Publié le Laisser un commentaire

Julien Magnani & Jean-Baptiste Thoret / Rencontre croisée

Jeudi 2 avril à 19h

Jean-Baptiste Thoret et Julien Magnani discuteront de cinéma et de leurs livres respectifs : Road Movie USA et Manhattan Driver.

A propos de Road Movie USA :

Les États-Unis ont d’emblée eu besoin du cinéma : pour saisir comme dans un miroir grands espaces, ciels bleus et pistes à perte de vue, autant de promesses de trajets initiatiques. Pour s’affirmer, jusqu’à exalter « l’Amérique », comme pays de la liberté. Pour tirer le portrait de tout un peuple d’émigrés venus bâtir une nation. Les États-Unis ont eu besoin du road movie, comme avant lui du western : du Magicien d’Oz à Sailor & Lula, des Raisins de la colère à Bonnie and Clyde, de la fin des Temps modernes à Easy Rider, de New York-Miami à Route One/USA, ce drôle de genre, à la fois natif et tardif, s’est confronté à l’immensité du continent, lieu de tous les fantasmes, de toutes les démesures, de tous les paradoxes. Paradoxe d’une nouvelle « conquête » de l’Ouest qui en passe aussi par les autres points cardinaux (au nombre de sept pour les Indiens cherokees qui ajoutaient le Bas, le Haut et l’Intérieur de soi-même). Paradoxe de voyages qui, en chemin, n’en finissent pas d’exhumer les traces de l’histoire et de sa violence. Paradoxe d’aventures qui se révèlent toutes, pour le meilleur et pour le pire, une expérience intérieure, un aller sans retour, voire une hallucination. Paradoxe de films qui voudraient prendre la mesure d’un pays gigantesque comme une carte rêve de correspondre à son territoire.
D’abord paru en 2011 aux éditions Hoëbeke, Road Movie, USA de Bernard Benoliel et Jean-Baptiste Thoret est réédité aux éditions Magnani 15 ans après, dans une nouvelle édition revue et augmentée, avec une toute nouvelle maquette mettant en majesté le texte de ce livre de référence sur le cinéma américain. Un classique de nouveau disponible.

A propos de Manhattan Driver :

Ancien prodige de la course automobile Johnnie a perdu sa famille adoptive dans un terrible accident. Johnnie refait surface à New York pendant la grande dépression. Il galère en solitaire. Un beau jour, une femme qui tient un resto lui donne sa chance en cuisine, pour cuire des burgers. Un job pour voir venir. Johnnie fait aussi la connaissance d’un grand type charismatique appelé O’Hara ; qui lui offre un nouvel emploi comme taxi driver dans sa petite entreprise. Ainsi Johnnie retrouve le volant, aux côtés du mécano Stumpie, du frimeur Colorado, de la mystérieuse Joey et du vieux sage Doc’.
Notre ancien pilote de course n’est pas venu à New York que pour conduire : Johnnie recherche son père biologique, qui lui a été caché depuis sa naissance. Ce père secret, c’est Master Ford, le plus grand industriel d’Amérique. Un jour, alors que Johnnie gare son taxi en bas du gratte-ciel paternel, une femme blonde monte à bord. Johnnie a le sentiment de déjà la connaître… Au même moment un enfant s’échappe de l’orphelinat fondé par ce même Master Ford. Master Ford, qui veut consacrer les années qui lui restent à retrouver le fils qu’il a perdu il y a longtemps…
Manhattan driver est la nouvelle bande dessinée de Julien Magnani (après « Cinéma Paradis », Sélection Pépites 2024). Passionné par les films américains, Julien Magnani nous invite a retrouvé dans ses livres une Amérique perdue et rêvée ; mêlant ici les genres du mélodrame familial de Francis Ford Coppola (« Le Parrain »), du « mystery movie » d’Hitchcock (« Vertigo »), du Neo-noir automobile de « Drive » de Nicolas Winding Refn ou « Taxi driver » de Martin Scorsese. Julien Magnani est également éditeur indépendant depuis 2011 et anime un ciné-club intitulé « La Nouvelle séance » au cinéma Le Brady (Paris) depuis 2023.

Publié le Laisser un commentaire

Sophie Legoubin Caupeil et Alice Charbin / La garde, au cœur du soin / Delcourt / Rencontre

Mercredi 1er avril à 18h30 rencontre et dédicace BD

Le temps d’une garde de 24 heures, les autrices plongent au coeur d’un service pédiatrique. Elles témoignent de la réalité du système de santé et du quotidien des soignants, solidaires malgré la pression constante. À travers leurs histoires, se dessine un portrait saisissant de l’hôpital public, entre le manque de moyens, la responsabilité de sauver des vies et un engagement sans faille.

Publié le Laisser un commentaire

José Parrondo / Caracoles / L’Apocalypse / Dédicace

Samedi 28 mars à 18 heures dédicace de José Parrondo !

112 dessins de José Parrondo. Préface de Vincent Sardon.

Depuis les années 1990, il y a au sein de la bande dessinée indépendante des voix aussi discrètes qu’essentielles car elles ne ressemblent à aucune autre. C’est le cas du liégeois José Parrondo, dont la production oscille depuis trente ans entre bande dessinée et « jeunesse » sans que l’on puisse vraiment distinguer quelle partie s’adresse à l’enfance ou à la gent adulte. C’est que José s’adresse à tou-te-s pour de vrai, avec son regard émerveillé et bienveillant. Son style minimaliste va de plus en plus vers l’épure, tant sur le fond que sur la forme. Ainsi de Caracoles (nom espagnol des Escargots), son ouvrage probablement le plus conceptuel, auquel L’Apocalypse a mitonné un écrin de choix. Dans la tradition des recueils de dessins thématiques des Searle ou autres Ungerer, chaque page de ce livre décline le thème graphique et métaphysique de l’Escargot, parfois en quelques images, la plupart du temps en une pleine page aux couleurs raffinées. L’escargot devient parabole de nombreux traits humains, l’occasion de fables philosophiques, parfois surréalistes, parfois morales. Un livre d’Art quasiment Zen.

Publié le Laisser un commentaire

Paul B. Preciado / Mon nom est Body / Seuil / Rencontre

Jeudi 26 mars à 19h30, rencontre avec Paul B. Preciado autour de Mémoires des années de jeune fille d’un homme, Mon nom est Body.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

« Ce livre est un livre de la vérité » : ainsi débute le puissant et bouleversant témoignage de N.O. Body, publié anonymement en 1907 en Allemagne, traduit pour la première fois en français. « Né garçon » mais « élevé en fille », un jeune homme raconte comment il a été enfermé dans une assignation sexuelle qui ne lui correspond pas. Il confie ses doutes, sa solitude, le rejet comme la fascination qu’il provoque, sa découverte de la sexualité, sa crise existentielle profonde et la tentation du suicide lorsqu’il tombe amoureux d’une femme. En décembre 1905, N.O. Body rencontre Magnus Hirschfeld, futur fondateur de l’institut de sexologie de Berlin, qui l’épaule dans sa démarche de changement de « sexe » officiel, obtenu en 1906, et l’encourage à écrire ses Mémoires.

Plus d’un siècle après, Paul B. Preciado reçoit ces Mémoires comme une bouteille à la mer, et écrit un hommage à Karl M. Baer et aux survivant.e.s dissident.e.s de l’assignation binaire normative. Mon nom est Body, inédit publié en diptyque avec les Mémoires, est une nouvelle histoire de la sexualité avec et contre Foucault, une généalogie politique du nom propre et un cri pour une abolition des systèmes binaires d’assignation sexuelle et du genre à la naissance.

Karl M. Baer, né en 1885 dans une famille juive berlinoise, a été déclaré femme à sa naissance. Il mettra des années à obtenir une réassignation sexuelle. Il publie Aus eines Mannes Mädchenjahren en 1907, sous le pseudonyme de N.O. Body. Menacé par les nazis, il émigre en Palestine en 1938. Il meurt en 1956.

Paul B. Preciado est philosophe, écrivain et réalisateur. Ses œuvres, dont Un appartement sur Uranus (2019) ou Dysphoria Mundi (2022), traduites dans une dizaine de langues, sont une contribution majeure à la philosophie du corps et aux théories queer et trans.

Publié le Laisser un commentaire

Mickaël Correia, Sébastien Thibault / Foot Manifesto / éditions Divergences / Rencontre

Mercredi 25 mars à 19h30

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

Les ravages du libéralisme ont transformé le sport le plus populaire du monde en vulgaire marchandise. Afin de redonner au peuple des tribunes le droit de ne plus désespérer, journalistes, universitaires, éducateurs et écrivains se sont attelé·es à quinze propositions concrètes pour démanteler l’industrie du ballon rond. Il est temps que le foot se détache de son idéologie productiviste, fondée sur des logiques sécessionnistes de profitabilité financière. Mais aussi qu’il abandonne la multipropriété, le ré-arbitrage technologique ou un calendrier effréné qui ont mené le ballon rond vers l’overdose et l’exploitation de ses travailleur·euses. La fin de partie doit être sifflée pour la répression policière des supporters et la disneylandisation des stades afin de, définitivement, renouer avec un football vecteur d’émotions et d’émancipation.

Publié le Laisser un commentaire

Chloé Delaume et Joanna Dunis/ « Sans oublier qu’en plus c’est bien la fin du monde » et « Les Grottes »/Éditions du Castor astral/Rencontre

Jeudi 19 mars à 19h30

Sans oublier qu’en plus c’est bien la fin du monde, Chloé Delaume : Contre le patriarcatChloé Delaume fait acte de résistance. Nourris de ses propres expériences, ses textes poétiques dissèquent le vieux monde misogyne pour mieux en révéler les violences. De sa langue ciselée et mordante, elle traque les différentes incarnations du mal dans les discours ambiants, les attitudes et les fantasmes contemporains. Loin de succomber à la passivité, son projet de déconstruction massive prend progressivement la forme d’un chant de révolte universel, lucide et décapant. Ses poèmes sonnent alors comme une véritable ode à la rébellion contre une époque crépusculaire et à la sororité.

Les grottes, Joanna Dunis: Loin de succomber à la passivité, son projet de déconstruction massive prend progressivement la forme d’un chant de révolte universel, lucide et décapant. Ses poèmes sonnent alors comme une véritable ode à la rébellion contre une époque crépusculaire et à la sororité. Sous le hasard d’un délire schizophrène apparu un jour sur son chemin, l’autrice se fait violemment attaquer. Cet événement inaugure sa rencontre avec la folie. De ce fait traumatique naît une profonde réflexion qui vise à conjurer les terreurs de la violence vécue. Au fil des cinq livres qui le composent, le recueil interroge les frontières entre réalités, et nos capacités à nous élever pour faire face et tenir. D’une transgression intime – celle de n’être pas morte sous le coup d’un fou –, cette écriture qui mêle prose et poèmes explore les résistances à la folie du monde et de ses tempêtes.

Publié le Laisser un commentaire

Charles Berberian, Mathieu Diez et Jibé / Rencontre autour du Liban

Mercredi 18 mars à 19h30 rencontre suivie de dédicaces.

Nous avons le plaisir de recevoir Charles Berberian pour sa bande dessinée et toi, comment ça va ? écrite également par Michèle Standjofski et publiée aux éditions Casterman, ainsi que Mathieu Diez et Jibé qui publient Tout mais pas Beyrouth aux éditions Delcourt.

A propos de et toi, comment ça va : Amis de longue date, Michèle Standjofski et Charles Berberian confrontent leurs points de vue sur une actualité littéralement bouleversante. La première maintient son activité artistique malgré les secousses et la poussière des bombardements, le second tente de débrouiller par le dessin tout ce qui semble obscurci par le feu continu des passions tristes entretenues par les chaînes d’info et les réseaux sociaux, entre clash, fake news et choc face à la violence de la guerre…

A propos de Tout mais pas Beyrouth : Quand Mathieu Diez part vivre à Beyrouth avec sa famille pour travailler au sein de l’ambassade de France, il découvre une ville dévastée par la crise économique et l’explosion du port, mais pleine d’intensité et passionnante. Entre chronique du quotidien, du travail en ambassade, et de la guerre d’octobre 2024, il brosse un portrait sensible et sincère de Beyrouth et du Liban.

Publié le Laisser un commentaire

Nicole Caligaris / Le gogol / Verticales / Rencontre

Mardi 17 mars à 19h30, rencontre animée par Florian Caschera

« J’étais le dernier homme debout, au comptoir du Mar Cantabrico, le dernier gogol à tenir encore sur ses jambes quand tout avait chaviré. Le patron avait baissé le rideau, j’étais encore en train de gueuler, de m’engueuler moi-même, peut-être, c’est possible, mais enfin, le noir était tombé, et j’étais dedans. Le patron avait débloqué un battant, au bout du comptoir, il m’avait poussé dans l’escalier, j’avais attrapé ce manteau au passage. Le temps que je cherche à enfiler mes manches, que je me prenne les pieds dedans, que je réalise qu’il n’était pas à mes mesures, le panneau s’était refermé, je ne pouvais plus remonter. »

Publié le Laisser un commentaire

Christophe Granger / Ceci est un canular / éditions La Découverte / Rencontre

Le mercredi 11 mars à 19h30

Christophe Granger sera l’invité de la librairie le mercredi 11 mars à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Ceci est un canular – Les Poldèves, l’extrême droite et la politique du faux » aux éditions La Découverte.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

Ce livre part d’un canular et choisit de le prendre au sérieux.
En mars 1929, une lettre parvient à la Chambre des députés. Elle décrit le sort d’un peuple lointain, les Poldèves, victimes d’esclavage, de supplices et de famine, et appelle les élus français à intervenir.
Plusieurs députés de gauche, au nom de la justice et de l’humanité, relayent l’alerte.
Un mois plus tard, la supercherie est révélée : les Poldèves n’existent pas. Ils ont été inventés par l’Action française pour tourner en dérision les engagements humanitaires de leurs adversaires politiques. En revenant sur cet épisode oublié, le livre interroge moins la naïveté de ceux qui se sont laissé prendre que les ressorts politiques d’un scandale fabriqué par l’extrême droite – et ce qu’il dit, hier comme aujourd’hui, du faux et de ses usages en politique.