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Isabelle Fremeaux & John Jordan / Les sentiers de l’utopie / Éditions de la Découverte / Rencontre

Samedi 19 janvier à 18h30, dans la cadre du festival Bobines sociales et de la sortie de Les sentiers de l’utopie aux éditions de la Découverte projection d’extraits du film et rencontre avec l’un des réalisateurs Isabelle Fremeaux ou John Jordan.

bobines

Pendant près d’un an, Isabelle Fremeaux et John Jordan sont partis sur les routes européennes, à la rencontre de celles et ceux qui ont choisi, ici et maintenant, de vivre autrement. Ils ont partagé d’autres manières d’aimer et de manger, de produire et d’échanger, de décider des choses ensemble et de se rebeller.  À la fois récit de voyage et documentaire fictionnel, ce livre-film propose un périple réel et imaginaire, une exploration lancée à la découverte de formes de vie postcapitalistes. Pendant près d’un an, Isabelle Fremeaux et John Jordan sont partis sur les routes européennes, à la rencontre de celles et ceux qui ont choisi, ici et maintenant, de vivre autrement. Ils ont partagé d’autres manières d’aimer et de manger, de produire et d’échanger, de décider des choses ensemble et de se rebeller. Depuis un « Camp Climat » installé illégalement aux abords de l’aéroport d’Heathrow jusqu’à un hameau squatté par des punks cévenols, en passant par une école anarchiste gérée par ses propres élèves, une communauté agricole anglaise à très faible impact écologique, des usines occupées en Serbie, un collectif pratiquant l’amour libre dans une ancienne base de la Stasi ou une ferme ayant aboli la propriété privée, ils ont découvert des Utopies bien vivantes dans ces interstices invisibles du système.
De cette expérience a émergé Les Sentiers de l’Utopie. Le texte est un récit captivant, qui raconte la vie de chaque communauté, ses pratiques et son histoire. Le film, un docu-fiction tourné pendant le voyage, se présente comme un road-movie poétique situé dans l’avenir. Les personnages et les lieux circulent du livre au film et, pas à pas, laissent deviner, dans la brèche du présent, les scintillements d’un autre avenir possible.
Le format initial offrait un DVD intégré dans la couverture du livre. Avec cette version poche, nous vous proposons de visionner le film directement ici.

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Willem / Dégueulasse / Éditions Les Échappés / Exposition

Vendredi 18 janvier à partir de 18h30, en présence de l’auteur, vernissage de l’exposition et dédicaces de Dégueulasse publié aux éditions Les Échappés.

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Si, comme le professait Hara-Kiri, «un bon dessin, c’est un coup de poing dans la gueule», Willem est l’un des maîtres en la matière.
Partant du principe qu’une planche de portraits en dira plus sur le monde comme il va qu’une dissertation amère, Willem rassemble sur de grandes pages thématiques – autour d’un personnage, d’une région ou d’un phénomène, des scènes glissant d’une époque à l’autre. Ainsi, en quelques cases, on passe de la presse allemande des années 1930, aux reportages à oeillères de Fox-news et Al-Jazeera sur la guerre en Irak, pour aboutirau spectacle servile des carrioles de journalistes quémandant une interview du président Sarkozy paradant à cheval en Camargue. Quasiment sans parole, reposant sur la force visuelle des images et du dessin pour toute narration, le trait de Willem en dit définitivement plus qu’un long discours.

WILLEM, d’origine néerlandaise, installé en France depuis 1967, est une figure
de proue du dessin indé depuis les années 1960. Il dessine tous les jours dans
Libération depuis 1981, et toutes les semaines dans Charlie Hebdo depuis sa création. Son oeuvre, radicalement satirique et violente, fait l’unanimité chez les passionnés de graphisme. Chose remarquable, les éditeurs de Willem ont pris l’habitude de ne pas corriger ses textes, où l’accent caractéristique de l’auteur résonne en français dans une syntaxe parfois approximative.

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Thomas Gosselin & François Henninger / Lutte des corps et chute des classes / Éditions L’Apocalypse / Lancement

Jeudi 17 janvier à partir de 18h30, dédicaces.

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François Henninger et Thomas Gosselin, tous deux par ailleurs auteurs complets, ont commencé ensemble ce feuilleton dans la dernière formule de la revue Lapin. Basé sur des faits historiques réels, faisant intervenir des agents doubles au sein des services secrets britanniques travaillant pour l’avènement d’une société communiste, ce livre pourrait développer une fiction classique… mais ces espions théorisent autant sur le prolétariat que sur l’homosexualité, le dessin oscille entre minimalisme et extrême hâchurage, et les mises en page sont d’une inventivité qui transforment cette fiction en prétexte. L’enjeu de cette bataille secrète devient celui de la bande dessinée dans laquelle nous sommes plongés, la désagrégation du signe correspondant à celle de l’univers connu. Lutte des corps et chute des classes semble nous donner une illustration de la fin de l’Histoire, avec un humour et un modernisme rares.

François Henninger

François Henninger est né en 1984 à Thann, en Alsace. Il a étudié, de 2002 à 2007, la bande dessinée à l’École européenne supérieure de l’image où il rencontre Alexandre Clérisse et Tony Neveu avec qui il conçoit la revue Le Mouchoir. Parallèlement, il collabore à divers fanzines tels que Dame Pipi Comix ou revues (Le coup de grâce, éd. La Cinquième Couche), et publie sa première bande dessinée 100 m² aux éditions angoumoisines Warum. Il s’installe à la maison des auteurs de décembre 2008 à décembre 2011 pour l’album Lutte des corps et chute des classes, sur un scénario de Thomas Gosselin, et qui a pour cadre la guerre froide.

Thomas Gosselin

Diplômé des Beaux-Arts d’Angoulême en 2004, il participe à la revue Clafoutis des éditions de la Cerise, tout en développant des projets personnels (Salmigondis, éditions Week-End Doux, 2001). Ascète, il travaille essentiellement au crayon et privilégie le noir et blanc (L’humanité moins un, éditions de l’An 2, 2004). Dilettante, il préfère souvent se concentrer sur des récits courts (Les héros avancent masqués, éditions La Cinquième Couche, 2008). Il est accueilli en résidence à la maison des auteurs de juillet 2009 à janvier 2012. Incertain, il imagine surtout des histoires de logiques ratées, pour lui-même (Au recommencement, éditions Atrabile, 2009), ou pour d’autres (tel le scénario de Lutte des corps et chute des classes, dessiné par François Henninger. Il travaille également comme dessinateur sur Héracléomania, un péplum écrit par David Benito. Il se plaît à inventer des feuilletons un peu à la manière d’un Ponson du Terrail, c’est-à-dire écrits au petit bonheur, sans trame certaine, mais avec une petite idée de la fin, les incongruités faisant partie du style, comme pour son prochain projet qui présente le déclin, au début du XXème siècle, des spectacles musicaux « Blackface » qui imitaient de façon caricaturale les artistes afro-américains.

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Nyctalope. 6 / Éditions Magnani / Lancement

Mercredi 16 janvier à partir de 18h30, lancement en fanfare de numéro 6 de la revue Nyctalope.

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Mêlant dessin contemporain, illustration, graphisme et bande-dessinée, la revue Nyctalope a été fondée aux Arts-décoratifs Strasbourg en 2007 et est co-pilotée par Marion Fayolle, Matthias Malingrey et Simon Roussin.

Recueillant chaque année les travaux de plus d’une dizaine d’auteurs-illustrateurs d’avant-garde, la vocation de Nyctalope est d’être un laboratoire d’expériences plastiques, narratives et poétiques. La revue propose aux lecteurs, de suivre et découvrir au fil de ses numéros, un ensemble minutieusement choisi de jeunes talents qui renouvellent la création graphique contemporaine et la narration par l’image.

Auteurs dans Nyctalope 6 :
Fanny Blanc, Mayumi Otero, Caroline Gamon, Aïsha Franz, John Broadley, Louis Granet, Camille Chevrillon, Annabelle Buxton, Clément Vuillier, Jérémie Fischer, Simon Roussin, Yann Kebbi, Matthias Malingrëy, Marion Fayolle, Marine Rivoal, Astrid Huguet, Clémence Pollet, Bénédicte Muller

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Les Mauvais Sujets : les Pirates • la Sorcière • les Brigands / Éditions PPAF

Certains se souviennent peut-être du très beau premier livre des éditions PPAF : L’enfant qui riait tout le temps, voir par .

Le deuxième livre des ces mêmes éditions vient de sortir des presses et est déjà disponible au Monte-en-l’air, c’est un livre graphique au texte décapant !

Les Mauvais Sujets : les Pirates • la Sorcière • les Brigands

Trois histoires de personnages extraits de contes – les Pirates • la Sorcière • les Brigands- pour nous dépeindre une société qui va mal où plus personne, même ceux qui d’habitude se révoltent et sèment la terreur, n’a de rêve ou d’espoir. Chacun s’endort, mange mal, regarde la télé et se laisse aller. Heureusement si les hommes s’endorment, les lettres, elles, continuent à danser, et les jeux typographiques proposés par Julien et Adrien, les deux graphistes, sont libres, au point de parfois s’accorder le luxe d’être presque illisibles !

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Ici il est donc question de « pirates trop nuls, ils n’ont pas de trésor et doivent aller mendier, proposer des croisières ou animer des anniversaires, ou faire de la publicité. Et pour supporter tout ça, ils devaient boire beaucoup de rhum. Alors ils n’avaient toujours pas de trésor… »

Et puis il y a « une sorcière trop nulle, qui ne vit pas dans une cabane mais dans une petite piaule pourrie dans une grande ville moche » avec « son chat ni noir, ni farouche, bouffi de pâté en boîte ».

Et il y a aussi de « terribles brigands, enfin pas si terribles que ça… même qu’ils étaient carrément nuls et qu’il n’y avait que certains soirs où, devant une série policière à la télé, ils se mettaient à rêver de grande truanderie, de braquages de banques, de courses-poursuites et d’évasion réussies. Ce n’est que dans ces moments là, affalés dans la canapé, oubliant tout le reste, qu’ils se rappelaient qu’en fait ils étaient de vrais… »

Je vous laisse découvrir l’objet-livre, avec ses lettres malmenées, c’est beau et plein de sens !

En savoir plus sur les éditions PPAF par

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Marc Roger / La méridienne Saint-Malo Bamako / Éditions Folies d’encre

Dimanche 13 janvier à 17h

Marc Roger, lecteur public, vous convie à une lecture croisée de ses chroniques de voyage avec les textes des auteurs qui l’ont accompagné pendant un an lors de son voyage de Saint-Malo à Bamako : Hampâté Bâ, Diome, Dongala, Mabanckou, Pépin, Senghor, Tutuola.

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Accompagné de son âne Babel, Marc Roger a traversé la France, l’Espagne, la Méditerranée, enfin l’Afrique…  Il marche. Il lit au gré de ses étapes, lecteur public, il prête sa voix aux textes et aux auteurs, en partage avec tous les publics qui désirent l’écouter.

De Saint-Malo, son port d’attache, à Bamako où il est né, Marc Roger fait le chemin : 6 pays traversés. 7109 kilomètres parcourus. 2624 à pied. 4485 par camion, bateau, avion et train. 3 ânes. 136 lectures. 8270 spectateurs.
   « La lecture et la marche ont ceci de commun : pas à pas, mot à mot, le regard sur le texte ou la ligne d’horizon, nous allons de l’avant en mettant entre nous et le centre plusieurs cercles en écho, comme la pierre pousse l’eau quand elle tombe dans un lac. »

En savoir plus par ici.

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Marie Saarbach / Le jeu de l’oie / Éditions Autrement / Lancement

Samedi 12 janvier à 18h30, signature de Marie Saarbach.

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Ce projet propose une série d’images inspirées du parcours du jeu de l’oie. 24 tableaux illustrent le voyage initiatique de deux enfants (un garçon, une fille) d’un lieu clos, intérieur douillet et rassurant jusqu’à  la mer. À chaque image correspond une étape à  franchir et met en situation un sentiment (la peur, le danger…) un peu à  la manière des « tableaux d’éloquences », planches dont on se servait dans les écoles pour apprendre aux enfants l’Histoire, mais aussi tout simplement la vie quotidienne…

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Frédéric Ciriez / Mélo / Éditions Verticales

Vendredi 11 janvier à partir de 18h30, rencontre avec Frédéric Ciriez pour son nouveau roman Mélo publié aux éditions Verticales.

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Pour écouter la rencontre c’est ici !

Vous vous souvenez sans doute de son premier roman publié à la rentrée 2008, Des néons sous la mer, Frédéric Ciriez nous baladait alors en Bretagne. La prostitution devenue légale avait transformé un sous-marin maudit, le Fascinant, honte de la Marine Nationale pendant des décennies, amarré à l’abandon en baie de Paimpol en un bordel civil, légal et florissant : l’Olaimp.

Cette fois, point de Bretagne et de sous-marin aux mœurs légères. Nous sommes veille du 1er mai 2013, deux hommes et une femme circulent dans les rues de Paris et de sa proche banlieue : un syndicaliste au bord du suicide, un sapeur congolais chauffeur de camion-poubelle et une jeune Chinoise vendeuse de briquets. Trois personnages qui se croisent à peine et vont bientôt glisser dans la nuit.
Quel feu les consume ? Mélo.

Avec sa langue incarnée, généreuse et imagée, Frédéric Ciriez s’impose ici comme un témoin de l’infra-ordinaire, des invisibles qui hantent notre réalité.

Extrait :
La Xantia blanche repose devant la fourrière de Saint-Ouen (93400), au crépuscule. Un ticket de caisse sur le siège passager déclare 14€90 et 20h34, l’horaire d’achat du couteau de cuisine planté dans le cœur du conducteur. Sa tête ploie vers les genoux et constitue l’image fœtale d’un homme jeune aux cheveux châtains crantés, en boucle sur lui-même, qui semble téter le manche du couteau. Le couteau : il gît dans le cœur et rien ne sera jamais aussi dur en lui et rien d’ailleurs n’a jamais eu autant de consistance que cette lame d’acier enfouie dans les soies cardiaques. Des lèvres de chair sont crispées sur l’arme de gala, ruisselantes et passives. (Au loin, la ville est nerveuse – c’est samedi soir sur les trottoirs, le printemps gicle.) Pour l’heure, le mort attend qu’on vienne le prendre dans la rue déserte couleur de terre cuite, comme un enfant à la sortie de l’école qui aurait renoncé à pleurer sa mère. Au-dessus de lui, le ciel inhale la fumée blanche qui s’échappe verticalement de l’incinérateur du Syctom (Syndicat Intercommunal de Traitement des Ordures Ménagères), dont l’entrée est située plus bas dans la rue, au numéro 22.

Les barbelés frisottent au sommet du mur de parpaings sommairement cimentés qui longent la fourrière. Derrière, c’est Paris. Au-delà du magasin Conforama Saint-Ouen, le pays où la vie est moins chère, s’aperçoivent à l’horizon les mamelons illuminés du Sacré-Cœur, sur la face nord de la colline de Montmartre. Devant, marquant la fin de la zone industrielle, c’est un bras de la Seine, qui ce soir charrie la rouille du ciel, également réfléchie par le verre-miroir des immeubles de bureau, sur l’autre rive. La Xantia est garée entre un fourgon abandonné et une berline Skoda 800 € à débattre. De l’autre côté de la rue, derrière le mur d’enceinte, sont enfermés quelque trois cents véhicules illégaux. Six caméras de surveillance veillent sur eux et enregistrent seconde après seconde leur non-existence, tandis que les rétroviseurs des voitures prisonnières réfléchissent des fragments de natures mortes automobiles – calandre figée dans le miroir d’un pare-soleil, plaque d’immatriculation objectivée dans le néant d’une glace, phare éteint et comme allumé par la lumière crépusculaire. Une fine pellicule de poussière embaume cette communauté inerte. Dans l’enceinte protégée, on ne trouve à cette heure aucun enfant d’Europe de l’Est en train de désosser une Mercedes de cadre supérieur ou de sniffer des solvants. Seulement les dernières vagues de chaleur de la journée qui font onduler les chromes et les silhouettes des habitacles en état d’arrestation.

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Eugénie Lavenant & Jean Vautrin / Le Pogo aux yeux rouges / Éditions Sarbacane

Jeudi 10 janvier à 18h30

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Une histoire d’amour, de vengeance, de déglingue et de fraternité, dans laquelle le lecteur va faire la connaissance, tout en déambulations et en divagations éthylo-philosophiques, d’un bien étrange clochard céleste…Si vous aimez les histoires d’amour, de haine, de désespérance, de sexe et de mort, n’allez pas chercher plus loin, ce livre est pour vous.

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Erwan Larher / L’abandon du mâle en milieu hostile / Éditions Plon

Mercredi 9 janvier à 18h30, rencontre avec Erwan Larher pour la sortie de L’abandon du mâle en milieu hostile.

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Extrait : « Je te haïssais. Avec tes cheveux verts, sales, tu représentais tout ce que j’exécrais alors : le désordre, le mauvais goût, l’improductive et vaine révolte juvénile. Tu malmenais ta féminité dans des hardes trouées, des guenilles comme jetées au hasard sur ton corps. Si tu avais été ma sœur, papa t’aurait reniée. J’aurais voulu te voir traînée par les cheveux hors des salles, sous les injures, et rejetée au loin, loin de mon monde ; j’aurais souhaité te voir lavée à grande eau dans la cour et tes nippes brûlées dans un grand autodafé ; j’aurais aimé… Mais rien. Rien que tolérance démocratique et muette réprobation. J’enrageais. »

La suite ? Explosive. Entre la fille fantasque, rebelle, et le jeune garçon trop sage se noue une histoire d’amour dans laquelle celui-ci se jette à corps perdu, émerveillé.
Dans la France en pleine mutation du début des années 80, où le fric, les paillettes et les faux- semblants remplacent peu à peu les idéaux, le narrateur découvrira – tragiquement – un tout autre visage de sa belle compagne…

L’auteur : Je m’appelle Erwan Larher et j’écris.
Avant, je tenais le blog d’un auteur raté mais un jour j’en ai eu assez et me suis dit que l’égrégore, c’était quand même plus constructif que les grognements, même si je continue volontiers à râler. Coïncidence amusante : à peine laissé en friche ce blog d’auteur raté, j’ai appris que j’allais être publié…
C’était début 2010 et mon roman Qu’avez-vous fait de moi est en librairies depuis le 26 août de cette même année. Les critiques sont .
Sinon, les 35 premières années de ma vie n’ont fait que passer, avec beaucoup d’insouciance egocentrée et assez peu d’auto-cohérence dedans.
Elles ont été jalonnées de diplômes reconnus par l’État, d’aventures professionnelles plus ou moins enviables, de quelques rencontres marquantes et d’une masse imposante d’écrits de qualité inégale. Ces péripéties, qui sont pourtant la pulpe de ma biographie, me sont étrangères, comme si je les avais traversées en étant quelqu’un d’autre, ou un spectre – ou personne…

A part cela, j’écris pour changer le monde, pour transmettre et partager, même si je sais la démarche désuète et, semble-t-il, vouée à l’échec.
J’écris des romans, des pièces de théâtre, des scénarii, des séries télé, des chansons.
J’écris seul, mais parfois en collaboration ou pour des commandes lorsqu’on me lui demande gentiment.
J’écris des bandes-annonces pour la télévision, fais du rewriting pour un éditeur de romans et suis également comédien voix.