Samedi 1er octobre à partir de 17h

Vendredi 30 septembre à 18h30

Lancement avec Simon Arbez pour la sortie de son livre « Vomir » aux éditions du Sabot.
VOMIR est une overdose.
VOMIR se cogne à la drogue.
VOMIR est allongé dans un lit d’hôpital.
On y rencontre des soignants
qui réaniment, des organes qui
dysfonctionnent et un sexe mutilé.
On y trouve une vie branchée
à des machines, des réflexions
sur la dépendance et des
considérations sur le genre.
On y croise un chat ambigu,
de l’amour, des vikings, de l’électro
minimaliste transhumanisée
et un vampire en forme de juke-box.
VOMIR est une tentative pour survivre.
Ce récit est le témoignage d’un jeune homme ayant survécu à une prise mortelle de drogues. Sous forme de journal intime, il nous plonge dans les semaines qui suivent cet évènement. La rencontre entre l’autodestruction et les espaces du soin devient le cadre propice à des réflexions poétiques et politiques.
~ l’auteur ~
Simon Arbez est né en 1995 et il est musicien. Il participe à de nombreux projets musicaux : films, studios, concerts. Vomir est son premier texte.
Mercredi 28 septembre à 19h30
Voilà une des soirées à venir qui nous tient le plus à cœur, parce qu’en ces temps de tourments, il est terriblement réconfortant de savoir que dans l’édition, alors que la monstrueuse machine des groupes et des rachats opère et broie, des éditeurs historiques font le choix de la transmission, et aujourd’hui, transmettre relève d’un geste politique fort, qu’il nous semble important de souligner et de fêter.

En 1925, José Corti ouvre une librairie avec sa femme, Nicole, au 6 rue de Clichy à Paris. À la même époque, il édite ou diffuse la plupart des auteurs surréalistes. En 1938, c’est au 11 rue Médicis que se fixe la librairie, dont Julien Gracq pousse la porte. Il restera fidèle à Corti puis à ses successeurs. Pendant la Seconde Guerre mondiale, José Corti diffuse des textes clandestins et marque son opposition au nazisme en publiant notamment des auteurs juifs et anglais. Après la guerre, il édite des textes poétiques, des textes critiques d’universitaires novateurs dans la collection « Les essais » (Georges Blin, Jean Rousset, Georges Poulet, Charles Mauron, Gilbert Durand) et publie aussi des classiques méconnus du romantisme européen (Beckford, Blake, Maturin, de Maistre, Walpole) comme des précurseurs du surréalisme (Lautréamont).
Bertrand Fillaudeau travaille avec les Corti de 1980 à 1984. Ils le choisissent pour prendre la suite. En même temps qu’il conserve l’esprit de Corti, il développe largement les collections « Domaine romantique » et « Les Essais », il crée les collections « Ibériques » et « En lisant en écrivant », et accueille de nouveaux auteurs français (dont Ghérasim Luca, Christian Hubin, Éric Faye, Georges Picard, Claude Louis-Combet, Pierre Chappuis…) et étrangers (dont Léonid Andreïev, Hermann Hesse, Emily Dickinson, Miklos Szentkuthy, Robert Burton…).
Fabienne Raphoz, écrivain et poète, le rejoint en 1996 et crée les collections « Merveilleux » et « Biophilia » ainsi que la « Série américaine ». Elle accueille également de nouveaux auteurs de langue française (dont Denis Grozdanovitch, Caroline Sagot Duvauroux, Julie Mazzieri, Tatiana Arfel, Marc Graciano, Aurélie Foglia, Jean-Christophe Cavallin, Bruno Remaury…).
Reprenant à leur tour le geste de José et Nicole Corti 39 ans auparavant, Fabienne Raphoz et Bertrand Fillaudeau ont choisi de passer, en 2023, le flambeau des éditions à Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon. Ce geste est celui, particulièrement précieux aujourd’hui, du choix de l’indépendance, dans un contexte où la diversité (celle du monde de l’édition comme du vivant) est plus que jamais mise en danger. C’est ce choix, constamment reconduit depuis 85 ans, que cette soirée fêtera, en proposant, autour de quelques lectures d’amis, auteurs, artistes et traducteurs, un cheminement dans le catalogue hors normes des éditions Corti.
Mardi 27 septembre à 19h30

Entre fables, interpellations et récits spéculatifs, Conteur nous entraîne, nuit après nuit dans sa fuite de la plantation. Africain par détour, le personnage d’Olivier Marboeuf a l’œil grand ouvert et la langue bien pendue. Il a les Antilles banlieusardes et déparlantes. Il tisse, de la cale à la cave, des histoires de bouleversement et perce avec malice les écrans de fumée de la fiction coloniale. Son chant dessine des chemins fragiles vers des parcelles habitables.
Au travers de ce travail, l’auteur nous plonge dans les ressorts d’une décolonisation de façade qui trouvent une prise particulière dans les institutions culturelles françaises. Pratiques de contrebande et d’errance, collections de gestes de refus et de ruse, grève d’une peau qui ne veut pas être le nouvel habit de l’économie néolibérale, « Suites décoloniales » est un manifeste pour des nouvelles scènes politiques de l’art.
Olivier Marboeuf est auteur, poète, performeur, commissaire d’exposition indépendant et producteur de films. Fondateur avec Yvan Alagbé des éditions Amok (aujourd’hui Frémok), il a été de 2004 à 2018, directeur artistique de l’Espace Khiasma, centre d’art visuel et de littérature vivante aux Lilas (93).
A l’occasion de cette rencontre au Monte-en-l’air, il partagera cet essai spéculatif sous la forme d’une conversation avec Seumboy Vrainom :€, apprenti chamane numérique, fondateur de la chaîne Histoires Crépues et Mawena Yehouessi, artiste et curatrice. On parlera de transmission intergénérationnelle, de défaire et refaire l’histoire et des figures fugitives d’un imaginaire afro-descendant décolonial.
Vendredi 23 septembre à 19h30

Au cours d’une conversation très libre, Alessandro Pignocchi, auteur de BD écologiste, invite Philippe Descola, professeur au Collège de France, à refaire le monde.
Si l’on veut enrayer la catastrophe écologique en cours, il va falloir, nous dit-on, changer de fond en comble nos relations à la nature, aux milieux de vie ou encore aux vivants non-humains. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Dans quels projets de société cette nécessaire transformation peut-elle s’inscrire ? Et quels sont les leviers d’action pour la faire advenir ?
En puisant son inspiration dans les données anthropologiques, les luttes territoriales et les combats autochtones, ce livre esquisse la perspective d’une société hybride qui verrait s’articuler des structures étatiques et des territoires autonomes dans un foisonnement hétérogène de modes d’organisation sociale, de manières d’habiter et de cohabiter.
Des planches de BD, en contrepoint de ce dialogue vif, nous tendent un miroir drôlissime de notre société malade en convoquant un anthropologue jivaro, des mésanges punks ou des hommes politiques nomades et anthropophages en quête de métamorphoses.
Alessandro Pignocchi, ancien chercheur en sciences cognitives et philosophie, s’est lancé dans la bande dessinée avec son blog Puntish. Ses romans graphiques sont inspirés des travaux de Philippe Descola : Anent. Nouvelles des Indiens Jivaros et les trois tomes du Petit traité d’écologie sauvage (Steinkis, 2016 et 2020).
Jeudi 22 septembre à 19h30

« Cher connard,
J’ai lu ce que tu as publie sur ton compte Insta. Tu es comme un pigeon qui m’aurait chie sur l’épaule en passant. C’est salissant, et très désagréable. Ouin ouin ouin je suis une petite baltringue qui n’intéresse personne et je couine comme un chihuahua parce que je rêve qu’on me remarque. Gloire aux réseaux sociaux : tu l’as eu, ton quart d’heure de gloire. La preuve : je t’écris. »
Après le triomphe de sa trilogie Vernon Subutex, le grand retour de Virginie Despentes avec ces Liaisons dangereuses ultra-contemporaines.
Roman de rage et de consolation, de colère et d’acceptation, où l’amitié se révèle plus forte que les faiblesses humaines…
Mercredi 21 septembre à 19h30

A l’occasion de la parution de son dernier ouvrage Raphaël Kempf, avocat, dialoguera avec le sociologue Laurent Bonelli.
Des quartiers populaires à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en passant par les Gilets jaunes, la question des violences policières est désormais centrale dans la société française.
Or, si les violences policières peuvent se systématiser, c’est qu’elles sont sous-tendues par d’autres abus, moins spectaculaires et plus raffinés, qu’il faut bien nommer pour ce qu’ils sont : des « violences judiciaires ». L’interpellation, la garde à vue, le jugement, l’emprisonnement et ses mesures alternatives : c’est à chaque fois le pouvoir judiciaire qui valide ou actionne les agissements de la police.
Dans un état d’urgence permanent, on assiste à une surenchère des arrestations, verbalisations et condamnations, qui brisent les trajectoires de vie de plus en plus nombreuses.
L’irresponsabilité croissante du parquet et des magistrats, qui ne rendent de comptes à rien ni personne, accélère une logique de classe inhérente aux tribunaux. L’industrialisation des procédures, notamment via le « Traitement en temps réel » et l’inflation des comparutions immédiates, aboutit à une banalisation de l’arbitraire.
Mardi 20 septembre à 19h30

En ce début de xve siècle, tout est chaos au Royaume de France : les Englishes imposent leur présence depuis près de cent ans, Armagnacs et Bourguignons n’en finissent pas de s’écharper. La guerre civile menace de ravager le pays. C’en est trop pour Yolande d’Aragon. Puisqu’une prophétesse est attendue pour couronner le dernier Dauphin vivant, il n’est plus temps de rester avachi dans les palais. La fulminante duchesse prend donc la décision de hâter le destin. Et la voilà reconvertie dans l’élevage de quinze petites Jehanne. En secret, elle crée une école dans le but de les former aux exigences militaires et intellectuelles de Guérillères accomplies. Mais la Douzième, de loin la plus forte et la plus féroce, n’a rien à voir avec celle que Yolande aurait voulu initier à la vraie nature de sa mission.
Porté par une langue inouïe d’inventivité, d’insolence et de drôlerie, ce roman iconoclaste en diable réinvente l’un des plus illustres épisodes de l’histoire de France avec panache.
Dimanche 18 septembre à 17h

« Nous sommes les héritières d’une détermination farouche, nous les descendantes des avortements ratés, des grossesses imposées. Celle-ci est indémêlable de nos douleurs et de nos rages, transmises d’une génération à l’autre comme on essore un torchon plein de sang, dans l’anonymat d’une cuisine plongée dans la nuit. »
Depuis la maison familiale où elle est revenue habiter, une femme, s’adressant à sa soeur disparue, convoque les souvenirs de leur enfance. Porteuse d’un lourd passé de violences patriarcales, elle explore les possibilités de survivre à cet héritage, dans un paysage rural dévasté, où les haies ont disparu et où la forêt se fait moins dense, cernée par les champs de maïs industriels.
Avec ce récit composé de courts chapitres, Juliette Rousseau nous offre un premier texte littéraire poignant, sensible et lumineux qui rend hommage aux femmes de sa famille.