendemain de la chute de l’URSS, elle se dédouble : Polina à la maison, Pauline à l’école. Vingt ans plus tard, elle vit à Montreuil. Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour tenter de récupérer son prénom. Ce premier roman bouleversant est construit autour d’une vie entre deux langues et deux pays. D’un côté, la Russie de l’enfance, celle de la datcha, de l’appartement communautaire où les générations se mélangent, celle des grands-parents inoubliables et de Tiotia Nina. De l’autre, la France, celle de la materneltchik, des mots qu’il faut conquérir et des Minikeums. Drôle, tendre, frondeur, Tenir sa langue révèle une voix hors du commun.
l’autrice
Née à Moscou, Polina Panassenko est autrice, traductrice et comédienne. Elle est lauréate 2018 des Ateliers Médicis, lauréate 2020 de la Maison Antoine Vitez et des Talents Adami Théâtre. En 2015 elle a publié Polina Grigorievna, une enquête illustrée parue aux éditions Objet Livre. Tenir sa langue est son premier roman.
« Réunies par notre colère et l’injustice structurelle de notre environnement professionnel, nous avons décidé de prendre la parole pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes que nous subissons de manière systémique et avons lancé le #MeTooThéâtre sur les réseaux. Une déferlante de témoignages a ensuite afflué, attestant d’une réalité concrète : nous ne sommes pas seules.
Nous ne sommes pas des cas isolés. Nous sommes légion à subir et à vouloir dénoncer la sexualisation constante de nos corps, l’écrasante dominance de la présence des hommes aux commandes et en possession des moyens de production, l’entretien de cette chimère qu’est la zone grise et qui, dans notre milieu probablement plus qu’ailleurs, fait rage.
Quelques sorcières, réunies sur un canapé un soir d’automne, lançant tremblantes le premier #, avec la foi de leur insupportable révolte, c’est ça, le début de la révolution. »
Les textes fondateurs de #MeTooThéâtre sont rassemblés aujourd’hui dans ce livre dans le but clair d’armer les consciences. Avec la sororité pour fil rouge, ce livre se veut aussi un manifeste pour que plus personne ne puisse dire « on ne savait pas ».
La santé mentale, tout le monde en a une et parfois, elle nous joue des tours. Le rétablissement est le concept selon lequel on peut mener une existence heureuse et épanouie avec un trouble psychique. On y apprend que se rétablir n’est pas guérir, c’est vivre avec. Se rétablir, c’est aussi le travail d’une vie : (re)connaître son trouble, le comprendre, l’apprivoiser, trouver du soutien, retrouver son pouvoir décisionnaire… Ce livre recueille avec humour les témoignages de personnes directement concernées. Qu’elles soient entendeuses de voix comme Romain, bipolaires comme Chloé ou atteintes de TDAH à l’instar de Jonathan, chacune nous prouve que nous ne sommes pas uniquement définis par nos neurodivergences, et qu’avec un accompagnement adapté, il est possible de s’en sortir.
Dédicace avec Elodie Shanta pour la sortie de sa nouvelle BD « Aneth, apprentie sorcière » aux éditions Glénat.
« Magie blanche et humour noir !
C’est la rentrée des classes pour tout le monde… même pour les petits sorciers ! Aneth intègre son école de magie, et découvre cet univers extraordinaire : entre les élèves qu’elle trouve bizarres, les profs un peu zinzins et une invasion de pissenlits au château, on ne peut pas vraiment dire que la magie du quotidien opère facilement ! »
Originaire de Bretagne, Elodie Shanta vit à Bruxelles depuis 2016. Elle est autrice et illustratrice de bande dessinée jeunesse et grand public. D’abord présente en ligne grâce à son blog, Elodie publie des albums depuis 2014 et travaille également régulièrement pour la presse (Biscoto, Milan, Bayard). A Bruxelles, avec l’autrice et illustratrice Tarmasz, elles ont monté l’Atelier Rascasse dans lequel elles pratiquent le tatouage et organisent des événements autour de la BD et de l’illustration.
Le premier texte de fiction publié de la critique d’art et autrice Camille Azaïs, qui interroge le retour au foyer des femmes américaines depuis les années 2010.
Dans le courant des années 2010, un certain nombre de femmes, souvent américaines, issues des classes privilégiées et blanches, abandonnent leur carrière professionnelle pour un retour à la vie domestique, considérée comme plus écologiquement responsable. Loin du cliché de la mère au foyer américaine tant décrié par la littérature féministe, ces femmes se décrivent comme des « homemakers », des « faiseuses de foyer » radicales. Entrecoupé d’images et de commentaires issus de comptes Instagram et de blogs, le texte de Camille Azaïs interroge les raisons qui motivent ce choix : engagement écologique, soustraction à des formes capitalistes de domination salariée ou nostalgie d’un « ordre ancien », où les femmes étaient à la maison ?
Écrit pour l’exposition « Career Girls » organisée par Margaux Bonopera et Elsa Vettier du 17 mars au 18 juin 2022 à Mécènes du Sud Montpellier-Sète, Homemakers est mis en livre par Morgane Masse et publié par Tombolo Presses. Il a été imprimé en risographie 5 couleurs et façonné à la main dans les ateliers collectifs de toner toner et Sans Contrefaçons, à Grrrnd Zero, Vaulx-en-Velin, en avril 2022.
Camille Azaïs (née en 1984 à Paris) est critique d’art, commissaire d’exposition et autrice de fictions. Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure de Lyon, elle collabore régulièrement à des revues spécialisées (Tools, Switch on paper, Critique d’art, Brand New Life, Revue Profane, ZéroDeux, Initiales, La Belle Revue, Tombolo, Code Magazine…) et écrit pour des institutions (Jeu de Paume, Fondation Pinault, Association RN13Bis Normandie, LaM Villeneuve-d’Ascq, Centre Pompidou, Mac/Val, IAC Villeurbanne, Universcience, Pavillon Bosio – Ecole d’art de Monaco…). En 2017, elle fonde la revue Ingmar, dédiée à l’écriture de fiction dans le champ des arts visuels. Son travail critique s’intéresse aux multiples dimensions des rapports entre l’art contemporain et le vivant, et au rôle que peut jouer l’écriture de fiction dans l’invention d’un autre rapport à la nature. Ses textes constituent autant des réflexions sur l’art qu’une tentative de décryptage de phénomènes culturels contemporains à travers les multiples voix qui s’expriment sur les réseaux sociaux. Elle est l’auteure en 2019 du feuilleton Michael Jackson : The Man in the Mirror pour France Culture, écrit à partir des innombrables rumeurs entourant l’icône de la pop. En 2020, elle est lauréate des Encouragements de la commission pour l’Aide à la Création d’ArtCena, pour son texte Minimal, premier texte dramatique centré sur la figure de la fondatrice d’un mouvement écologique radical. Elle mène également une recherche de long cours, soutenue en 2020 par l’INHA et l’Institut Français, sur l’art contemporain en contexte rural.
Pour sa dernière date en France, Mirion Malle viens pour une rencontre-dédicace autour de sa BD « Adieu triste amour ». Après le remarquable et remarqué « C’est comme ça que je disparais », Mirion Malle revient avec « Adieu triste amour ». Dans cette tranche de vie douce-amère et très « nouvelle vague », nous suivons le parcours de Cléo, jeune autrice de BD qui quitte tout du jour au lendemain : une ville (Montréal), un amour dont elle doute et une vie à laquelle elle se sent étrangère. De l’hiver au printemps, du festival d’Angoulême à la Gaspésie, en passant par Montréal, nous la suivons et nous assistons à la naissance d’une nouvelle Cléo, libre de créer, de vivre, d’aimer et d’être tout simplement elle-même.
Comme toujours, Mirion Malle nous entraîne au plus près de son héroïne et de ses émotions au fil de pages superbes réhaussées d’une mise en couleurs remarquable.
Les thèmes de prédilection de Mirion Malle sont là (la sororité, le soutien, l’écoute), et sont traités avec finesse et sensibilité. Tout cela fait de Adieu triste amour un roman graphique aussi fort que joyeux et une superbe histoire d’émancipation, que viennent éclairer les prémisses et la promesse d’un nouvel amour.
Mirion Malle est une autrice et dessinatrice de bande dessinée française, qui vit aujourd’hui à Montréal. Elle a fait des études de bande dessinée à l’ESA Saint-Luc (Bruxelles) et est également titulaire d’un master de sociologie. Elle est l’autrice de Commando Culotte (Ankama, 2016) ainsi que de La Ligue des super-féministes et C’est comme ça que je disparais (parus en 2019 et 2020 aux éditions la ville brûle).
Mercredi 22 juin à 19h30, rencontre avec Enzo Traverso
La discussion sera animée par Ludivine Bantigny, historienne.
Les révolutions ne se prêtent pas aux récits linéaires. Elles sont de véritables séismes qui, en renversant l’ordre établi, renouvellent les horizons d’attente et font advenir des idées, des imaginaires et des canons esthétiques nouveaux.
Pour en mesurer les forces et les puissances de transformation, mais aussi les tensions et les contradictions, Enzo Traverso compose une constellation d’« images dialectiques », où se télescopent les « locomotives de l’histoire » de Marx et le « frein d’urgence » de Walter Benjamin, les corps sexuellement libérés d’Alexandra Kollontaï et les corps disciplinés pour bâtir la « société nouvelle », la création d’images et de symboles (la barricade, le drapeau rouge, les chansons et rituels…) et la furie iconoclaste.
Au croisement de l’histoire intellectuelle, de l’histoire visuelle et de la théorie politique, Enzo Traverso montre que l’idée de révolution offre une clé d’intelligibilité de la modernité, jusqu’à notre présent, où elle continue d’informer souterrainement notre rapport au futur et au possible.